Comprendre la gestion de course de Sébastien Raichon sur l’Ultra Terrestre
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Parti très loin, à la 46e place après moins de 10 kilomètres, le Français est déjà revenu dans le top 10 avant même la mi-course. Sur un format plus long, de type Tor des Géants ou Spine Race, Raichon construit souvent ses performances dans la deuxième nuit, lorsque l’épuisement et le manque de sommeil détruisent progressivement les autres coureurs.
Mais sur un format “seulement” long de 224 km, il ne peut pas attendre trop longtemps. L’Ultra Terrestre reste une course rapide à l’échelle du très long, avec des leaders capables d’imprimer un rythme élevé pendant plus de trente heures.
Sa stratégie d’usure doit donc se mettre en place plus tôt que d’habitude.
L’Ultra-Terrestre 2026 est en train de basculer dans sa vraie dimension.
Cette épreuve hors normes de 224 kilomètres et 14 325 mètres de dénivelé positif traverse l’intégralité de La Réunion, du volcan du Piton de la Fournaise jusqu’au stade de la Redoute à Saint-Denis, en passant par le Piton des Neiges, Cilaos, Mafate et le Maïdo. Une course si longue et si brutale que les meilleurs mettent souvent plus de trente-cinq heures pour la terminer.
Et après presque 19 d’effort, un scénario inattendu prend forme : pendant que les leaders commencent à s’user devant, Sébastien Raichon remonte progressivement depuis l’arrière du peloton. Parti très prudemment, le Français est désormais revenu dans le top 10 après avoir pointé… 46e au début de course.
Le scénario Sébastien Raichon
Pendant toute la journée, les regards étaient braqués sur le duel entre Louis Calais et François D’Haene. Mais pendant que les favoris s’observaient devant, un autre scénario se mettait lentement en place dans l’ombre : celui de la remontée méthodique de Sébastien Raichon. Et à mesure que la nuit tombe sur La Réunion, cette remontada commence sérieusement à prendre forme. Après près de 19 heures de course sur les sentiers de l’Ultra-Terrestre 2026, Raichon pointe désormais à la 8e place au Stade de Cilaos, après avoir longtemps navigué très loin derrière les leaders. Une progression qui n’a rien d’un hasard, ni d’un simple “bon finish”. C’est exactement la manière dont il aime courir les formats extrêmes.
Le plus impressionnant, c’est d’où il revient.
Au premier pointage des Camphriers, après seulement 9,8 kilomètres, le Français n’était que… 46e. Une position presque choquante pour un des grands noms de cette édition. Pendant que François D’Haene courait déjà aux avant-postes, Raichon avançait à un rythme très mesuré, fidèle à sa philosophie des ultra-longues distances : ne jamais se mettre dans le rouge trop tôt.
Et surtout, sa course donne une impression très particulière : celle d’un coureur qui continue d’avancer pendant que beaucoup commencent déjà à ralentir. Cette stratégie n’a rien de nouveau chez lui. L’hiver dernier, Sébastien Raichon avait marqué les esprits avec son incroyable enchaînement Winter Spine Race + Barkley Marathons Fun Run, ce que certains avaient surnommé une “SPARKLEY”. Deux épreuves monstrueuses où la vitesse pure compte finalement moins que la résistance au sommeil, à la fatigue et à l’usure mentale. C’est précisément ce type de profil qui peut devenir extrêmement dangereux sur l’Ultra-Terrestre.
La course entre dans sa phase de destruction
Car contrairement à beaucoup de courses plus “rapides”, l’épreuve réunionnaise entre maintenant dans sa vraie zone de destruction. Les leaders ont déjà traversé le volcan, le Piton des Neiges et Cilaos. Mais il reste encore Taïbit, Marla, Mafate, la nuit complète dans les hauts, puis la longue remontée vers le Maïdo avant Saint-Denis. Autrement dit : une deuxième course commence.
Et c’est souvent là que Raichon devient le plus fort.
Son approche ressemble moins à une bataille de vitesse qu’à une guerre d’érosion. Il accepte volontairement de perdre du temps au début pour préserver ses réserves physiques et mentales. Là où certains cherchent à “faire la course”, lui cherche surtout à survivre mieux que les autres dans la deuxième moitié. Ce soir, l’écart reste important. Louis Calais conserve une avance considérable devant. Mais sur un ultra de 224 kilomètres, trois heures de retard après moins de la moitié du temps total de course ne représentent pas forcément une condamnation. D’autant que les écarts peuvent exploser très vite dans Mafate. Ce qui rend la situation intéressante, c’est aussi le contraste avec François D’Haene. Le quadruple vainqueur de l’UTMB semblait encore parfaitement placé quelques heures plus tôt avant de perdre énormément de temps dans la séquence Piton des Neiges → Cilaos. Pendant que D’Haene reculait, Raichon avançait. Et psychologiquement, cela change beaucoup de choses dans un ultra. Voir revenir derrière soi un spécialiste de l’usure mentale comme Raichon n’est jamais anodin. Surtout sur une course qui peut encore durer plus de vingt heures pour les meilleurs.
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