🎧 41 secondes pour comprendre pourquoi Sébastien Raichon que l’Ultra Terrestre organisé par l’UTOI à la Réunion est trop court
Après la Spine Race et la Barkley, Sabastien Raichon le spécialiste de l’extrême arrive à La Réunion avec une perception du mot “ultra” qui n’est plus vraiment celle du commun des mortels.
Quand un traileur qualifie une course de 224 km et 14 000 m de dénivelé positif de format “court”, on pourrait croire à une blague. Pourtant, c’est exactement ce qui se passe avant le départ de l’Ultra Terrestre 2026 à La Réunion.
Et venant de Sébastien Raichon, le mot prend une autre dimension.
Dans un message publié avant la course, sa fille Mia Raichon Gavelle s’est amusée de cette situation avec beaucoup d’autodérision. Elle annonce le retour de son fameux suivi live, tout en révélant que Sébastien Raichon considère cette traversée monstrueuse de La Réunion comme une épreuve “hors de sa zone de confort”… parce qu’elle serait “courte”.
Oui, courte.
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Pourquoi Sébastien Raichon voit l’Ultra Terrestre comme un “petit format”
Pour comprendre cette phrase qui peut sembler absurde au premier abord, il faut regarder ce que Raichon vient d’enchaîner depuis janvier.
Cet hiver, le Français de 52 ans a réussi ce que certains médias anglophones ont commencé à appeler une “SPARKLEY” : remporter la Winter Spine Race puis réussir une Fun Run sur la Barkley Marathons dans le même hiver.
La Spine Race, c’est plus de 430 km dans le froid britannique, plusieurs jours sans sommeil réel, de la boue, du vent, de la neige et une gestion mentale permanente. Quelques semaines plus tard, direction Frozen Head et la Barkley, probablement l’épreuve la plus déroutante du monde en matière d’orientation et de survie mentale.
Dans ce contexte, l’Ultra Terrestre change presque de catégorie.
Bien sûr, 224 km à La Réunion restent un défi énorme. Le volcan, les cirques, l’humidité, les sentiers cassants, la chaleur et les sections techniques peuvent détruire une course en quelques heures. Mais Raichon vient d’un univers où l’effort dure parfois quatre ou cinq jours complets avec une privation de sommeil quasi totale.
Son approche du temps long n’est pas celle des autres favoris. L’an dernier, Robin Coinus avait remporté la première édition de l’Ultra Terrestre en un peu moins de 40 heures, précisément en 39 h 47 min 31 s malgré des conditions météo dantesques et plus de 50 % d’abandons.
À l’échelle de Sébastien Raichon, qui sort d’une Winter Spine Race de plus de 400 km puis d’une Barkley Marathons disputée dans la boue, le froid et le manque de sommeil, ce format peut presque sembler “court” dans sa logique d’usure progressive. Là où certains explosent après une nuit sans dormir, lui construit souvent ses courses sur la durée, la résistance mentale et l’épuisement collectif.
François D’Haene contre Sébastien Raichon : deux écoles du très long
Sur le papier, beaucoup voient François D’Haene comme le favori logique. Le quadruple vainqueur de l’UTMB et de la Diagonale des Fous possède une vitesse de déplacement, une maîtrise technique et une expérience réunionnaise qui collent parfaitement au profil de cette course.
L’Ultra Terrestre reste malgré tout un format relativement “rapide” pour de l’ultra-long. Il y a beaucoup de sections roulantes, du terrain où il faut encore courir efficacement, et une intensité globale plus élevée qu’un Tor des Géants ou qu’une Spine Race.
À l’inverse, Sébastien Raichon excelle souvent quand les courses deviennent des aventures d’épuisement total. Plus les heures passent, plus il semble entrer dans son terrain naturel. Sa gestion du sommeil, sa résistance mentale et sa capacité à survivre dans le chaos deviennent alors des armes redoutables.
C’est probablement pour cela que certains observateurs pensent que les 224 km de l’Ultra Terrestre pourraient presque arriver “trop tôt” pour que sa stratégie d’usure fasse pleinement effet.
D’autant qu’il sort d’un hiver énorme physiquement et mentalement.
Une start-list qui ressemble à une collision entre plusieurs mondes du trail
Ce qui rend cette édition encore plus intéressante, c’est le mélange de profils présents au départ.
François D’Haene représente l’école des grands champions capables de gagner vite sur des formats très exigeants. Sébastien Raichon incarne plutôt l’endurance exploratoire, la résistance absolue et la survie organisée. Martin Perrier, Nicolas Lehmann, Sangé Sherpa ou Victor Richard apportent encore d’autres approches du très long.
L’impression générale, c’est que cette Ultra Terrestre 2026 ressemble moins à une simple course qu’à une confrontation entre différentes visions de l’ultra-trail moderne.
Et quelque part, le simple fait qu’un homme puisse regarder une traversée de 224 km à La Réunion et dire qu’elle est “courte” résume déjà parfaitement le niveau d’extrémisme atteint aujourd’hui dans ce sport.
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