🎧 ClemQuiCourt va diffuser son Grand Raid de l’Ultra Marin en direct sur Twitch, mais ce n’est pas une première absolue : Casquette Verte l’avait déjà fait avec l’Ultra-Trail de Montmartre.
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Le créateur de contenu ClemQuiCourt va diffuser son Grand Raid de 175 km de l’Ultra Marin en direct sur Twitch.
Le Grand Raid de l’Ultra Marin ne se jouera pas seulement sur les sentiers du golfe du Morbihan. Cette année, une partie de l’événement se vivra aussi derrière un écran, sur Twitch.
Le créateur de contenu ClemQuiCourt a annoncé qu’il prendra le départ du 175 km vendredi soir à Vannes, tout en proposant une retransmission intégrale de sa course avec une équipe dédiée. L’annonce a forcément attiré l’attention, parce qu’elle mélange ultra-trail, culture internet, humour, production vidéo et suivi en temps réel.
Mais il faut tout de suite corriger une idée qui circule déjà : non, ce n’est pas une première absolue pour le trail français sur Twitch. Casquette Verte l’avait déjà fait avec l’Ultra-Trail de Montmartre, cette course complètement à part, non officielle, organisée dans les escaliers de la butte parisienne et diffusée en intégralité sur sa chaîne Twitch. La vraie nouveauté, avec ClemQuiCourt, se situe ailleurs : cette fois, il ne s’agit pas d’un événement “pirate” ou d’un format expérimental entre initiés, mais d’une immersion Twitch au cœur d’une grande course populaire, officielle et installée, avec 175 km autour du golfe du Morbihan.
ClemQuiCourt ne vient pas seulement courir l’Ultra Marin
ClemQuiCourt est devenu l’un des visages les plus identifiables du running sur les réseaux sociaux. Son style repose sur un mélange assez rare dans la course à pied française : de l’autodérision, un vrai sens de la mise en scène, une culture vidéo très marquée et une manière de parler de sport sans le sacraliser. Il ne se présente pas comme un élite, ni comme un donneur de leçons. Il met plutôt en scène le coureur amateur, les galères, les excès, les contradictions, les obsessions de préparation et les moments absurdes que beaucoup de pratiquants reconnaissent.
Pour l’Ultra Marin, il a annoncé la couleur avec son ton habituel : il a “raté son cutting”, mais il court quand même.
Derrière la blague, il y a pourtant un vrai projet média. ClemQuiCourt ne se contente pas de prendre un dossard sur le Grand Raid. Il vient avec une équipe, des cadreurs, des intervenants, des créateurs de contenu et l’ambition de faire vivre les 175 km en direct sur Twitch.
C’est là que l’annonce devient intéressante. Dans le trail, même si Patrick Montel a contribue à mettre les anonymes à l’honneur, on a surtout l’habitude de suivre les élites à travers des points de passage, des images officielles, des stories Instagram et parfois des lives très propres produits par les organisations. Mais suivre un coureur de l’intérieur, sur la durée, avec les codes de Twitch, c’est autre chose. On ne regarde plus seulement une course. On regarde quelqu’un traverser sa course.
L’Ultra Marin, un 175 km très roulant mais loin d’être facile
Le Grand Raid de l’Ultra Marin est l’épreuve reine du week-end morbihannais. Le départ est prévu vendredi à 19 h depuis le port de Vannes, pour une grande boucle de 175 km autour du golfe du Morbihan. Sur le papier, le profil peut sembler presque doux par rapport aux monstres alpins : environ 1 220 m de dénivelé positif, des portions côtières, des chemins roulants, une altitude inexistante et aucun col interminable.
Mais ce serait une erreur de réduire l’Ultra Marin à une longue balade bretonne. Sur 175 km, le piège n’est pas seulement dans le dénivelé. Il est dans la répétition, la nuit, l’humidité, les changements de rythme, les portions qui cassent les jambes, les ravitaillements, la gestion du sommeil et la capacité à continuer de courir quand le cerveau commence à réclamer autre chose. C’est une course où il faut avancer longtemps, souvent courir beaucoup, et garder assez de lucidité pour ne pas exploser sur un parcours qui peut donner l’illusion d’être facile.
Pour ClemQuiCourt, le défi sera donc double. Il faudra terminer un ultra de 175 km, mais aussi assumer une présence médiatique permanente. Courir avec une caméra autour de soi, interagir avec une équipe, penser au direct, accepter d’être regardé dans les bons comme dans les mauvais moments : ce n’est pas neutre. Sur Twitch, le public ne voit pas seulement le résultat. Il voit l’usure.
Casquette Verte avait déjà ouvert la voie sur Twitch
Dire que ClemQuiCourt invente le trail sur Twitch serait donc faux. Casquette Verte avait déjà installé ce pont entre ultra-trail, spectacle en direct et communauté numérique avec l’Ultra-Trail de Montmartre.
L’UTMM n’est pas une course comme les autres. Elle n’est pas référencée comme une épreuve classique du calendrier. Elle repose sur un concept volontairement décalé : enchaîner les allers-retours dans les escaliers de Montmartre, avec une poignée de participants, un esprit “pirate”, des règles internes, de l’humour, une part de provocation et une forte dimension communautaire. Lors de l’édition 2024, l’épreuve devait réunir 20 participants, avec un objectif fou : 271 allers-retours, environ 80 km et plus de 11 000 m de dénivelé positif dans les marches menant vers le Sacré-Cœur.
Casquette Verte avait déjà compris une chose essentielle : Twitch n’est pas seulement une plateforme de diffusion. C’est un lieu où l’on suit une aventure en temps réel, avec ses temps faibles, ses blagues, ses silences, ses commentaires, ses imprévus et sa communauté. Dans le sport classique, on coupe souvent les temps morts. Sur Twitch, les temps morts font partie du spectacle. Et c’est précisément ce qui colle très bien à l’ultra-trail, discipline où il ne se passe parfois rien pendant longtemps, avant que tout bascule d’un coup.
Avec l’UTMM, Casquette Verte avait donc déjà montré qu’un événement de trail pouvait se regarder autrement. Pas seulement comme une compétition, mais comme un feuilleton collectif. Un truc étrange, long, absurde, physique, drôle et parfois très dur.
La différence, c’est que ClemQuiCourt le fait sur une vraie grande course officielle avec une équipe de 8 personnes
La nuance importante est là. Casquette Verte l’a fait avant, mais dans un cadre très particulier : l’Ultra-Trail de Montmartre, événement atypique, presque performatif, volontairement à part. ClemQuiCourt, lui, arrive sur l’Ultra Marin, une course officielle, populaire, structurée, avec plusieurs épreuves, des milliers de coureurs, un suivi LiveTrail, un direct officiel sur les réseaux sociaux et YouTube, et une couverture média assurée notamment par Ouest-France.
Ce changement de cadre change tout.
Sur l’UTMM, Twitch était presque dans l’ADN de l’événement. Le côté pirate, communautaire, absurde et très internet se prêtait naturellement à ce format. Sur l’Ultra Marin, l’exercice est différent. Il faut s’insérer dans une course déjà organisée, avec ses règles, ses coureurs, ses bénévoles, ses contraintes, ses horaires, ses zones de ravitaillement, ses enjeux de sécurité et son dispositif officiel.
C’est pour cela que le live de ClemQuiCourt peut être intéressant. Il ne remplace pas le direct officiel. Il ne remplace pas LiveTrail. Il ne remplace pas le suivi de l’organisation. Il vient en complément, avec un autre regard : celui d’un coureur populaire, suivi par une communauté, qui va vivre la course de l’intérieur.
Le direct officiel racontera l’événement. Le live de ClemQuiCourt racontera une traversée personnelle dans l’événement.
L’emballement autour du live de ClemQuiCourt est logique. Il est suivi, il sait raconter, il sait produire, et l’Ultra Marin offre un décor idéal pour un grand feuilleton de course à pied. Mais il serait injuste d’en faire une première absolue sans rappeler le précédent Casquette Verte.
Dans le trail français, Casquette Verte a déjà expérimenté cette hybridation entre course, spectacle, communauté et Twitch. Il l’a fait avec son univers, ses codes et son événement à part. ClemQuiCourt s’inscrit donc moins dans une rupture que dans une continuité. Il reprend une intuition déjà testée : le trail peut se suivre comme une aventure en direct, pas seulement comme un classement.
La différence, encore une fois, tient à l’échelle et au cadre. L’UTMM relevait presque de la performance urbaine underground. L’Ultra Marin est une grande épreuve officielle du calendrier. Ce que ClemQuiCourt va tenter, c’est donc peut-être moins “le premier live trail” que le passage d’un format communautaire à une course populaire grand public.
Et c’est probablement là que se trouve la vraie information.
En résumé, le trail entre dans l’ère du spectacle embarqué
Ce qui se joue derrière cette annonce dépasse le simple cas ClemQuiCourt. Le trail est en train de changer de grammaire médiatique. Pendant longtemps, une course se racontait après coup : un compte rendu, quelques photos, une vidéo montée, une interview d’arrivée, un classement. Puis sont arrivés les trackers, les stories Instagram, les lives officiels, les drones, les formats YouTube. Désormais, avec Twitch, on peut suivre la course comme une expérience continue.
Cela change la relation entre le coureur et le public. On ne consomme plus uniquement une performance. On suit une fatigue, une humeur, une dérive, une gestion de crise. On voit les creux. On voit les ravitos. On voit les moments où le coureur doute, où il rigole, où il se tait, où il marche, où il repart. Pour une discipline comme l’ultra, c’est presque logique. Le vrai sujet d’un 175 km, ce n’est pas seulement de savoir qui gagne. C’est de comprendre comment un corps et une tête tiennent aussi longtemps.
C’est aussi ce qui peut rendre le format risqué. Un live intégral, par définition, ne maîtrise pas tout. Il peut y avoir des moments plats, des problèmes techniques, des passages moins lisibles, des discussions qui débordent, des imprévus, des coups de fatigue ou des scènes qui ne ressemblent pas à une vidéo YouTube bien montée. Mais c’est précisément cette part d’incertitude qui donne sa force au direct.
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