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đ§ Hugo ClĂ©ment part dâune idĂ©e simple : si lâĂȘtre humain doit bouger, câest parce quâil a Ă©tĂ© pendant lâessentiel de son histoire un chasseur-cueilleur.
Si jâai bien compris son raisonnement, nous serions donc faits pour courir, ou au moins pour fournir rĂ©guliĂšrement de longs efforts, parce que nos ancĂȘtres auraient passĂ© leur vie Ă se dĂ©placer, Ă chasser, Ă cueillir et Ă survivre dans un environnement beaucoup plus physique que le nĂŽtre.
Sur le fond, personne ne contestera sĂ©rieusement que la sĂ©dentaritĂ© moderne pose un vrai problĂšme. Passer huit heures par jour assis devant un Ă©cran, rĂ©duire ses dĂ©placements au strict minimum et considĂ©rer le mouvement comme une option du week-end nâa rien dâidĂ©al pour le corps humain. LĂ -dessus, Hugo ClĂ©ment touche un point juste.
On n’en peut plus de l’argument di chasseur-cueilleur
Mais il y a un problĂšme avec lâargument du chasseur-cueilleur : on nâen peut plus de le voir remis Ă toutes les sauces. DĂšs quâil faut justifier le jeĂ»ne, la viande, le vĂ©gĂ©tal, le minimalisme, le froid, le barefoot, le sport quotidien ou la course longue, quelquâun ressort lâimage de lâhumain ancestral qui vivait dehors et bougeait tout le temps. Sauf que cette image est souvent beaucoup plus fantasmĂ©e que dĂ©montrĂ©e.
Les chasseurs-cueilleurs se dĂ©plaçaient, oui. Ils marchaient probablement beaucoup. Ils pouvaient courir dans certaines situations. Ils devaient porter, grimper, chercher, observer, suivre des traces, Ă©viter des dangers, transporter de la nourriture ou changer de campement. Mais ils ne couraient sans doute pas 42 km sans sâarrĂȘter pour faire un marathon, ni 170 km autour du Mont-Blanc avec un dossard, une montre GPS et des ravitaillements.
Câest prĂ©cisĂ©ment lĂ que le raisonnement devient fragile. Dire que lâĂȘtre humain est fait pour bouger est une chose. Dire quâil est fait pour courir longtemps, souvent, et que le sport quotidien serait simplement un retour Ă notre nature profonde en est une autre. Entre le mouvement nĂ©cessaire Ă la survie et lâendurance sportive moderne, il y a une diffĂ©rence majeure.
Il faut donc reprendre point par point ce que dit Hugo ClĂ©ment. Non pas pour nier les bienfaits de lâactivitĂ© physique, mais pour montrer oĂč son raisonnement glisse, oĂč il mĂ©lange mouvement et sport, oĂč il confond chasse-cueillette et entraĂźnement moderne, et pourquoi lâargument du chasseur-cueilleur ne suffit pas Ă prouver que nous serions faits pour courir tous les jours.
à 0 min 12, Hugo Clément dit que nous sommes « déconnectés de la machine biologique qui est notre corps »
Dans sa vidéo, Hugo Clément affirme : « ça montre à quel point on est complÚtement déconnecté de la machine biologique qui est notre corps et des animaux que nous sommes ».
Son idĂ©e est simple : ceux qui mettent en garde contre lâexcĂšs de sport auraient oubliĂ© que lâĂȘtre humain est dâabord un corps vivant, un animal, un organisme fait pour se mouvoir. Il oppose donc la prudence autour du sport Ă une forme de dĂ©connexion moderne.
Il y a une part de vĂ©ritĂ© dans cette phrase. Nos modes de vie ont changĂ© trĂšs vite. Beaucoup de personnes bougent trop peu. Le corps humain ne fonctionne pas idĂ©alement lorsquâil reste assis toute la journĂ©e.
Pourquoi Hugo Clément se trompe sur notre machine biologique
Le problĂšme, câest quâil transforme une remarque juste sur la sĂ©dentaritĂ© en argument contre les alertes sur lâexcĂšs de sport.
Dire que le corps humain est fait pour bouger ne veut pas dire que toutes les pratiques sportives sont bonnes, ni que toutes les mises en garde sont absurdes. Un corps peut ĂȘtre conçu pour le mouvement et quand mĂȘme souffrir dâun excĂšs de charge, dâun manque de rĂ©cupĂ©ration, dâune blessure mal gĂ©rĂ©e ou dâune pratique compulsive.
Le vrai dĂ©bat nâest donc pas : « faut-il bouger ou rester assis ? » Tout le monde sait quâil vaut mieux bouger. Le vrai dĂ©bat est : Ă partir de quel moment le sport devient-il excessif, mal dosĂ© ou risquĂ© ? En ramenant tout Ă une opposition entre nature et dĂ©connexion moderne, Hugo ClĂ©ment simplifie trop.
à 0 min 26, Hugo Clément dit que pendant « 290 000 ans », nous avons été des chasseurs-cueilleurs
Il affirme : « Nous, les Homo sapiens, on a Ă peu prĂšs trois cent mille ans, et sur ces trois cent mille ans dâexistence, pendant deux cent quatre-vingt-dix mille ans, donc pendant la grande majoritĂ© de notre existence, on a Ă©tĂ© des chasseurs-cueilleurs, nomades ».
Son argument repose sur lâĂ©volution. LâĂȘtre humain aurait passĂ© lâimmense majoritĂ© de son histoire dans des sociĂ©tĂ©s de chasseurs-cueilleurs. La sĂ©dentarisation, lâagriculture et la ville seraient trĂšs rĂ©centes. Donc notre corps serait encore adaptĂ© Ă ce mode de vie ancien.
LĂ encore, le raisonnement semble logique. Il est vrai que la sĂ©dentaritĂ© agricole et industrielle est rĂ©cente Ă lâĂ©chelle de lâhistoire humaine. Il est aussi vrai que les modes de vie anciens impliquaient davantage de mouvement que nos journĂ©es modernes passĂ©es assis.
Pourquoi Hugo Clément se trompe en reprenant le sempiternel exemple des chasseurs-ceuilleurs
Il se trompe quand il fait de cette histoire Ă©volutive une preuve directe que nous serions faits pour le sport quotidien, ou pour lâeffort long moderne.
Les chasseurs-cueilleurs ne vivaient pas comme des marathoniens. Ils ne suivaient pas un plan dâentraĂźnement. Ils ne faisaient pas une sortie longue le dimanche, du fractionnĂ© le mardi, du renforcement le jeudi et une course de cent kilomĂštres le week-end. Ils marchaient, portaient, grimpaient, cueillaient, observaient, attendaient, chassaient parfois, se reposaient aussi.
Leur activitĂ© Ă©tait intĂ©grĂ©e Ă la survie. Elle nâĂ©tait pas une pratique sportive autonome. Le mouvement servait Ă se nourrir, se dĂ©placer, se protĂ©ger, rejoindre un groupe ou exploiter un territoire. Ce nâest pas la mĂȘme chose quâun entraĂźnement de course Ă pied ou de trail.
Utiliser les chasseurs-cueilleurs pour dire que lâĂȘtre humain doit bouger est raisonnable. Les utiliser pour justifier le sport quotidien ou lâendurance rĂ©pĂ©tĂ©e est beaucoup plus fragile.
à 0 min 32, Hugo Clément dit que les chasseurs-cueilleurs « passaient leur temps à se déplacer »
Il dit prĂ©cisĂ©ment que nos ancĂȘtres Ă©taient des chasseurs-cueilleurs « nomades, qui passaient leur temps Ă se dĂ©placer ».
Cette phrase est centrale. Elle donne lâimage dâhumains en mouvement permanent, toujours en marche, toujours actifs, toujours en train de parcourir de longues distances.
Mais cette image est incomplĂšte.
Pourquoi Hugo Clément se trompe car les chasseurs-cueilleurs ne couraient pas des 42 km non stop, ils faisaient des pauses
Les chasseurs-cueilleurs se dĂ©plaçaient, oui. Mais ils ne passaient pas littĂ©ralement tout leur temps Ă marcher ou Ă courir. Leur quotidien comportait aussi des temps longs dâarrĂȘt, de prĂ©paration, de repos, de transformation des aliments, de fabrication dâoutils, de soins aux enfants, de vie sociale, de transmission et dâobservation.
Surtout, le dĂ©placement nâĂ©tait pas forcĂ©ment intense. Une grande partie de lâactivitĂ© physique humaine ancestrale relevait probablement de la marche, de la marche lente, du portage, des gestes rĂ©pĂ©tĂ©s et de lâalternance dâefforts. Rien Ă voir avec lâimaginaire moderne du coureur qui accumule des kilomĂštres pour performer.
Câest lĂ que la phrase pose problĂšme pour le trail. Un ultra-traileur qui court cent kilomĂštres avec du dĂ©nivelĂ© ne reproduit pas simplement la vie dâun chasseur-cueilleur. Il impose Ă son corps une contrainte sportive spĂ©cifique, avec des impacts, une fatigue musculaire, une dette de sommeil, un stress digestif et une recherche de performance.
Dire que nos ancĂȘtres se dĂ©plaçaient beaucoup ne prouve donc pas que nous sommes faits pour courir longtemps, souvent, et sans risque.
à 0 min 48, Hugo Clément dit que notre corps « a évolué pour le mouvement »
Il affirme : « notre corps, il a Ă©voluĂ© pendant des dizaines de milliers dâannĂ©es pour le mouvement, et il est adaptĂ© au mouvement, pas Ă la sĂ©dentaritĂ© ».
Cette phrase est probablement la plus juste de sa vidĂ©o. Le corps humain nâest pas fait pour rester immobile toute la journĂ©e. La marche, lâactivitĂ© physique rĂ©guliĂšre, le renforcement musculaire et lâendurance raisonnable sont bĂ©nĂ©fiques pour la santĂ©.
Mais le mot important ici, câest « mouvement ». Pas « sport intensif ». Pas « marathon ». Pas « ultra-trail ». Pas « entraĂźnement quotidien soutenu ».
Pourquoi Hugo ClĂ©ment se trompe en mettant mouvement et sport intensif au mĂȘme niveau
Il se trompe parce quâil glisse du mouvement vers le sport sans vraiment distinguer les deux.
Le mouvement, câest marcher, monter des escaliers, jardiner, porter des charges, se lever souvent, se dĂ©placer Ă pied, jouer, travailler physiquement, faire du vĂ©lo tranquille ou courir doucement.
Le sport, lui, implique souvent une intensitĂ©, un objectif, une rĂ©pĂ©tition, une progression, une charge dâentraĂźnement et parfois une logique de performance. Ce nâest pas la mĂȘme chose.
Un corps adaptĂ© au mouvement peut trĂšs bien ĂȘtre fragilisĂ© par un sport mal dosĂ©. En course Ă pied, les blessures de surcharge existent. En trail, les descentes sollicitent fortement les quadriceps, les tendons, les articulations et le systĂšme nerveux. Sur ultra, la fatigue, le manque de sommeil, la dĂ©shydratation, les troubles digestifs et les microtraumatismes sont rĂ©els.
Donc oui, notre corps est fait pour bouger. Non, cela ne signifie pas quâil est fait pour encaisser nâimporte quelle dose de sport.
à 0 min 51, Hugo Clément dit que nous sommes faits pour « nous déplacer sur de longues distances »
Il dit : « On a un corps qui est fait pour bouger tous les jours, pour se déplacer sur de longues distances, pour fournir des efforts pendant de longues périodes, parfois de maniÚre soutenue ».
Cette phrase parle directement aux coureurs. Elle ressemble presque Ă une justification biologique du marathon, du trail long ou de lâultra-endurance. Elle suggĂšre que les longues distances feraient partie de notre programme naturel.
Il est vrai que lâĂȘtre humain possĂšde des capacitĂ©s dâendurance remarquables. Nous ne sommes pas les animaux les plus rapides, mais nous sommes capables de marcher longtemps, de courir longtemps Ă intensitĂ© modĂ©rĂ©e, de rĂ©guler notre tempĂ©rature et dâenchaĂźner des efforts prolongĂ©s.
Pourquoi Hugo ClĂ©ment se trompe en mettant sur le mĂȘme plan capacitĂ© et norme
Il se trompe parce quâune capacitĂ© ne devient pas automatiquement une norme.
LâĂȘtre humain peut courir longtemps. Cela ne veut pas dire quâil doit courir longtemps tout le temps. Il peut jeĂ»ner, mais cela ne veut pas dire quâil doit jeĂ»ner en permanence. Il peut porter lourd, mais cela ne veut pas dire quâil doit porter lourd tous les jours. Il peut survivre dans le froid, mais cela ne veut pas dire que le froid est toujours bon pour lui.
La capacitĂ© dâendurance humaine prouve une chose : notre espĂšce peut produire des efforts longs. Elle ne prouve pas que le marathon moderne, les ultras ou les entraĂźnements quotidiens sont naturellement sans danger.
Dans le trail, cette nuance est fondamentale. Un corps peut ĂȘtre capable de finir une course de cent kilomĂštres et avoir besoin de plusieurs semaines pour rĂ©cupĂ©rer. Un coureur peut terminer un ultra et ressortir avec des douleurs, une fatigue profonde, des troubles digestifs ou des signaux de surcharge. Le fait dâĂȘtre capable ne signifie pas que lâeffort est neutre.
Ă 1 min 33, Hugo ClĂ©ment dit que faire de lâactivitĂ© physique « tous les jours ou presque » devrait ĂȘtre normal
Il affirme : « faire de lâactivitĂ© physique tous les jours, ou presque tous les jours, quelle que soit cette activitĂ© physique, ça devrait ĂȘtre la normalitĂ© ».
Cette phrase est plus prudente que dâautres, parce quâil parle ici dâactivitĂ© physique et pas seulement de sport. Si lâon comprend « activitĂ© physique » comme marcher, bouger, sâactiver, jardiner, faire du vĂ©lo doux ou courir tranquillement, lâidĂ©e tient.
Bouger tous les jours devrait effectivement ĂȘtre plus normal que rester immobile.
Pourquoi Hugo Clément se trompe en confondant activité physique et sport
Il se trompe lorsquâil enchaĂźne immĂ©diatement avec lâidĂ©e que « faire du sport tous les jours » ne serait « pas un truc de fou ».
LâactivitĂ© physique quotidienne, oui. Le sport quotidien, cela dĂ©pend. Le sport intense quotidien, encore plus.
Une personne peut marcher tous les jours sans problĂšme. Elle peut aussi faire du renforcement doux, de la mobilitĂ©, du vĂ©lo tranquille ou des activitĂ©s variĂ©es. Mais courir tous les jours, faire de la musculation lourde tous les jours, sâentraĂźner sans rĂ©cupĂ©ration ou enchaĂźner des sĂ©ances dures nâa rien dâautomatiquement sain.
Le corps progresse pendant la rĂ©cupĂ©ration autant que pendant lâeffort. Les tendons, les muscles, les os, le systĂšme nerveux et le systĂšme hormonal ont besoin dâalternance. En trail, lâerreur classique consiste justement Ă croire que plus on en fait, mieux câest. Or la progression vient souvent du bon dosage, pas de lâaccumulation aveugle.
Ă 1 min 39, Hugo ClĂ©ment dit que « ce nâest pas un truc de fou de faire du sport tous les jours »
Il dit : « Câest pas un truc de fou, en fait, de faire du sport tous les jours. Câest juste ce pourquoi on est fait ».
Cette phrase est la plus contestable, parce quâelle transforme une recommandation gĂ©nĂ©rale de mouvement en affirmation trĂšs large sur le sport quotidien.
Elle peut ĂȘtre entendue comme une banalisation : si vous faites du sport tous les jours, vous ne faites que respecter votre nature. Ceux qui sâinquiĂštent exagĂšrent.
Pourquoi Hugo Clément se trompe en étant trop généraliste
Il se trompe parce que le sport quotidien nâa pas la mĂȘme signification selon les personnes, les intensitĂ©s et les contextes.
Faire 30 minutes de marche rapide chaque jour nâa rien Ă voir avec courir 15 kilomĂštres par jour. Faire un footing lĂ©ger nâa rien Ă voir avec une sĂ©ance de cĂŽtes, une sortie longue ou un bloc trail en montagne. Faire du yoga doux nâa rien Ă voir avec du fractionnĂ©, du crossfit ou une prĂ©paration marathon.
La phrase devient donc trop gĂ©nĂ©rale pour ĂȘtre juste. Elle peut mĂȘme devenir problĂ©matique pour des personnes dĂ©jĂ fragiles, blessĂ©es, fatiguĂ©es, ou enfermĂ©es dans une relation compulsive au sport.
Dire que lâactivitĂ© physique quotidienne est souhaitable est une chose. Dire que le sport quotidien est « ce pourquoi on est fait » en est une autre. Le corps humain est fait pour bouger, mais il est aussi fait pour rĂ©cupĂ©rer, dormir, manger suffisamment, alterner les efforts et Ă©conomiser son Ă©nergie.
Ă 1 min 44, Hugo ClĂ©ment reconnaĂźt quâil faut respecter « la progressivitĂ©, la rĂ©cupĂ©ration, lâalimentation »
Il ajoute : « Alors Ă©videmment, il y a des rĂšgles Ă respecter, la progressivitĂ©, la rĂ©cupĂ©ration, lâalimentation. Bien sĂ»r, on peut se faire mal ou sâabĂźmer la santĂ© si on fait trop de sport, dâun coup, nâimporte comment ».
Cette prĂ©cision est importante. Hugo ClĂ©ment reconnaĂźt lui-mĂȘme que lâexcĂšs, la brutalitĂ© et le manque de mĂ©thode peuvent poser problĂšme.
Sur ce passage, il nuance son propos. Il admet quâil existe une maniĂšre dangereuse de pratiquer.
Pourquoi Hugo ClĂ©ment se trompe quand mĂȘme
Le problĂšme, câest que cette nuance arrive aprĂšs un discours trĂšs affirmatif sur le fait que le corps serait fait pour le sport quotidien.
Or ce sont prĂ©cisĂ©ment ces rĂšgles qui changent tout. La progressivitĂ©, la rĂ©cupĂ©ration et lâalimentation ne sont pas des dĂ©tails. Ce sont les conditions mĂȘmes dâune pratique durable.
En course Ă pied, beaucoup de blessures viennent dâune augmentation trop rapide du volume, dâune intensitĂ© mal placĂ©e, dâun dĂ©ficit de rĂ©cupĂ©ration ou dâun manque dâĂ©nergie disponible. En trail, cela se voit encore davantage parce que le dĂ©nivelĂ© et les descentes ajoutent une contrainte mĂ©canique.
Donc oui, Hugo ClĂ©ment a raison de rappeler ces rĂšgles. Mais sâil faut les rappeler, câest bien que le corps nâest pas simplement « fait pour ça » sans condition. Il est capable de sâadapter, mais seulement si on lui laisse le temps de sâadapter.
Ă 1 min 54, Hugo ClĂ©ment dit que « le risque, ce nâest pas de faire trop dâactivitĂ©s physiques »
Il affirme : « Mais globalement, le risque, câest pas de faire trop dâactivitĂ©s physiques. Câest lâinverse ».
Ă lâĂ©chelle de la population gĂ©nĂ©rale, cette phrase est comprĂ©hensible. La plupart des gens ne souffrent pas dâun excĂšs de sport. Beaucoup souffrent plutĂŽt dâun manque dâactivitĂ© physique.
Mais le mot « globalement » ne doit pas effacer les situations individuelles.
Pourquoi Hugo Clément se trompe car les problÚmes de santé et de santé mentale liés à la bigorexie existent réellement
Il se trompe sâil laisse entendre que lâexcĂšs dâactivitĂ© physique serait un sujet secondaire ou presque imaginaire.
Pour une personne sĂ©dentaire, le risque principal est de ne pas assez bouger. Pour un sportif compulsif, un coureur blessĂ©, un traileur qui enchaĂźne les ultras, une personne qui restreint son alimentation ou un athlĂšte qui ne rĂ©cupĂšre jamais, le risque peut ĂȘtre exactement inverse.
Le mĂȘme message ne sâapplique pas de la mĂȘme maniĂšre Ă tout le monde. Un discours de santĂ© publique doit encourager les sĂ©dentaires Ă bouger, mais il ne doit pas invisibiliser les risques des pratiques excessives chez les sportifs.
Dans le trail, ce point est trĂšs concret. On connaĂźt tous des coureurs qui continuent malgrĂ© une douleur, qui reprennent trop tĂŽt, qui ajoutent du volume pour se rassurer, qui confondent fatigue et faiblesse, ou qui considĂšrent le repos comme un Ă©chec. Pour eux, dire que le vrai problĂšme nâest jamais le trop de sport peut devenir contre-productif.
Ă 2 min 02, Hugo ClĂ©ment se moque des alertes sur « lâaddiction au sport »
Il cite des intervenants qui diraient : « Attention, lâaddiction au sport, câest trĂšs dangereux pour le cĆur, câest dangereux pour les articulations, alerte, alerte ! »
Puis il ajoute : « Franchement, les gars, il y a vraiment dâautres prioritĂ©s en termes de santĂ© publique que de faire peur aux gens sur faites pas trop de sport ».
Il vise ici les discours alarmistes qui pourraient dĂ©courager les gens de bouger. Sur ce point, on peut comprendre son agacement. Faire peur Ă une population dĂ©jĂ trop sĂ©dentaire peut ĂȘtre maladroit.
Pourquoi Hugo Clément se trompe encore sur la bigorexie
Il se trompe parce quâil oppose deux problĂšmes qui peuvent coexister.
Oui, la sĂ©dentaritĂ© est un problĂšme massif. Oui, il faut encourager lâactivitĂ© physique. Mais non, cela ne rend pas inutile le discours sur lâaddiction au sport, le surentraĂźnement, les blessures ou les troubles alimentaires associĂ©s Ă certaines pratiques.
Lâaddiction au sport ne concerne pas tout le monde. Elle ne doit pas ĂȘtre utilisĂ©e pour culpabiliser les sportifs rĂ©guliers. Mais elle existe. Elle touche notamment des personnes qui ne parviennent plus Ă rĂ©duire leur pratique malgrĂ© la douleur, la fatigue, les consĂ©quences sociales ou les signaux mĂ©dicaux.
Dans lâendurance, ce sujet est particuliĂšrement sensible. La frontiĂšre entre passion, discipline et compulsion peut parfois devenir floue. Un coureur qui panique Ă lâidĂ©e de manquer une sĂ©ance, qui sâentraĂźne blessĂ©, qui compense chaque repas ou qui ne supporte plus le repos nâest pas simplement quelquâun dont « le corps est fait pour bouger ».
à 2 min 17, Hugo Clément dit que le terme « addiction au sport » est un « mot valise »
Il affirme : « mĂȘme sur le terme addiction au sport, on met tout et nâimporte quoi dans ce mot valise ».
Cette phrase contient une part de vĂ©ritĂ©. Le mot addiction est parfois utilisĂ© trop vite. Aimer courir, avoir besoin de sortir, se sentir mieux aprĂšs une sĂ©ance ou organiser sa vie autour du sport ne signifie pas automatiquement ĂȘtre malade.
Beaucoup de coureurs ont simplement trouvĂ© un Ă©quilibre. Pour certains, le sport aide Ă gĂ©rer le stress, Ă retrouver confiance, Ă mieux dormir, Ă sortir dâune pĂ©riode difficile ou Ă crĂ©er du lien social.
Pourquoi Hugo Clément se trompe
Il se trompe sâil utilise cette critique du « mot valise » pour minimiser le problĂšme.
Le mauvais usage dâun terme ne prouve pas que le phĂ©nomĂšne nâexiste pas. Oui, il faut Ă©viter de pathologiser tous les sportifs passionnĂ©s. Mais il faut aussi reconnaĂźtre que certains comportements sportifs deviennent problĂ©matiques.
La diffĂ©rence se joue souvent dans la libertĂ©. Si le sport enrichit la vie, structure la semaine, amĂ©liore la santĂ© et reste compatible avec le repos, il peut ĂȘtre trĂšs positif. Si le sport devient une obligation intĂ©rieure, une punition, une compensation, une fuite permanente ou une source dâangoisse dĂšs quâil manque, on change de registre.
Dans le trail, câest important de le dire. La culture du dĂ©passement est belle quand elle reste choisie. Elle devient dangereuse quand elle empĂȘche dâĂ©couter les signaux du corps.
Ă 2 min 37, Hugo ClĂ©ment dit que câest normal dâavoir envie de faire du sport car « notre corps est fait pour ça »
Il explique : « sur le sport en lui-mĂȘme, lâactivitĂ© physique en elle-mĂȘme, câest normal dâavoir envie dâen faire quand on commence Ă sây mettre, parce que, encore une fois, notre corps est fait pour ça ».
Il veut ici défendre le plaisir du mouvement. Et il a raison sur un point : quand on commence à bouger réguliÚrement, le corps peut réclamer cette activité. On dort mieux, on respire mieux, on se sent plus stable, plus énergique, plus présent.
Le plaisir de courir ou de marcher nâest pas suspect en soi.
Pourquoi Hugo ClĂ©ment se trompe parce que lâenvie ne suffit pas Ă prouver que la pratique est toujours bonne.
On peut avoir envie de courir alors quâon est fatiguĂ©. On peut avoir envie de sâentraĂźner alors quâon devrait rĂ©cupĂ©rer. On peut avoir envie de repartir trop tĂŽt aprĂšs une course. On peut mĂȘme ressentir un besoin trĂšs fort de sport prĂ©cisĂ©ment parce quâon ne sait plus gĂ©rer lâarrĂȘt.
Lâargument du « corps est fait pour ça » ne permet pas de distinguer une envie saine dâune compulsion. Or cette distinction est essentielle.
Un corps en bonne santĂ© peut aimer le mouvement. Un corps Ă©puisĂ© peut aussi rĂ©clamer une sĂ©ance pour retrouver une sensation de contrĂŽle ou calmer lâanxiĂ©tĂ©. Dans les deux cas, lâenvie existe. Mais elle ne signifie pas la mĂȘme chose.
à 2 min 43, Hugo Clément dit que « nous sommes des singes » et que nous ne sommes pas faits pour rester immobiles
Il conclut : « On est juste des singes, on est des primates de la famille des grands singes, comme les chimpanzĂ©s, comme les gorilles, et on nâest pas fait pour rester immobile toute la journĂ©e ».
La formule est forte. Elle rappelle que lâĂȘtre humain est un animal, pas seulement un travailleur assis devant un Ă©cran. Sur le fond, lâidĂ©e est utile : nous avons besoin de mouvement.
Mais lâexemple des grands singes ne prouve pas ce quâil veut prouver.
Pourquoi Hugo Clément se trompe parce que justement les humains sont différents des singes
Les chimpanzĂ©s et les gorilles ne sont pas des marathoniens. Ils ne sont pas des modĂšles de course dâendurance. Les comparer Ă nous permet de rappeler notre appartenance aux primates, mais cela ne justifie pas le sport quotidien intense.
Lâhumain a des spĂ©cificitĂ©s propres : la marche bipĂšde, une bonne capacitĂ© de thermorĂ©gulation, une aptitude Ă lâendurance modĂ©rĂ©e. Mais ces spĂ©cificitĂ©s ne veulent pas dire que lâon doit ĂȘtre « en permanence dans le mouvement », comme il le dit ensuite.
Aucun organisme vivant nâest fait pour ĂȘtre en permanence dans lâeffort. MĂȘme les espĂšces trĂšs mobiles alternent activitĂ© et repos. Le repos nâest pas une anomalie moderne. Câest une fonction biologique fondamentale.
Ă 2 min 50, Hugo ClĂ©ment dit que nous sommes faits pour ĂȘtre « en permanence dans le mouvement »
Il dit enfin : « On est fait pour bouger tous les jours, ĂȘtre en permanence dans le mouvement ».
La premiĂšre partie est dĂ©fendable : bouger tous les jours est souhaitable. La deuxiĂšme est beaucoup plus discutable : ĂȘtre en permanence dans le mouvement nâest pas un objectif biologique rĂ©aliste.
Pourquoi Hugo Clément se trompe
Il se trompe parce quâun corps vivant nâest pas fait pour ĂȘtre constamment actif. Il est fait pour alterner.
Alterner le mouvement et le repos. Lâeffort et la rĂ©cupĂ©ration. La dĂ©pense et la recharge. La tension et le relĂąchement. La course et la marche. LâentraĂźnement et lâassimilation.
Câest exactement ce que beaucoup de sportifs oublient. En trail, la performance ne vient pas seulement des kilomĂštres accumulĂ©s. Elle vient de la capacitĂ© Ă encaisser, assimiler, rĂ©cupĂ©rer et repartir. Le repos nâest pas lâinverse de lâentraĂźnement. Il en fait partie.
Dire que nous devons sortir de la sĂ©dentaritĂ© est juste. Dire que nous devons ĂȘtre en permanence dans le mouvement est excessif.
Voici une version harmonisĂ©e, sans rupture entre les deux conclusions, avec une montĂ©e logique et ton angle sur lâabsence dâĂ©tude scientifique clairement citĂ©e.
En résumé, Hugo Clément a raison contre la sédentarité, mais tort sur les chasseurs-cueilleurs
Le dĂ©bat ne doit pas ĂȘtre caricaturĂ©. Hugo ClĂ©ment ne dit pas quâil faut courir un ultra tous les jours. Il rappelle mĂȘme quâil faut respecter la progressivitĂ©, la rĂ©cupĂ©ration et lâalimentation. Il a aussi raison de dire que la sĂ©dentaritĂ© est un problĂšme beaucoup plus massif que lâexcĂšs de sport dans la population gĂ©nĂ©rale.
Le problĂšme nâest donc pas de dire que lâĂȘtre humain doit bouger. Sur ce point, il a raison : la sĂ©dentaritĂ© moderne est un vrai sujet de santĂ© publique, et personne ne peut sĂ©rieusement dĂ©fendre lâidĂ©e quâun corps humain est fait pour rester assis toute la journĂ©e devant un Ă©cran.
Le problĂšme, câest le raccourci. Dans sa vidĂ©o, Hugo ClĂ©ment affirme que notre corps serait fait pour bouger, courir et fournir de longs efforts parce que nous avons Ă©tĂ© chasseurs-cueilleurs pendant lâessentiel de notre histoire. Mais sur quoi sâappuie-t-il prĂ©cisĂ©ment ? Quelle Ă©tude scientifique cite-t-il pour passer de « les chasseurs-cueilleurs se dĂ©plaçaient beaucoup » à « faire du sport tous les jours, câest ce pourquoi nous sommes faits » ?
Câest lĂ que son raisonnement devient fragile. Il ne suffit pas dâinvoquer Homo sapiens, les grands singes, la chasse, la cueillette et les 290 000 ans dâĂ©volution pour prouver que le corps moderne est fait pour encaisser nâimporte quelle pratique sportive. Les chasseurs-cueilleurs marchaient, portaient, grimpaient, se dĂ©plaçaient, couraient parfois, mais rien ne permet dâaffirmer quâils reproduisaient lâĂ©quivalent dâun marathon, dâun ultra-trail ou dâun entraĂźnement quotidien structurĂ©.
Les chasseurs-cueilleurs ne couraient pas 42 km pour faire un marathon. Ils ne couraient pas 170 km autour du Mont-Blanc avec un dossard, une montre GPS, un classement et des ravitaillements. Ils ne cherchaient pas un chrono, un record personnel ou une qualification. Ils marchaient beaucoup, se déplaçaient, portaient, cueillaient, chassaient parfois, mais ils économisaient aussi leur énergie.
Leur vie Ă©tait active. Elle nâĂ©tait pas sportive au sens moderne.
En réalité, Hugo Clément défend une idée juste avec un argument trop large. Oui, nous sommes faits pour bouger. Non, cela ne prouve pas que nous sommes faits pour courir longtemps, souvent, et encore moins sans tenir compte de la récupération, des blessures, de la fatigue ou des excÚs.
La vraie question nâest donc pas de savoir si le mouvement est bon pour la santĂ©. La rĂ©ponse est oui. La vraie question est de savoir jusquâoĂč on peut utiliser lâargument du chasseur-cueilleur pour justifier le sport moderne. Et sur ce point, il manque une dĂ©monstration solide. Sans Ă©tude prĂ©cise, sans nuance entre marche, activitĂ© physique, entraĂźnement, course longue et ultra-endurance, cet argument ressemble davantage Ă une formule sĂ©duisante quâĂ une preuve scientifique.
Source
- https://www.facebook.com/reel/1384890456720702
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(0:00) Les gens qui disent, ouais, attention, trop de sport, c’est pas bon, (0:05) c’est dangereux pour la santĂ©, (0:06) une fois de temps en temps c’est bien, mais pas tous les jours… J’entends pas mal ça ces derniers temps dans la vie, mais (0:10) aussi dans les mĂ©dias, (0:12) et ça me fait un peu sourire, parce que ça montre Ă quel point on est complĂštement dĂ©connectĂ© de la machine biologique qui est notre corps (0:19) et des animaux que nous sommes. Nous, les Homo sapiens, on a Ă peu prĂšs 300 000 ans, et sur ces 300 000 ans d’existence, (0:26) pendant 290 000 ans, donc pendant la grande majoritĂ© de notre existence, (0:30) on a Ă©tĂ© des chasseurs-cueilleurs, (0:32) nomades, qui passaient leur temps Ă se dĂ©placer. En fait, Ă l’Ă©chelle de l’Ă©volution, ça fait trĂšs peu de temps qu’on s’est (0:37) sĂ©dentarisĂ©, qu’on a inventĂ© l’agriculture, qu’on a construit des villes, etc.
(0:40) et encore moins de temps qu’on vit de maniĂšre moderne, comme aujourd’hui. Donc notre corps, il a Ă©voluĂ© pendant des dizaines de milliers d’annĂ©es (0:48) pour le mouvement, et il est (0:51) adaptĂ© au mouvement, pas Ă la sĂ©dentaritĂ©. On a un corps qui est fait pour bouger tous les jours, pour se dĂ©placer sur de longues distances, (0:58) pour fournir des efforts pendant de longues pĂ©riodes, (1:01) parfois de maniĂšre soutenue.
Alors qu’aujourd’hui, on a l’impression que ce qui est (1:04) normal, c’est de passer huit heures par jour assis sur une chaise devant un ordinateur, (1:08) de passer la grande majoritĂ© de notre temps assis, immobile. Et ça, notre corps, en fait, il n’est pas fait pour ça. Donc ça gĂ©nĂšre (1:15) tout un tas de problĂšmes de santĂ©, de l’obĂ©sitĂ©, du surpoids, des maladies cardiovasculaires, (1:20) certains types de cancers aussi, qui sont encouragĂ©s par la sĂ©dentaritĂ©, ou encore des troubles (1:25) psychologiques, comme des dĂ©pressions ou de l’anxiĂ©tĂ©.
Tout ça est trĂšs bien documentĂ© scientifiquement. A l’inverse, faire de l’activitĂ© physique (1:33) tous les jours, ou presque tous les jours, quelle que soit cette activitĂ© physique, ça devrait ĂȘtre la normalitĂ©. (1:39) C’est pas un truc de fou, en fait, de faire du sport tous les jours.
C’est juste ce pourquoi on est fait. Alors Ă©videmment, il y a (1:44) des rĂšgles Ă respecter, la progressivitĂ©, la rĂ©cupĂ©ration, l’alimentation. (1:49) Bien sĂ»r, on peut se faire mal ou s’abĂźmer la santĂ© si on fait trop de sport, d’un coup, n’importe comment.
(1:54) Mais globalement, le risque, c’est pas de faire trop d’activitĂ©s physiques. (1:58) C’est l’inverse. Donc, quand j’entends sur certains plateaux tĂ©lĂ© des intervenants dire (2:02) « Attention, l’addiction au sport, c’est trĂšs dangereux pour le cĆur, c’est dangereux pour les articulations, (2:08) alerte, alerte ! » (2:09) Franchement, les gars, (2:11) il y a vraiment d’autres prioritĂ©s en termes de santĂ© publique que de faire peur aux gens sur « faites pas trop de sport ». Et puis, (2:17) mĂȘme sur le terme « addiction au sport », on met tout et n’importe quoi dans ce mot valise.
(2:22) Effectivement, il peut y avoir une forme d’addiction Ă l’apparence. Il y a des gens qui (2:26) vont jusqu’Ă se faire du mal physiquement pour avoir un physique qui correspond aux critĂšres qu’ils veulent atteindre. (2:33) Mais sur le sport en lui-mĂȘme, l’activitĂ© physique en elle-mĂȘme, c’est normal (2:37) d’avoir envie d’en faire quand on commence Ă s’y mettre, parce que, encore une fois, notre corps est fait pour ça.
(2:43) En fait, c’est pas trĂšs compliquĂ©. On est juste des singes, on est des primates de la famille des grands singes, comme les chimpanzĂ©s, comme les (2:49) gorilles, et on n’est pas fait pour rester immobile toute la journĂ©e. On est fait pour bouger tous les jours, ĂȘtre en permanence dans le mouvement.
(2:56) Et ça devrait ĂȘtre ça, la normalitĂ©, et pas l’inverse.
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