🎧 Écouter le résumé de l’article sur le problème des distances incorrectes vendues par les organisateurs de trail — Durée totale : 0:49
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Entre marketing, GPS imprécis et modifications de parcours, les traileurs finissent souvent par courir plusieurs kilomètres de plus que prévu
Vous vous inscrivez à un trail de 45 km. Votre montre affiche finalement 47,8 km à l’arrivée. Sur un ultra de “100 miles”, vous découvrez en course qu’il faudra en réalité parcourir 170 ou 175 km. Et parfois, quelques minutes avant le départ, l’organisation annonce tranquillement que le “25 km” en fera finalement 27.
Tous les traileurs ont déjà vécu cette situation. Et contrairement à la route, où un marathon doit mesurer précisément 42,195 km, le trail fonctionne avec une logique beaucoup plus souple. Résultat : la distance affichée sur le dossard correspond souvent davantage à une catégorie commerciale qu’à une réalité exacte du terrain.
Pourquoi on fait jamais la distance affichée
Parce que certains trails historiques ont changé de distance au fil des années mais pas de nom
En trail, les organisateurs conservent très souvent les noms historiques des formats, même lorsque les parcours évoluent avec les années.
C’est notamment le cas de nombreuses courses devenues emblématiques. Un “56 km” peut aujourd’hui approcher les 60 km, simplement parce que le tracé a changé au fil du temps, que certains passages sont devenus interdits ou que de nouveaux détours ont été ajoutés.
Le problème, c’est qu’une appellation finit par devenir une marque. Les coureurs parlent du “56”, du “100 miles” ou du “90 km” comme d’un produit identifié. Changer officiellement la distance risquerait de brouiller les repères marketing, les habitudes et même parfois le référencement internet des événements.
Et dans un milieu devenu extrêmement concurrentiel, l’identité d’une course compte presque autant que son parcours.
Parce qu’en trail, le terrain décide souvent à la dernière minute
Contrairement à un marathon urbain, un trail traverse des forêts, des montagnes, des sentiers parfois fragiles et des zones soumises aux intempéries.
Un arbre tombé, un glissement de terrain, une zone inondée ou une interdiction administrative peuvent obliger les organisateurs à modifier le parcours quelques jours avant le départ.
Le problème, c’est qu’il devient ensuite presque impossible de retomber exactement sur la distance initialement prévue.
Quand un sentier ferme en montagne, il faut parfois contourner pendant plusieurs kilomètres. Et les organisateurs préfèrent généralement rallonger légèrement le parcours plutôt que prendre des risques logistiques ou sécuritaires.
C’est aussi pour cela que certains trails annoncent désormais des fourchettes plutôt qu’une distance fixe : “entre 100 et 105 km”, par exemple.
Parce que les logiciels GPS ne sont jamais d’accord entre eux
Autre problème : personne ne mesure exactement les distances de la même manière.
Entre Strava, Garmin, OpenRunner, Trace de Trail ou les fichiers GPX officiels, les écarts peuvent rapidement devenir importants. Chaque logiciel utilise ses propres algorithmes, son propre lissage GPS et sa propre méthode de calcul du dénivelé.
Résultat : deux coureurs sur la même course peuvent finir avec plusieurs centaines de mètres d’écart sur leur montre.
En montagne, le phénomène devient encore plus visible. Les falaises, les vallées encaissées, les forêts denses ou les changements brusques d’altitude perturbent fortement les signaux GPS.
Et plus la course est longue, plus les erreurs finissent par s’accumuler.
Parce qu’en trail, le parcours compte plus que la distance
C’est probablement la plus grande différence culturelle entre le trail européen et le running sur route.
Aux États-Unis, les grandes courses comme la Western States 100 respectent quasiment toujours la distance exacte annoncée. Un “100 miles” fait 100 miles. Point final.
En Europe, la philosophie est différente. Les organisateurs construisent d’abord un parcours qu’ils jugent beau, logique ou historique. Ensuite seulement, ils regardent la distance obtenue.
C’est pour cela qu’un ultra annoncé à 100 miles peut finalement dépasser largement cette limite. Les organisateurs préfèrent parfois ajouter un sommet mythique, une vallée spectaculaire ou un sentier emblématique plutôt que couper artificiellement le tracé pour respecter un chiffre précis.
Et honnêtement, beaucoup de traileurs acceptent cette logique. Parce qu’en montagne, personne ne choisit vraiment une course uniquement pour son kilométrage exact.
Pourquoi ça énerve quand même beaucoup de coureurs
Sur le papier, deux ou trois kilomètres supplémentaires ne semblent pas énormes.
Mais en trail, surtout en ultra, cela peut complètement changer une course.
Trois kilomètres de plus après 12 heures d’effort peuvent représenter 20 à 30 minutes supplémentaires en montagne. Avec parfois plusieurs centaines de mètres de dénivelé en bonus.
Et psychologiquement, le choc peut être violent. Quand un coureur pense arriver bientôt et découvre qu’il reste encore une montée ou une boucle supplémentaire, le moral peut exploser.
C’est aussi pour cela que certains traileurs accusent désormais les organisations de jouer volontairement avec les distances pour des raisons marketing. Un “100 km” paraît souvent plus accessible qu’un “108 km”. Un “100 miles” vend davantage qu’un “171 km”.
Et plus le trail devient une industrie, plus cette ambiguïté commence à agacer une partie de la communauté.
🧠En résumé, si les distances des trails ne correspondent presque jamais exactement à ce qui est annoncé, ce n’est pas uniquement à cause des GPS.
Le phénomène mélange plusieurs réalités : évolution historique des parcours, contraintes météo, difficultés techniques de mesure, culture du trail européen… mais aussi parfois stratégie marketing assumée.
Le vrai problème, ce n’est probablement pas qu’un trail fasse 2 ou 3 km de plus.
Le problème, c’est que les coureurs ont parfois l’impression qu’on leur vend une distance… qui n’existe pas vraiment.
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