Soyons honnêtes : si la Transvulcania provoque autant d’agitation dans le trail français cette semaine, ce n’est pas vraiment à cause de son plateau. C’est surtout parce qu’on sort d’un très long tunnel.
Depuis des mois, le trail européen tourne un peu au ralenti. L’hiver a été calme, l’UTMB paraît encore loin, la Western States et la Hardrock aussi, la Cocodona 250 de cette semaine a plus ressemblé à une aventure hors normes qu’à une vraie confrontation entre les stars que le public français suit toute l’année.
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Pourquoi la planète trail s’emballe pour rien au sujet de a Transvulcania de demain
C’est la première course de la saison où des traileurs français très en vogue comme Théo Detienne vont réellement pouvoir se comparer, se jauger, se projeter sur la suite de la saison. Et surtout, cela faisait longtemps qu’on n’avait pas vu un Français arriver avec une vraie hype de victoire sur une grosse course internationale de début de saison.
Parce que Théo Detienne
Cette année, toute l’attention se concentre donc naturellement sur Théo Détienne.
Parce qu’il monte vite. Parce qu’il intrigue. Parce qu’une partie du public cherche déjà le prochain grand nom du trail français. Et chez les femmes, la présence de Blandine L’Hirondel donne aussi une vraie crédibilité sportive à la course côté français.
Parce que live et streaming un week end de pont
Ajoutez à cela le retour des grosses retransmissions live, les réseaux sociaux qui tournent à plein régime, les images spectaculaires des volcans qui inondent Instagram depuis le kilomètre vertical… et forcément, la machine médiatique du trail s’emballe.
Mais justement, c’est peut-être là qu’il faut réussir à remettre un peu de mesure dans tout ça.
Parce que c’est une légende
Et puis il y a aussi tout ce qu’elle représente dans l’histoire récente du trail européen. Pendant longtemps, gagner la Transvulcania, c’était presque entrer dans une forme de légende.
Kilian Jornet, Luis Alberto Hernando, Dakota Jones, François D’Haene, Emelie Forsberg… tous ont contribué à transformer cette course en monument.
Parce que la saison commence
Ajoutez à cela le fait que la saison d’ultra commence réellement maintenant en Europe.
La Cocodona 250 a bien eu lieu ce week-end, mais elle reste un objet très particulier : 400 km, aucun Français au départ, une épreuve difficilement comparable au calendrier classique du trail européen. La Transvulcania devient donc naturellement le premier gros rendez-vous “mainstream” de la saison.
Parce que des favoris français
Et forcément, côté français, il y a une attente énorme.
Cela fait longtemps qu’on n’a pas vu un coureur français gagner là-bas. Cette année, entre Théo Détienne et Blandine L’Hirondel, il y a enfin des profils capables de faire vibrer le public français. Rien que ça suffit à créer de l’emballement.
Mais justement : il faut peut-être aussi réussir à garder un peu de recul. TOUT LE MONDE S’EXCITE POUR RIEN
C’est probablement le point le plus important.
Sauf que non.
Parce que la Transvulcania ce n’est QUE 73 km
Un format très spécifique, très rapide, très nerveux, avec énormément de course “à intensité élevée”. On est très loin d’un UTMB de 170 km où la gestion du sommeil, de l’alimentation, de la fatigue musculaire profonde et de l’usure mentale deviennent centrales.
Gagner à La Palma ne signifie absolument pas qu’on peut gagner à Chamonix trois mois plus tard.
On l’a vu des dizaines de fois dans l’histoire du trail : certains coureurs brillent sur des formats autour de 50 à 80 km et disparaissent complètement dès qu’on passe sur du très long. À l’inverse, des monstres de l’UTMB ont parfois semblé ordinaires sur des formats plus explosifs.
Aujourd’hui, beaucoup projettent déjà Théo Détienne dans une dimension “futur vainqueur de l’UTMB” si jamais il performe demain. C’est aller beaucoup trop vite.
C’est probablement là que le décalage est le plus fort entre l’ambiance médiatique et la réalité sportive.
Parce que la densité est pas si OUF que ça
Oui, il y a de beaux noms. Oui, le plateau est solide. Oui, certains médias espagnols parlent d’“édition la plus compétitive de l’histoire”. Mais quand on regarde froidement les start-lists, on est quand même loin d’un rassemblement total des meilleurs traileurs de la planète.
Les principaux favoris de la Transvulcania 2026
Chez les hommes, l’attention française se concentre surtout sur Théo Détienne, très attendu pour sa première vraie confrontation internationale sur ce format. Mais il faudra aussi surveiller des profils solides comme Andreas Reiterer, Nadir Maguet, Petter Engdahl, David Sinclair ou encore Luis Alberto Hernando, véritable légende de la course à La Palma.
Chez les femmes, Blandine L’Hirondel apparaît comme l’une des grandes favorites françaises, face notamment à Lucy Bartholomew, Azara Garcia, Daniela Oemus et au retour très symbolique d’Emelie Forsberg, dix ans après sa dernière victoire sur l’île.
Un plateau sérieux donc, avec quelques très gros noms du trail européen, mais sans la concentration absolue de stars mondiales que l’on retrouve habituellement sur les plus grandes échéances UTMB ou Western States.
Il manque énormément de très gros noms mondiaux.
Pas de Kilian Jornet. Pas de Jim Walmsley. Pas de Mathieu Blanchard. Pas de Vincent Bouillard. Pas de Tom Evans. Pas de Zach Miller. Pas de Germain Grangier. Pas de Rémi Bonnet sur l’ultra. Pas de véritable confrontation totale entre les meilleurs spécialistes UTMB du moment.
En réalité, la densité ressemble davantage à celle d’une très belle course européenne de début de saison qu’à celle d’un championnat du monde officieux.
C’est un point qu’on sous-estime souvent.
En vérité, une partie de l’aura de la Transvulcania vient de son esthétique.
Les volcans, la lumière des Canaries, les images aériennes, les crêtes noires au lever du soleil… tout ça produit un effet énorme sur les réseaux sociaux.
Visuellement, la course paraît gigantesque.
Mais si on retirait le décor volcanique pour replacer exactement le même plateau sur une course anonyme de 73 km dans une autre région du monde, l’emballement serait probablement beaucoup plus modéré.
La Transvulcania est devenue une marque émotionnelle autant qu’une compétition sportive.
Autre élément important : le calendrier.
En mai, le trail mondial est encore fragmenté. Certains sortent de l’hiver. D’autres préparent l’été. Beaucoup de stars sont encore en construction physique pour Western States ou UTMB. Résultat : la Transvulcania récupère une énorme visibilité parce qu’il n’existe pas encore de concurrence directe très forte à cette période.
C’est aussi pour ça qu’on a parfois l’impression qu’elle “pèse” plus sportivement qu’elle ne pèse réellement.
Si cette course avait lieu trois semaines avant l’UTMB, au milieu d’un calendrier saturé, elle ne provoquerait probablement pas la même hystérie médiatique.
Parce qu’il faut aussi accepter une réalité simple : dans le trail, l’émotion compte autant que le niveau brut.
La Transvulcania fait partie de ces courses qui racontent quelque chose. Elle ouvre la saison européenne. Elle donne envie de courir. Elle remet du soleil, des images de montagne et des grandes traversées dans les timelines après des mois d’hiver.
Alors oui, objectivement, il ne faut peut-être pas transformer la course de demain en “finale de la Coupe du monde du trail”. Oui, il faut éviter de tirer des conclusions définitives sur l’UTMB à partir d’un 73 km volcanique en mai.
Mais il faut aussi reconnaître une chose : dans un sport parfois saturé de formats, de circuits, de points ITRA et de storytelling commerciaux, la Transvulcania conserve encore une capacité rare à faire rêver.
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