🎧 Dans le Cantal, la Coordination Rurale propose d’accorder automatiquement le permis de chasse aux agriculteurs. Une idée qui relance le débat sur la sécurité, la formation et le partage de l’espace naturel.
Une proposition pour accorder le permis de chasse AUTOMATIQUEMENT
Les propositions autour de la chasse suscitent régulièrement des réactions.
Celle portée par la Coordination Rurale du Cantal risque de ne pas passer inaperçue.
Le syndicat agricole demande que le statut d’agriculteur ouvre automatiquement l’accès au permis de chasse ainsi qu’à l’agrément de piégeur.
L’objectif affiché est de permettre aux exploitants agricoles de lutter plus facilement contre les dégâts causés par certaines espèces sauvages, notamment les sangliers, les cervidés ou encore les rats taupiers.
POURQUOI ÇA NE VA PAS !
Parce que le permis de chasse n’est pas une simple formalité
Aujourd’hui, obtenir un permis de chasse implique une formation spécifique, un examen et une validation annuelle. Cette formation ne sert pas uniquement à apprendre à identifier les espèces ou à connaître la réglementation.
Elle porte aussi sur la sécurité, la manipulation des armes, l’évaluation des angles de tir, la gestion des risques et la prévention des accidents.
Autrement dit, le permis de chasser n’existe pas uniquement pour autoriser la chasse. Il existe également pour limiter les comportements dangereux. La proposition de la Coordination Rurale reviendrait à considérer qu’un agriculteur pourrait bénéficier automatiquement de cette autorisation sans passer par le même parcours que les autres candidats.
C’est précisément ce point qui provoque de nombreuses interrogations.
Parce qu’agriculteur et chasseur, ce sont deux compĂ©tences diffĂ©rentes
Personne ne conteste que les agriculteurs connaissent parfaitement leur territoire. Ils sont souvent les premiers à constater les dégâts causés par les sangliers ou d’autres espèces.
Ils vivent quotidiennement sur les parcelles concernées et subissent parfois directement les conséquences économiques de ces dégradations. Mais connaître un terrain ne signifie pas automatiquement maîtriser les règles liées à l’utilisation d’une arme à feu.
De la même manière, certains observateurs estiment que l’activité agricole et la pratique de la chasse nécessitent deux apprentissages distincts. Le débat dépasse donc largement la seule question des dégâts de gibier.
En résumé, cette proposition inquiète les usagers de la nature dont les traileurs que nous sommes
Cette demande intervient dans un contexte où les relations entre chasseurs, randonneurs, traileurs, vététistes et promeneurs restent parfois tendues.
Chaque saison de chasse ravive les discussions sur le partage de l’espace naturel. Les accidents impliquant des non-chasseurs sont devenus un sujet particulièrement sensible ces dernières années. Pour de nombreux pratiquants de la course à pied ou du trail, l’idée d’augmenter potentiellement le nombre de détenteurs d’armes autorisés à chasser peut donc être perçue comme une source d’inquiétude supplémentaire.
Même si la proposition vise avant tout la régulation des espèces responsables de dégâts agricoles, ses conséquences pourraient dépasser largement le cadre des exploitations concernées.
Pour l’instant, il s’agit d’une revendication portée localement par la Coordination Rurale du Cantal. Mais comme souvent dans les débats liés à la chasse, à l’agriculture ou à la gestion de la faune sauvage, le sujet pourrait rapidement trouver un écho national. Une chose est certaine : cette proposition remet au centre des discussions une question sensible. Comment concilier la protection des exploitations agricoles, la régulation de certaines espèces et la sécurité de l’ensemble des usagers de la nature ?
Et pour beaucoup de randonneurs, de traileurs ou de familles qui fréquentent les sentiers, une interrogation demeure : si la chasse nécessite une formation aujourd’hui, pourquoi faudrait-il demain en dispenser une catégorie de la population ?
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