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🎧 Après l’annulation du Raid 100 km, des centaines de traileurs ont reçu une proposition inattendue : basculer sur le Grand Raid de 175 km. Une solution qui peut sembler généreuse, mais qui soulève une vraie question de sécurité.
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Mention éditoriale
Cet article est une analyse journalistique. Il ne remet pas en cause la décision d’annuler le 100 km, largement motivée par des raisons de sécurité, ni la liberté de chaque coureur de choisir son épreuve. Il s’interroge sur les conséquences potentielles du report de participants préparés pour un 100 km vers une course de 175 km, en s’appuyant sur les écarts de préparation, les avis d’entraîneurs et les spécificités de l’ultra-endurance.
L’annulation du Raid 100 km de l’Ultra Marin a bouleversé le week-end de près de 1 700 coureurs. Pour éviter que ces participants ne repartent bredouilles, l’organisation leur a proposé plusieurs solutions : se reporter sur le 56 km, le 70 km… ou le Grand Raid de 175 km.
C’est cette dernière possibilité qui interpelle.
Sur le moment, la proposition peut paraître séduisante. Après des mois de préparation, nombreux sont ceux qui préfèrent tenter une autre aventure plutôt que rentrer chez eux sans courir. Pourtant, entre un 100 km et un 175 km, l’écart est tel que certains spécialistes s’interrogent sur la pertinence d’un tel basculement à moins de deux jours du départ.
Le 175 km de l’Ultra Marin ne se gère pas du tout comme un 100 km
On comprend parfaitement la logique de l’organisation.
Face à une annulation imposée par la préfecture en raison de la canicule, il fallait proposer une alternative aux inscrits.
Le Grand Raid de 175 km, en revanche, ouvre une toute autre perspective.
Sur le papier, il ne s’agit que de 75 kilomètres supplémentaires.
Dans la réalité, c’est presque un autre sport.
Passer de 100 à 175 km ne consiste pas simplement à courir plus longtemps. Cela signifie gérer une deuxième nuit dehors, revoir complètement sa stratégie alimentaire, adapter son matériel, anticiper une fatigue beaucoup plus profonde et accepter que le temps d’effort puisse quasiment doubler.
Ce n’est pas un détail.
Un 175 km ne s’improvise pas
Les entraîneurs spécialisés en ultra-endurance le rappellent régulièrement : la préparation d’un 175 km n’est pas une simple version allongée d’un plan d’entraînement pour 100 km.
Le volume d’entraînement est souvent plus important. Les sorties longues sont différentes. La nutrition est travaillée sur une durée beaucoup plus importante. La gestion du sommeil, de la deuxième nuit et des périodes de très grande fatigue fait également partie de la préparation.
Un coureur prêt pour un 100 km est évidemment capable de courir longtemps.
Mais cela ne signifie pas automatiquement qu’il est prêt à encaisser trente heures d’effort, parfois davantage.
C’est précisément cette différence qui inquiète certains observateurs.
Le mental ne remplace pas la préparation
Dans les témoignages publiés ces dernières heures, plusieurs coureurs expliquent avoir décidé en quelques minutes de tenter finalement le Grand Raid.
Leur enthousiasme est compréhensible. Après six mois de préparation, difficile d’accepter de repartir sans dossard.
Mais en ultra-trail, le mental, aussi solide soit-il, ne remplace jamais complètement la préparation physique.
Lorsque la fatigue s’installe après vingt ou vingt-cinq heures de course, ce ne sont plus seulement la motivation ou l’envie qui font avancer. Ce sont les adaptations physiologiques construites pendant des mois d’entraînement.
C’est à ce moment-là que les écarts de préparation apparaissent souvent.
IL VA Y AVOIR DE LA CASSE
Personne ne peut évidemment prédire ce qui se passera sur cette édition.
Certains participants issus du 100 km termineront peut-être le Grand Raid avec succès. D’autres abandonneront, comme chaque année sur ce type d’épreuve.
En revanche, il paraît raisonnable de penser que le report de coureurs préparés pour une distance nettement inférieure pourrait augmenter le nombre de grosses défaillances physiques, de blessures liées à la fatigue ou d’abandons.
Ce n’est pas une critique des participants.
C’est simplement une conséquence logique du changement d’objectif à quelques heures du départ.
En résumé, l’organisation de l’Ultra Marin a probablement cherché la meilleure solution possible dans un contexte exceptionnel.
Beaucoup de coureurs saluent d’ailleurs la possibilité de pouvoir malgré tout prendre un départ ce week-end.
Mais cette situation ouvre aussi un débat plus large.
Lorsqu’une course est annulée à la dernière minute, faut-il proposer n’importe quelle distance de remplacement, y compris une épreuve presque deux fois plus longue ?
Ou aurait-il été préférable de limiter les reports aux formats les plus proches du 100 km ?
Il n’existe sans doute pas de réponse parfaite.
Une chose est certaine, en revanche : si les abandons et les grosses défaillances se multiplient sur le Grand Raid, cette décision sera inévitablement analysée après l’arrivée.
Source
- https://www.ouest-france.fr/sport/running/trail/ultra-marin-cest-une-difference-colossale-passer-du-100-au-175-km-defi-impossible-0413dbf0-6fc8-11f1-a6cc-3a2a661228b1
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