Au premier regard, la photo des pieds de Christophe Le Saux peut surprendre.
Photo non censurée des pieds de Christophe Le Saux

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Ses pieds sont gonflés, marqués, abîmés de partout. Les orteils sont tuméfiés, la peau semble agressée sur plusieurs zones, les ongles ont changé de couleur, et l’ensemble donne une impression de blessure diffuse, comme si chaque partie du pied avait encaissé quelque chose. Ce qui frappe, ce n’est pas seulement la fatigue après l’effort. C’est l’état général des tissus, la sensation de macération, les traces multiples, les plaies, les frottements, les impacts. On comprend immédiatement qu’il ne s’agit pas d’une simple sortie longue qui s’est mal terminée.
Ici, il n’est plus question de confort, de performance bien propre ou de communication léchée autour d’une aventure. On voit un corps qui a encaissé l’humidité, la chaleur, les frottements répétés, la jungle, les heures dehors, et sans doute aussi tout ce qui rampe, pique, griffe ou infecte un terrain aussi hostile. Cette photo choque parce qu’elle ramène le trail à quelque chose de beaucoup plus brut, beaucoup plus organique, beaucoup moins glamour que l’image que le sport renvoie souvent aujourd’hui.
Et c’est précisément pour cela qu’elle mérite qu’on s’y arrête. Car avant même de raconter l’itinéraire, la distance ou le contexte, ces pieds disent déjà presque tout. Ils résument à eux seuls la dureté de l’aventure vécue par Christophe Le Saux. C’est à partir de cette image que l’article prend tout son sens.
Amazonie, humidité, macération : les pieds de Christophe Le Saux comme compte-rendu officiel
Christophe Le Saux, ce n’est pas le genre de trailer que l’on voit 12 fois par jour sur Instagram, qui publie autant de mantras sur l’engagement , la force mentale et la résilience que nous on fait de kilomètre dans la semaine. Il fait partie de ces traileurs éloignés de l’agitation médiatique et du star-system de la course à pied, dans un registre plus brut que démonstratif.
Christophe Le Saux, il a gravé le trail dans son ADN, il fait entrer au burin tous les codes d’une vie nomade, dédiée à la découverte des endroits les plus engagés de la planète. Alors, quand il publie une photo de ses pieds, ce n’est pas pour de la communication, c’est bien pour nous raconter une aventure hors du commun.
Les pieds de Christophe Le Saux, le meilleur résumé de son ultra-trail
Christophe Le Saux vient de terminer un trail de 160 km et 5600 m D+. Mais il ne s’agit pas d’une course de montagne, mais de suivre la piste de Bélizon en direction de Saül, le village français le plus isolé. Ces noms ne vous sont d’ailleurs pas inconnus. Le Saux a signé le FKT sur cette piste, et elle a été remise à la mode à l’automne dernier car Clemquicourt la parcourue avec Nico Mathieux.
Là, c’est la photo des pieds de Le Saux. Avec lui, pas de placements de produits et ni de blagues douteuses. La photo narre à elle seule l’humidité permanente, la chaleur, les traces laissées par une faune et une flore dont la taille et la vivacité n’ont rien en commun avec nos vertes contrées de métropole. Les pieds sont ravagés, lessivés, blanchis par l’humidité, attaqués par la macération, cabossés par trois jours dans la jungle.
Si j’avais commencé par vous dire que Christophe Le Saux avait fait, en compagnie de 4 autres personnes, un trail de 160 km dans la jungle amazonienne, sur le territoire de la Guyane française, vous auriez imaginé peut-être une course plus instagrammable, plus visuelle, plus glamour même, entre épopée en pleine nature et belle aventure.
Non, là on est dans le trail qui pique, qui blesse, qui colle, qui use, qui finit par détruire.
Une photo qui remet en cause tout un imaginaire
Quand on parle trail, on ne parle plus maintenant que de dossards hors de prix, d’UTMB, de gels à 3 euros, d’électrolytes, de plaque carbone ou non pour le trail. Soit. Mais là, on est au cœur même de ce qu’est le trail : un engagement total, jusqu’à se mettre en danger si on manque d’expérience, et pas uniquement pour son podium et sa visibilité.
Dans un parcours tel que celui-là, les pieds souffrent bien plus que sur n’importe quel autre terrain. L’humidité y est permanente, la peau se ramollit, se fragilise, se décolle et chaque pas finit par être un supplice.
C’est exactement ce que nous dit cette photo : on vient sur la piste de Bélizon, jusqu’au village le plus reculé de France, pour souffrir. On découvre la jungle de l’intérieur et on y vient pour l’expérience personnelle, pas pour son image sur les réseaux. D’ailleurs, une photo aussi peu glamour l’illustre bien ! Il y a des traileurs qui feraient le tour des cinémas de France pour raconter dans les moindres détails leur exploit sportif et sa dimension mystique. Et d’autres qui sont peut-être encore plus inspirant parce que tout y est dit de façon authentique, brute.
Christophe Le Saux, le type qui ne fait pas semblant
Christophe Le Saux, qui connaissait déjà bien cette zone, est avant tout un globe-trotteur, un globe traileur comme il le dit lui-même, passionné par tous les endroits où les autres ne vont pas. Ce n’est pas une posture de communication, ce qu’il fait d’ailleurs très peu et de façon assez rudimentaire au contraire d’autres athlètes. S’il n’est pas bruyant sur le plan médiatique, il n’en reste pas moins un personnage fascinant par son engagement jusqu’au-boutiste. Sa personne, ses projets, sa manière de vivre, le choix de ses traces, tout est en cohérence. Lorsque Clemquicourt suit cette même piste, il y a un côté ridicule dans sa mise en scène. Quand Le Saux fait la même chose, ça inspire le respect.
Ce type d’exploit parle d’ailleurs peut-être plus aux coureurs amateurs que nous sommes, que les exploits des champions des podiums. Bien sûr, on n’irait pas se frotter à l’Amazonie sans un sacré entraînement. Mais se dépasser, vivre une expérience au-delà de la simple question du chrono, c’est de ça dont il s’agit avec Christophe Le Saux, et c’est ça qui est passionnant.
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