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🎧 Une bénévole de l’Ultra Marin affirme que des responsables de l’épreuve ont annoncé, lors des réunions préparatoires, leur volonté de « rajeunir l’âge des bénévoles ».
Une orientation vécue comme une humiliation par cette femme qui donne gratuitement son temps, ses congés et assume elle-même ses déplacements. Son témoignage pose une question sensible : les grandes organisations de trail savent-elles encore reconnaître la valeur de leurs bénévoles les plus expérimentés ?
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Les bénévoles font fonctionner l’Ultra Marin
L’Ultra Marin est devenu l’un des plus grands événements de trail organisés en France. L’épreuve rassemble 10 000 coureurs répartis sur huit courses autour du golfe du Morbihan. Pour faire fonctionner cette imposante organisation pendant quatre jours et quatre nuits, elle s’appuie sur environ 1 500 bénévoles occupant plus de trente types de postes différents.
Retrait des dossards, préparation des espaces, ravitaillements, orientation des participants, suivi de la course, sécurité, accueil, transport ou logistique : sans cette main-d’œuvre bénévole, l’événement ne pourrait tout simplement pas avoir lieu.
L’organisation le reconnaît elle-même sur son site, où elle présente le soutien des bénévoles comme « essentiel » à l’accompagnement et à la sécurité des coureurs. Elle insiste également sur leur rôle crucial dans la réussite de l’événement.
Pourtant, le commentaire publié par Annie Terminet Schuppon fait apparaître un profond décalage entre cette reconnaissance officielle et ce qu’elle dit avoir entendu lors des réunions précédant l’édition 2026.
« Lors des pré-réunions, les responsables ont ouvertement dit qu’ils veulent rajeunir l’âge des bénévoles. Une véritable humiliation, surtout quand on travaille et que nous, les vieux bénévoles, prenons une semaine de vacances. »
Cette bénévole ne dénonce donc pas uniquement une phrase maladroite. Elle décrit le sentiment d’être dévalorisée après avoir consacré du temps, de l’énergie et une partie de ses congés à la course.
L’Ultra Marin veut préparer une nouvelle génération de bénévoles
La volonté de rajeunir les équipes peut répondre à un problème réel pour les grandes courses de trail.
Certaines associations reposent depuis des années sur les mêmes personnes. Beaucoup de bénévoles historiques avancent en âge et les organisateurs doivent nécessairement anticiper la relève. Certains postes imposent également de rester debout pendant de longues heures, de travailler la nuit, de déplacer du matériel ou d’enchaîner plusieurs journées de présence.
Attirer des bénévoles plus jeunes peut ainsi permettre de renouveler les équipes, de répartir les missions physiques et de garantir la continuité de l’événement au cours des prochaines années.
Mais préparer la relève ne signifie pas mettre les plus anciens sur la touche.
Les bénévoles expérimentés possèdent une connaissance que les nouveaux arrivants n’ont pas encore : ils maîtrisent les parcours, les procédures, les difficultés récurrentes et les réactions à adopter lorsqu’un imprévu survient. Dans un ultra-trail, cette expérience peut devenir particulièrement précieuse lorsque la météo se dégrade, qu’un coureur se perd ou qu’un dispositif logistique doit être réorganisé rapidement.
Le véritable renouvellement devrait donc reposer sur la transmission entre les générations, et non sur le remplacement d’une catégorie de bénévoles par une autre.
Les bénévoles expérimentés refusent de devenir une main-d’œuvre jetable
Le malaise exprimé par Annie Terminet Schuppon dépasse la seule question de l’âge.
Elle explique avoir pris une semaine de vacances pour participer à l’organisation. Elle dit également avoir effectué gratuitement les préparatifs, le suivi de la course et de nombreux trajets, sans remboursement du carburant.
« Nous faisons gratuitement les pré-set-up, le suivi de course, les allers-retours avec le prix de l’essence actuel et nous ne râlons pas. »
Son commentaire décrit ensuite des conditions d’accueil qu’elle juge dégradées pendant l’édition 2026. Elle affirme qu’une seule fontaine aurait été accessible dans le hangar consacré au retrait des dossards, malgré les centaines de bénévoles et les milliers de participants présents. Elle évoque aussi des repas qui auraient été rationnés pour la première fois.
Ces affirmations n’ont pas été confirmées par l’organisation. Elles doivent cependant être replacées dans le contexte particulier de l’édition 2026, organisée pendant un épisode caniculaire. Le Raid de 100 km avait d’ailleurs été annulé en raison du maintien de la vigilance rouge et de températures annoncées proches de 40 °C. Cette décision concernait explicitement la sécurité des participants, des bénévoles et du personnel d’organisation.
Dans de telles conditions, l’accès permanent à l’eau et la prise en charge des personnes mobilisées pendant plusieurs heures deviennent des enjeux essentiels.
Le trail ne peut pas remercier ses bénévoles tout en les dévalorisant
Sur son site, l’Ultra Marin promet à ses bénévoles une expérience collective, des moments conviviaux, une dotation, une journée dédiée et une soirée annuelle autour d’un repas. L’organisation leur adresse également ses remerciements pour leur contribution à la réussite de l’événement.
Mais la reconnaissance ne peut pas uniquement prendre la forme d’un message publié après la course ou d’une soirée organisée une fois par an.
Elle doit aussi se traduire par la manière de parler aux bénévoles, de les accueillir, de les nourrir, de les hydrater et de tenir compte des dépenses qu’ils engagent personnellement. Une personne qui consacre une semaine de congés à une course n’est pas une ressource gratuite que l’on peut remplacer dès qu’elle ne correspond plus au profil recherché.
Les grandes épreuves de trail se professionnalisent, accueillent plusieurs milliers de coureurs et développent des budgets toujours plus importants. Pourtant, leur fonctionnement continue de reposer massivement sur des personnes qui ne sont pas rémunérées.
Cette dépendance impose une responsabilité : celle de ne pas considérer le bénévolat comme une main-d’œuvre disponible sans limite.
En résumé, rajeunir les équipes OK mais sans exclure les plus âgés
L’Ultra Marin a besoin de nouveaux bénévoles pour assurer son avenir. Mais l’épreuve a tout autant besoin de celles et ceux qui connaissent son fonctionnement et s’investissent parfois depuis plusieurs années.
L’âge ne détermine ni la motivation, ni la disponibilité, ni la compétence d’un bénévole. Certaines missions physiques peuvent nécessiter des adaptations, mais de nombreux postes reposent surtout sur l’expérience, le sérieux et la capacité à gérer les relations humaines.
Le témoignage d’Annie Terminet Schuppon révèle ainsi un risque majeur : en cherchant à rajeunir ses équipes sans suffisamment valoriser les bénévoles historiques, une organisation peut décourager précisément les personnes sur lesquelles elle s’appuie depuis longtemps.
Le trail célèbre volontiers l’endurance, la fidélité et la capacité à rester engagé dans la durée. Il serait paradoxal que ces qualités cessent soudainement d’être reconnues lorsqu’elles sont incarnées par les bénévoles.
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