🎧 Écouter le résumé de l’article — Durée totale : 0:42
Depuis le 18 mai à Chamonix, le Vosgien de 29 ans enchaîne les allers-retours sur le Kilomètre Vertical du Brévent avec un objectif totalement hors norme : atteindre 100 000 mètres de dénivelé positif le plus vite possible.
Un défi tellement extrême que même lui admet qu’il est absurde.
Interrogé par Distances+ en pleine tentative, Benjamin Mougel a répondu avec une forme de lucidité presque désarmante : « Ça n’a aucun sens, c’est complètement absurde, mais il fallait le faire pour voir comment c’est possible de le faire. »
Une phrase qui résume parfaitement l’état d’esprit d’une partie de l’ultra-endurance moderne.
Acheter une montre Coros sur i-run
lien affilié sans partenariat avec Coros
100 allers-retours sur un KV : un défi hors du réel
Le principe de son défi est simple sur le papier, mais presque inimaginable physiquement. Benjamin Mougel part systématiquement de l’église située place du Triangle-de-l’Amitié à Chamonix pour rejoindre le Brévent avant de redescendre… puis recommencer.
Encore et encore.
Au total, cela représente 100 montées et descentes sur le célèbre KV de Chamonix.
Les chiffres donnent déjà le vertige. Lors des premiers jours, il a enchaîné 10 000 m de D+ sur une seule journée, puis 9 000 m, avant de volontairement ralentir à cause de la chaleur et des conditions météo devenues très compliquées. Pluie, neige sur les hauteurs, terrain modifié à cause de coupes de bois : même à Chamonix, la montagne rappelle vite ses limites.
Ce 27 mai, il a simplement publié un nombre sur Strava : 75.
75 allers-retours. Déjà 75 000 mètres de dénivelé positif cumulés en neuf jours.
Pour donner une idée, cela représente presque neuf Everest gravis uniquement en montée.
« Voir de quoi je suis capable »
Ce qui frappe dans ce défi, ce n’est pas seulement la performance physique. C’est surtout le discours qui l’accompagne.
Benjamin Mougel ne prétend pas sauver la planète, défendre une cause ou révolutionner le trail. Il reconnaît lui-même le caractère absurde de ce qu’il fait. Mais derrière cette absurdité assumée, il y a une logique très présente dans les sports d’endurance extrême : explorer ses propres limites.
« C’est une histoire de voir de quoi je suis capable », explique-t-il.
Une phrase qui revient souvent chez les ultra-traileurs engagés dans des projets extrêmes. À partir d’un certain niveau, la performance ne sert plus forcément à battre quelqu’un. Elle devient une expérimentation personnelle.
Jusqu’où peut-on aller physiquement ? Mentalement ? Combien de jours le corps peut-il encaisser des milliers de mètres de montée et de descente ? Comment le sommeil, la chaleur, la fatigue ou la monotonie modifient-ils le cerveau ?
Dans ce type de défi, l’intérêt est parfois moins dans le résultat final que dans l’expérience elle-même.
Benjamin Mougel, le spécialiste des défis verticaux
Ce projet complètement fou n’arrive pas par hasard. Benjamin Mougel s’est déjà fait connaître en 2025 en battant le record du monde de dénivelé positif en 24 heures avec 21 134 m D+ dans les Vosges.
Ancien spécialiste de roller de vitesse, il s’est progressivement imposé comme l’un des profils les plus atypiques du trail français. Peu médiatique, discret, presque obsessionnel dans son approche, il appartient à cette génération d’athlètes fascinés par les formats extrêmes, répétitifs et mentaux.
Son défi actuel à Chamonix pousse simplement cette logique encore plus loin.
Et au fond, c’est peut-être ce qui intrigue autant dans cette aventure : même lui sait que cela paraît irrationnel.
Mais dans le trail et l’ultra, beaucoup des plus grandes performances ont commencé exactement comme ça : par une idée que tout le monde trouvait absurde.
Fin du défi de Benjamin Mougel : samedi 30 mai
Reste désormais à savoir jusqu’où Benjamin Mougel peut pousser ce défi complètement hors normes. Car après avoir déjà battu le record du monde de dénivelé positif en 24 heures avec 21 134 m D+, le Vosgien semble encore vouloir explorer un territoire où presque plus personne n’ose aller.
Depuis plusieurs jours, il enchaîne les montées sur le Kilomètre Vertical de Chamonix dans une relative discrétion, pendant que la communauté trail regarde les chiffres grimper avec stupéfaction. L’objectif des 100 000 m D+ paraît irréel, presque absurde… et c’est précisément ce qui fascine autant dans cette aventure.
Selon les dernières informations communiquées autour du projet, l’arrivée pourrait avoir lieu samedi. Une nouvelle étape totalement folle pour Benjamin Mougel, qui continue de repousser les limites de l’endurance humaine comme si les records classiques ne suffisaient déjà plus.
Source
- https://www.facebook.com/reel/979460721555888
Lire aussi
- Qui est Benjamin Mougel, le nouveau détenteur du record du monde de dénivelé en 24 heures ?
- Benjamin Mougel bat le record du monde de dénivelé positif en 24 h






