Tom Evans a battu Tom Pidcock dans une course de 7 km avec 10 000 d+ 7 km – environ 1 000 m D+ au Pays de Galles
Le principe du défi est extrêmement simple : les deux Britanniques partent vers le même sommet et doivent rejoindre l’arrivée par leurs propres moyens.
Tom Evans court.
Tom Pidcock utilise son VTT.
Le défi se déroule au Pays de Galles, sur les pentes d’Yr Wyddfa (Snowdon), le plus haut sommet du pays. Au programme : environ 7 kilomètres de montée pour près de 1 000 mètres de dénivelé positif.
Un terrain qui change complètement le rapport de force. Tant que le sentier reste roulant, Tom Pidcock peut profiter de son VTT. Mais dès que la pente se durcit et que les pierres s’en mêlent, le vélo devient beaucoup moins efficace. C’est là que Tom Evans commence à reprendre l’avantage.
Sur les passages raides et rocheux, le vélo était un handicap
Un VTT reste extrêmement efficace tant que son pilote peut pédaler et conserver suffisamment d’adhérence.
Lorsque le sentier devient très pentu, irrégulier, glissant ou encombré de pierres, la vitesse chute brutalement. Un vététiste peut alors être obligé de ralentir fortement, de choisir précisément ses trajectoires, voire de pousser ou porter sa machine.
Le coureur à pied rencontre lui aussi la pente, mais conserve une liberté de mouvement que le vélo n’a plus.
C’est précisément ce qui rend ce duel intéressant.
Dans les réactions publiées sous la vidéo, plusieurs spectateurs soulignent d’ailleurs le caractère particulièrement raide et rocheux de la partie supérieure, difficile à négocier à VTT.
Le défi ne démontre donc évidemment pas qu’un traileur est « plus rapide qu’un cycliste ». Il montre quelque chose de beaucoup plus intéressant pour les pratiquants de montagne : il existe une pente et un niveau de technicité à partir desquels courir peut redevenir plus efficace que rouler.
Tom Evans finit par battre Tom Pidcock
À mesure que le sommet se rapproche, l’avantage bascule finalement du côté du traileur.
Tom Evans atteint le sommet avant Tom Pidcock.
La scène est d’autant plus impressionnante que le Britannique donne visuellement l’impression de maîtriser totalement son effort. Des internautes se sont notamment étonnés de le voir encore discuter pendant l’ascension.
Un chiffre repéré dans la vidéo a également fait réagir : 145 battements par minute apparaissent pendant une portion particulièrement raide, ce qui a immédiatement suscité des commentaires sur les réseaux sociaux.
À prendre toutefois pour ce qu’il est : une donnée affichée dans le contenu, pas un test physiologique standardisé permettant de comparer précisément les deux athlètes.
Tom Evans n’est évidemment pas un traileur comme les autres
Le résultat paraît déjà moins surprenant lorsqu’on regarde qui est Tom Evans. Le Britannique a remporté l’UTMB en 2025 en 19 h 18 min 58 s, devant tout le plateau masculin. Il avait déjà gagné la CCC en 2018 et la Western States 100 en 2023.
En 2025, il a également remporté la Tenerife Bluetrail 110K et l’Arc of Attrition 80 km, tout en prenant la troisième place de la Montée du Nid d’Aigle. En avril 2026, il s’est encore imposé sur la Three Peaks Race, 39 km et 1 596 m de dénivelé positif, en 3 h 02 min 17 s.
Autrement dit, Red Bull n’a pas opposé Tom Pidcock à un bon coureur de montagne : il l’a opposé au vainqueur de l’UTMB 2025, l’un des meilleurs traileurs de la planète.
Et Tom Pidcock n’est pas simplement un cycliste sur route
Le choix de Tom Pidcock rend justement la comparaison beaucoup plus crédible.
Le Britannique possède probablement l’un des profils les plus polyvalents du cyclisme actuel. Il est capable de performer sur route, en cyclo-cross et surtout en VTT cross-country.
Il a remporté le titre olympique de VTT à Tokyo puis conservé sa couronne à Paris en 2024. Il est également devenu champion du monde de cross-country en 2023.
S’il existe un cycliste capable d’emmener un vélo très vite sur un sentier de montagne, Pidcock fait donc clairement partie des meilleurs candidats possibles.
Et pourtant, sur cette montée précise, le terrain finit par favoriser Evans.
Ce duel montre surtout à quel point la pente change tout en trail
Pour un traileur amateur, c’est probablement le principal enseignement de cette vidéo.
Sur une piste large avec une pente régulière, impossible de rivaliser avec un bon VTT.
Mais lorsque le pourcentage augmente et que le terrain devient cassant, la vitesse du vélo peut s’effondrer. Le rapport poids-puissance ne suffit plus : il faut conserver la motricité, franchir les obstacles et trouver une ligne permettant de continuer à pédaler.
Le coureur possède alors un énorme avantage : il n’a aucun matériel de plusieurs kilos à faire passer dans les passages techniques.
C’est exactement la raison pour laquelle les meilleurs traileurs peuvent conserver une vitesse étonnante dans des montées où un vététiste finit presque à la vitesse d’un marcheur.
Il manque quand même la deuxième manche : la descente
Et les internautes l’ont immédiatement remarqué.
De très nombreux commentaires réclament la revanche avec une arrivée au point de départ : montée puis descente. Certains proposent même tout simplement de refaire le duel uniquement dans le sens descendant.
Parce que là, l’équilibre pourrait être complètement différent.
Sur une descente suffisamment roulante et praticable à VTT, Tom Pidcock pourrait profiter des qualités qui l’ont conduit à deux titres olympiques : lecture du terrain, freinage, trajectoires, relances et capacité à laisser filer le vélo à très haute vitesse.
Le duel Red Bull a donc surtout répondu à une question :
sur une montée de montagne suffisamment raide et technique, un immense traileur peut battre un immense vététiste.
Pour savoir lequel des deux est réellement le plus rapide sur la montagne entière, il faudrait maintenant les faire redescendre.
Source
ss
Méta description