🎧 48 secondes pour comprendre pourquoi les organisateurs de la Maxi-Race ont choisi de faire partir la course à 1h25 du matin.Écouter le résumé de l’article
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La Maxi-Race d’Annecy va partir à 1h25 : c’est quoi cet horaire de départ ?
Le départ du format phare de la Maxi-Race d’Annecy (100 km, 6 000 m D+) aura lieu le samedi 30 mai. Mais au-delà du profil de course cassant et du beau plateau annoncé, c’est l’heure des départs qui fait grincer des dents. Entre le SAS Élite qui part à 1h25 du matin et douze vagues étalées jusqu’à 3h20, l’organisation a imposé un horaire bâtard, avec une nuit blanche imposée.
Le trail et encore plus l’ultra trail impliquent de la gestion, et on pensait avoir tout vu en matière de privation de sommeil. On connaissait les départs à minuit, avec une nuit blanche inévitable, mais une bonne sieste l’après-midi d’avant course permettait de limiter la casse et de simuler un début de nuit classique. On connaissait aussi les départs très tôt le matin, aux alentours de 5h ou 6h, l’occasion de se coucher à l’heure des poules pour essayer de gratter quelques précieuses heures de vrai sommeil réparateur avant d’enfiler les baskets.
Et puis, il y a le choix de la Maxi-Race…
Le Tour du Lac – 100 bornes pour faire le tour du propriétaire
Pour rappel, la Maxi-Race c’est une boucle complète du lac d’Annecy par les crêtes qui l’entourent. Le Tour du Lac compte 100 km pour environ 6 000 mètres de dénivelé positif. Et il ne faut pas se fier au décor de carte postale, le tracé est réputé pour être extrêmement usant, technique et cassant. Entre la longue ascension du Veyrier, le redoutable Col de la Forclaz ou la plongée finale et technique depuis le Semnoz, le parcours ne laisse pas de répit. Si on y ajoute la gestion d’un départ en plein milieu de la nuit, la difficulté monte encore d’un cran.
Pourquoi ce choix anti-biologique
Cette année, le fameux Tour du Lac en solo prévoit un dispositif qui met les horloges biologiques à dure épreuve. Le SAS Élite s’élancera à 1h25 du matin, suivi de près par un cortège de 12 vagues successives s’étalant jusqu’à 3h20 (réparties selon la cote Betrail des coureurs).
À 1h25, c’est trop tard pour espérer faire une sieste de fin d’après-midi sans se transformer en zombie au milieu de la soirée. Et à 3h20, c’est beaucoup trop tôt pour avoir récupéré d’une vraie nuit, le réveil devant sonner au moment exact où le corps plonge dans sa phase de sommeil la plus profonde.
Pour les coureurs des derniers SAS, l’horaire est un cauchemar logistique. Il va falloir gérer l’attente, le froid nocturne sur la ligne de départ, et l’alimentation à une heure où l’estomac réclame tout sauf de la boisson d’effort.
Une chose est sûre, la bataille contre le sommeil commencera bien avant la première ascension au Mont Veyrier.
Le prétexte de la chaleur
On aurait pu essayer de comprendre l’organisation en y voyant une volonté de protéger les organismes de la chaleur étouffante qui peut parfois survenir fin mai, mais c’est raté. Sur un tel format de 100 kilomètres, cet argument ne tient pas la route. Seuls les élites parviendront à éviter le coup de chaud en bouclant le tracé avant les heures les plus chaudes. Que la course parte à 1h25 du matin ou quelques heures plus tard, l’immense majorité des coureurs va subir une double peine. Non seulement ils ne dormiront pas, mais ils vont courir en plein après-midi, aux heures où le soleil tape le plus fort. Quitte à griller sous le cagnard, autant le faire les batteries rechargées. Et même si cette année le parcours change de sens, pour éviter les passages trop exposés au soleil en préférant les zones ombragées aux horaires critiques, s’il doit faire chaud les coureurs subiront quoi qu’il en soit.
Le plateau élite attendu
Malgré cet horaire pour le moins original, le plateau de cette édition 2026 va être bon à suivre. Du côté des hommes, la course s’annonce explosive. Hugo Deck, le tenant du titre, remet sa couronne en jeu et partira avec le statut de favori. Il devra faire face à Yannick Noël (2nd de la Diagonale des Fous 2025), et à Théo Détienne, qui continue de se préparer pour l’UTMB fin août.
Verdict sur la plage aux alentours de midi
Avec un départ des coureurs à 1h25 et des estimations de course de l’ordre de 10h30 à 11 heures pour les meilleurs, la première arrivée masculine sur les bords du lac est attendue aux alentours de midi le samedi.
Le public aura droit à une arrivée spectaculaire sous le soleil de la mi-journée. Les coureurs, eux, auront bouclé le tour du lac… mais ils auront surtout gagné le droit de s’effondrer pour une sieste bien méritée.
🧠 Au final, ce départ en pleine nuit impose une double peine, celle de lancer des centaines de coureurs sur un parcours usant avec, dès le début, une dette de sommeil dans les jambes.
Puisque les premiers sont attendus aux alentours de midi, un décalage de l’horaire de départ de quelques heures aurait pourtant changé la donne. Imaginer un départ au petit matin aurait permis aux coureurs de s’offrir un début de nuit correct et réparateur. Mieux encore, les têtes d’affiche seraient arrivées en fin de journée, offrant au public et aux familles un spectacle idéal pour l’apéro sur les bords du lac. Un scénario plein de bon sens qui aurait mis tout le monde d’accord, des organismes des athlètes à l’ambiance de la ligne d’arrivée.
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