Baptiste Chassagne, le gagnant de la Diagonale des Fous, change de dimension et assume son statut.
Dans une carrière, il y a parfois des moments où le discours évolue autant que les résultats. Chez Baptiste Chassagne, ce basculement semble aujourd’hui évident. Lorsqu’il évoque désormais son objectif pour l’UTMB, il ne parle plus simplement de progression ou de performance. Il parle de victoire, sans détour, comme une évidence qui s’est construite au fil des saisons.
Baptiste Chassagne change de ton et ça en dit long
Pendant plusieurs années, Chassagne s’est imposé comme un coureur régulier, solide, capable d’enchaîner les performances sans forcément chercher la lumière. Sa progression s’est faite étape par étape, avec une constance qui a fini par payer. Sa deuxième place à Chamonix en 2024 avait déjà modifié la perception que le circuit pouvait avoir de lui, mais c’est surtout sa victoire sur la Diagonale des Fous qui a validé son passage dans une autre dimension.
Depuis, quelque chose a changé. Le discours est plus direct, plus assumé, comme si le doute avait laissé place à une forme de clarté. L’objectif qu’il évoque désormais — passer sous les 20 heures et jouer la victoire — n’a rien d’une formule prudente. Il traduit une prise de position nette, presque attendue au regard de son niveau actuel.
Assumer, ce que cela implique
Affirmer vouloir gagner l’UTMB n’est jamais anodin. Dans un sport où la densité du plateau ne cesse d’augmenter, une telle ambition revient à accepter une pression immédiate. Elle place aussi le coureur dans une catégorie bien particulière, celle des athlètes que l’on observe différemment, que l’on attend sur chaque détail.
Face à des profils comme Kilian Jornet, Tom Evans ou encore Jim Walmsley, l’objectif peut sembler élevé. Pourtant, il correspond à une réalité de terrain. Chassagne n’est plus seulement un coureur en progression, il fait désormais partie de ceux qui peuvent peser sur la course.
Ce glissement, souvent invisible de l’extérieur, est en réalité déterminant. Il marque le passage d’un statut d’outsider crédible à celui de prétendant déclaré.
En assumant publiquement son objectif, Chassagne contribue aussi à modifier la lecture de l’UTMB 2026. La course, déjà annoncée comme particulièrement dense, gagne en intensité. Elle ne se résume plus à une confrontation entre quelques figures établies, mais s’ouvre à un scénario plus large, dans lequel plusieurs profils peuvent prétendre jouer un rôle majeur.
Sa présence avec une telle ambition renforce cette impression d’incertitude, souvent caractéristique des grandes éditions. Ce n’est plus simplement une participation de plus dans un peloton d’élite, mais l’entrée d’un coureur qui se positionne clairement dans la lutte pour la victoire.
Les favoris de l’UTMB 2026 : Baptiste Chassagne et les autres
Le Britannique Tom Evans reste la référence en tant que tenant du titre, avec une approche maîtrisée et une capacité à gérer les moments clés qui font souvent la différence sur ce type de format.
Le retour de Kilian Jornet change immédiatement la donne. Son expérience et sa lecture de la course en font un candidat naturel à la victoire, même face à une génération plus rapide.
L’Américain Jim Walmsley, s’il est au départ, pourrait imposer un rythme élevé dès les premières heures, avec un profil parfaitement adapté à un UTMB de plus en plus rapide.
La montée en puissance de Ben Dhiman constitue l’une des grandes évolutions de cette édition. Désormais régulier au plus haut niveau, il s’impose comme un prétendant crédible à la victoire.
Enfin, le Français Mathieu Blanchard reste une inconnue stratégique, capable du meilleur comme d’un scénario plus imprévisible selon sa préparation.
Dans cette densité exceptionnelle, Baptiste Chassagne s’installe désormais parmi les prétendants, avec une ambition assumée qui pourrait bien redistribuer les cartes.
La préparation et l’entrainement de Baptiste Chassage pour remporter l’UTMB
Si cette évolution du discours est possible, c’est qu’elle s’appuie sur un travail de fond. Sa préparation hivernale a été construite avec précision, en intégrant des axes d’amélioration identifiés, notamment sur la nutrition, un élément souvent décisif sur des formats aussi longs. À cela s’ajoutent une régularité à l’entraînement, une capacité à enchaîner les blocs sans rupture, et une expérience désormais solide des grandes échéances.
Rien, dans cette trajectoire, ne relève de l’improvisation. L’ambition affichée aujourd’hui apparaît plutôt comme la continuité logique d’un projet construit sur plusieurs années, avec une montée en puissance progressive.
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