Avec la S/LAB Bonatti Infinite, la marque pousse la logique de durabilité et de performance à son maximum… mais à quel prix pour les traileurs ?
La veste Salomon S-Lab Bonatti Infinite est en vente sur i-run
lien affilié sans partenariat avec Salomon
La S/LAB Bonatti Infinite est ne veste pensée pour durer dans des conditions extrêmes
à 500 euros, le trail devient philosophique
Dans le trail, il y a deux réalités qui cohabitent en permanence. Celle du terrain, brut, exigeant, où le matériel est mis à l’épreuve à chaque sortie. Et celle du marché, de plus en plus technique, où chaque innovation promet de résoudre un problème bien connu des coureurs. Avec la nouvelle S/LAB Bonatti Infinite, Salomon s’attaque frontalement à l’un des points faibles historiques des vestes de trail : leur durée de vie.
Mais à 500 euros la veste, la question n’est plus seulement technique. Elle devient presque philosophique.
Sur le papier, la promesse est claire.
Cette veste ne cherche pas à être la plus légère du marché, mais la plus résistante. Avec environ 230 grammes, elle reste dans les standards d’une veste imperméable de trail, mais son vrai intérêt se situe ailleurs : dans sa construction.
L’intégration de fibres Dyneema biosourcées marque une évolution importante. Ce matériau, déjà utilisé dans des domaines exigeants comme l’alpinisme ou la voile, est réputé pour sa résistance exceptionnelle à l’abrasion et aux déchirures. Dans le contexte du trail, cela répond à une réalité très concrète : les frottements répétés du gilet d’hydratation, les contacts avec la roche, les branches, ou encore les conditions humides qui accélèrent l’usure.
Pour les traileurs qui enchaînent les sorties longues ou les saisons complètes, cette promesse de durabilité change potentiellement la donne. Une veste qui ne se dégrade pas au bout de quelques mois pourrait, à terme, justifier un investissement plus important.
Une protection technique adaptée à l’effort en montagne
Au-delà de la robustesse, la veste repose sur une base technique déjà éprouvée. La membrane annoncée en vingt mille millimètres d’imperméabilité et vingt mille grammes de respirabilité correspond aujourd’hui au standard attendu pour une pratique engagée.
Concrètement, cela signifie une capacité à encaisser de fortes pluies tout en limitant l’accumulation de chaleur à l’intérieur. C’est un point clé en trail, notamment en montée, lorsque l’intensité augmente rapidement et que le corps produit beaucoup de chaleur. Une veste mal ventilée devient vite un handicap, obligeant à l’enlever, ce qui casse le rythme et expose à de nouveaux risques.
La coupe est également pensée pour être portée directement au-dessus d’un sac d’hydratation. Ce détail, qui peut sembler secondaire, prend tout son sens en ultra-trail. Ne pas avoir à retirer son sac pour enfiler ou enlever une veste permet de gagner du temps, mais surtout de rester dans sa course, sans rupture de concentration.
La S/LAB Bonatti Infinite est un produit clairement positionné pour l’élite… et les passionnés
Avec cette S/LAB Bonatti Infinite, Salomon ne cherche pas à séduire le grand public. Le message est clair : on est sur un produit issu de la gamme S/LAB, développée avec et pour des athlètes de haut niveau.
Cela se ressent dans les choix techniques, mais aussi dans le positionnement tarifaire. À cinq cents euros, cette veste devient l’une des plus chères du marché. Elle se place bien au-dessus des modèles déjà considérés comme haut de gamme, souvent situés entre deux cents et trois cent cinquante euros.
Ce prix interroge forcément. Il crée une forme de rupture avec la pratique quotidienne de nombreux traileurs, pour qui l’équipement reste un compromis entre performance et budget. Mais il reflète aussi une tendance de fond : la montée en gamme du matériel de trail, avec des produits de plus en plus spécialisés, et parfois de plus en plus exclusifs.
Faut-il vraiment mettre 500 € dans une veste de trail ?
La question mérite d’être posée honnêtement. Car derrière l’innovation, il y a un usage réel.
Pour un traileur occasionnel ou même régulier, une veste classique bien choisie fera parfaitement le travail pendant plusieurs saisons. En revanche, pour ceux qui enchaînent les ultras, les conditions difficiles, ou les sorties longues en montagne, la durabilité devient un critère central.
Si cette veste tient réellement ses promesses sur le terrain, notamment face à l’abrasion et à l’usure, elle pourrait s’inscrire dans une logique différente : celle d’un investissement sur le long terme plutôt qu’un simple achat.
Mais à ce niveau de prix, l’exigence est totale. Il ne s’agit plus seulement d’être performant, il faut être irréprochable.
Une tendance de fond dans le trail : plus technique, plus durable… mais plus cher
Avec ce type de produit, Salomon illustre parfaitement l’évolution actuelle du trail. Le matériel devient plus technique, plus spécifique, parfois inspiré d’autres univers outdoor, mais aussi plus coûteux.
La question qui se pose désormais est simple : jusqu’où les traileurs sont-ils prêts à aller pour gagner en confort, en sécurité ou en durabilité ?
Car sur les sentiers, une chose ne change pas. Que l’on porte une veste à cent euros ou à cinq cents euros, ce sont toujours les mêmes éléments qui dictent la course : la météo, le terrain, et la capacité du coureur à avancer malgré la fatigue.
Et c’est peut-être là que se situe la vraie limite du très haut de gamme.






