Trois femmes sous le record à Paris : âge d’or du marathon ou ère du soupçon ?
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C’est ce qui s’appelle exploser un record ! Le marathon de Paris a fait courir cette année près de 60 000 personnes dans les rues, et surtout presque 21 000 femmes, un record tant en valeur absolue qu’en pourcentage.
Mais le record explosé n’est pas là, il est dans le chrono des femmes ! Shure Demise l’Ethiopienne s’est imposée au marathon de Paris en 2h18’33, soit 37 secondes d’avance devant sa compatriote Misgane Alemayehu et la Kenyane Magdalene Masai. Elles ont couru respectivement en 2h19’10 et 2h19’18. Le précédent record de l’épreuve était de 2h19’48 secondes.
Et battre un tel record de 75 secondes, c’est énorme à ce niveau de la compétition.
Shure Demise, la performance d’une très grande athlète
En matière de marathon, Shure Demise n’est pas inconnue. À 19 ans déjà, elle détenait la meilleure performance mondiale chez les juniors, avec une marque à 2h20’59 secondes sur le marathon de Dubaï, lors de l’édition 2015.
La suite de sa carrière n’a pas été particulièrement médiatisée, le marathon féminin ne l’est pas beaucoup, mais elle a accumulé de nombreux podiums sur les grandes courses, à Chicago, Milan, ou aux Championnats du monde en 2017 par exemple.
Shure Demise a connu une pause dans sa carrière, une pause maternité qui l’a poussée à s’absenter des grands rendez-vous internationaux du marathon pendant environ 2 ans, une éternité dans le monde de la course à pied au niveau international.
Elle est revenue à la compétition en 2025, lors du marathon de Milan, qui se court la semaine précédant celui de Paris, et qu’elle a remporté malgré sa longue coupure.
Ca, c’est ce que l’on connaît de la performeuse, une des meilleures mondiales. Mais il y a toujours une petite musique derrière.
Une performance qui pose question
Une telle performance, avec tout le podium sous la barre de l’ancien record, pose forcément des questions. Ou alors on fait semblant de ne jamais avoir entendu parler du dopage systématique dans les courses de fond.
Attention, se poser la question ne veut pas dire qu’elles sont, elles et les autres femmes du podium, dopées. Ça veut dire que l’on se demande dans quelles conditions ces chronos sont réalisés, et quelle confiance leur accorder sur le long terme. Le cas de Ruth Chepngetich suspendue pour 3 ans reste dans tous les esprits. Que valent vraiment son record du monde sur marathon à Chicago ou encore son titre de championne du monde obtenu en 2019 la sachant prise pour dopage en 2025 ?
On ne peut pas non plus faire semblant de ne pas savoir que le Kenya ou l’Ethiopie sont des pays particulièrement surveillés par les instances internationales, et que cette surveillance n’empêche pas la survenance régulière de cas. La problématique est connue dans ces pays où le sport de haut niveau est une voie qui permet de sortir soi et sa famille d’une pauvreté systémique. Alors il ne s’agit pas d’accuser l’une ou l’autre des athlètes, mais de rappeler que les faits et les records laissent des questions en suspens.
Pas de suspicions, mais des questions auxquelles seules les instances internationales peuvent répondre.
La faute des athlètes, ou des instances sportives ?
Le record de Shure Demise est parfaitement homologué, sa victoire incontestable et aucune procédure disciplinaire n’existe à son encontre. Aucune preuve ne vient contredire sa performance. Ce n’est pas elle qu’il faut regarder en face, mais le système.
Les records pleuvent et les 3 femmes sous le précédent record du marathon de Paris n’en sont qu’un exemple parmi d’autres. Alors que font les instances antidopage pour nous donner confiance dans tous ces chiffres quand leur seule réponse est de destituer des athlètes dopés seulement des mois ou des années après ? Difficile de croire qu’un contrôle réalisé le jour même demande une si longue période d’analyse.
Et pendant ce temps-là, le mal est fait, entre grand public induit en erreur, et athlètes propres pénalisés par les athlètes dopés.
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Cet article relève de l’analyse journalistique et du débat d’intérêt général autour des performances sportives de haut niveau. Il ne formule aucune accusation à l’encontre de Shure Demise ou des autres athlètes mentionnées. À ce jour, aucune procédure disciplinaire ni aucune sanction pour dopage ne les concerne.
Les éléments évoqués s’inscrivent dans un contexte global documenté du sport d’endurance, marqué par l’existence de cas de dopage passés, et visent à interroger les conditions de production des performances, non à remettre en cause l’intégrité individuelle des athlètes.
Les propos tenus reposent sur des faits publics, des références connues et une réflexion éditoriale. Ils ne constituent ni une affirmation de faits illicites, ni une mise en cause personnelle, mais participent à une réflexion plus large sur la confiance dans les performances sportives et le rôle des instances de régulation.






