Dans l’imaginaire collectif, les très grands champions sont souvent décrits comme des athlètes presque inaccessibles, capables d’avancer avec une confiance absolue dans leurs moyens.
Pourtant, plus les performances deviennent extrêmes, plus certains sportifs racontent exactement l’inverse. Derrière les records et les victoires, beaucoup continuent à vivre avec une forme de doute permanent, parfois même au sommet de leur carrière.
Le témoignage de Rachel Entrekin après sa victoire sur la Cocodona 250 2026 en est probablement l’un des exemples les plus marquants de ces dernières années.
Car ce que l’Américaine vient d’accomplir dépasse largement le simple cadre d’une victoire en ultra-trail. Sur cette traversée de l’Arizona longue de plus de 400 km, elle a non seulement remporté l’épreuve pour la troisième année consécutive, mais elle a aussi terminé devant l’ensemble du plateau masculin en pulvérisant le record de la course. Une démonstration de force monumentale, réalisée en 56 h 09 min 48 s, qui restera probablement comme l’un des grands exploits de l’ultra-endurance moderne.
Et pourtant, au cœur même de cette performance historique, Rachel Entrekin raconte avoir été traversée par ce qu’elle décrit elle-même comme un syndrome de l’imposteur.
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Rachel Entrekin, le syndrome de l’imposteur
C’est ce contraste qui frappe immédiatement dans son récit. Rachel Entrekin n’arrivait pas sur cette édition 2026 dans la peau d’une inconnue ou d’une outsider surprise par sa propre réussite. Elle connaissait parfaitement la Cocodona. Elle l’avait déjà gagnée en 2024 puis en 2025. Elle savait ce que représentait cette course de 402 km, ses longues portions désertiques, ses milliers de mètres de dénivelé et surtout la violence mentale que provoquent plus de deux jours d’effort quasi continu.
Mais malgré cette expérience et ce palmarès déjà immense, le doute est revenu très tôt pendant la course.
Son témoignage du syndrome de l’imposteur
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Elle raconte qu’au kilomètre 80, alors qu’elle occupait déjà la première place, son esprit restait envahi par des pensées négatives. Pour continuer à avancer, elle explique avoir dû se répéter sans cesse une question presque banale : “Pourquoi pas toi ?”
Derrière cette phrase extrêmement simple se cache en réalité une mécanique psychologique beaucoup plus profonde. Rachel Entrekin décrit ce sentiment étrange qui pousse parfois des personnes pourtant très compétentes à penser qu’elles ne méritent pas vraiment leur réussite, ou qu’elles finiront tôt ou tard par être “démasquées”.
Le paradoxe devient alors saisissant. Pendant qu’elle dominait l’une des courses les plus dures du monde, son cerveau continuait à lui souffler qu’elle n’était peut-être pas à sa place.
Rachel Entrekin estime que ce syndrome de l’imposteur concerne beaucoup de traileuses
Après son arrivée, Rachel Entrekin a expliqué que beaucoup de femmes avaient parfois tendance à se dissuader elles-mêmes avant même d’essayer certaines choses, parce qu’elles pensent manquer d’expérience ou ne pas être suffisamment qualifiées.
En ultra-trail, la bataille mentale finit souvent par dépasser la bataille physique
Ce témoignage rappelle aussi pourquoi les formats extrêmes fascinent autant dans le monde du trail. Sur un ultra comme la Cocodona, les jambes ne suffisent plus à expliquer ce qu’il se passe réellement chez les athlètes.
Après trente, quarante puis cinquante heures d’effort, le corps et le cerveau entrent dans un état très particulier. Le manque de sommeil, l’accumulation de douleur, la fatigue neurologique et l’isolement amplifient toutes les émotions. Les certitudes deviennent fragiles, les pensées négatives prennent davantage de place et même les coureurs les plus expérimentés traversent parfois de véritables tempêtes mentales.
Chez Rachel Entrekin, cette lutte intérieure semble avoir accompagné une grande partie de sa course. Et c’est précisément ce qui donne encore plus de relief à sa victoire.
Car elle n’a pas seulement dû résister physiquement à plus de 400 km de trail dans les conditions extrêmes de l’Arizona. Elle a aussi dû lutter contre cette impression persistante de ne pas être suffisamment légitime pour gagner, alors même que les faits prouvaient déjà exactement le contraire.
En résumé, avec cette Cocodona 2026, Rachel Entrekin va être connue et va devoir se débarrasser de son syndrome de l’imposteur
Avant cette édition, Rachel Entrekin restait encore relativement discrète en dehors du cercle des passionnés d’ultra-endurance. Les spécialistes connaissaient évidemment son immense niveau, mais son nom ne possédait pas encore l’aura médiatique de certaines figures comme Courtney Dauwalter.
Parce qu’elle ne s’est pas contentée de gagner une nouvelle fois. Elle a dominé l’épreuve de manière presque irréelle, terminant plus d’une heure avant son premier poursuivant masculin et repoussant encore les limites de ce que l’on croyait possible sur ce type de format.
Mais au-delà du chrono et du record, ce que beaucoup retiendront probablement de cette édition, c’est aussi cette image beaucoup plus intime : celle d’une athlète capable de battre tout le monde… sans jamais réussir totalement à faire taire ses propres doutes.
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