Casquette Verte : génie du récit ou disque rayé du trail ?
On l’aime bien Casquette Verte (ou on le déteste d’ailleurs), mais ce n’est pas par hasard. Alexandre Boucheix a su construire son parcours de coureur autant que son personnage. En bon communiquant, il ne manque ni de savoir-faire, ni de formules qui font mouche. Sauf qu’à force d’entendre TOUJOURS les mêmes éléments de langage, on se demande si le disque n’est pas en train de se rayer. Et nous, de nous lasser.
C’est en tout cas ce qui ressort de sa participation au podcast The Elevate House, dont l’épisode avec Casquette Verte a été publié hier lundi 20 avril.
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Les mêmes idées de Casquette Verte, encore et encore
Il faut bien le dire de façon directe, Casquette Verte appuie son récit sur des bases qu’il recycle dans la plupart de ses interventions en podcast ou dans le livre qu’il a publié au printemps 2025.
Chez Casquette Verte, on parle de la souffrance qui fait progresser et que l’on maîtrise, on dit que le dépassement de soi est une expression trop prétentieuse, que le corps doit s’adapter. On adore aussi cette idée que tout le monde peut faire de l’ultra.
On retrouve aussi cette idée qu’il n’a pas sacrifié sa vie personnelle pour son sport, en ayant conservé un travail à temps plein, et en ayant construit une famille.
Evidement, ce sont des piliers de lui comme de son personnage, et bien sûr ce sont des sujets que l’on retrouve aussi chez les autres traileurs médiatiques. Et après tout, on ne lui demande surtout pas de se renier à chaque nouvelle invitation dans un podcast.
Mais, parce que justement Casquette Verte est populaire, on le voit souvent et partout. Or, il fait plus qu’avoir une ligne claire, il donne parfois le sentiment de se répéter, parfois presque mot pour mot..
Pourquoi sa répétition fonctionne encore ?
Son personnage de Casquette Verte sait raconter avec un certain talent non pas seulement ses ultras mais aussi ses performances. Surtout, il sait raconter sa vision du monde, sa façon de vivre le sport à haute intensité, sa mythologie personnelle. Tous les coureurs créateurs de contenu doivent être un peu égocentriques et il n’échappe pas à la règle.
Et c’est justement cette capacité à répéter qui fait une partie de son succès. Elle n’est pas là pour flatter son égo, mais parce que c’est comme ça que fonctionne un slogan : par la répétition. En martelant plutôt qu’en surprenant à chaque intervention, il entre plus facilement dans la mémoire des gens, on l’identifie aussi vite que l’on reconnaît sa casquette.
Il a compris que dans le trail d’aujourd’hui, on ne gagne pas seulement sur chrono, mais aussi sur storytelling. Et dans le fond, ils ne sont pas si nombreux à maîtriser aussi bien les deux aspects.
Casquette Verte est un anti-conformiste très conformiste
Il reproche souvent aux créateurs de contenu autour de la course à pied de se copier les uns les autres, de ne pas montrer plus d’originalité. On peut lui reprocher alors d’être tombé dans le même piège, à savoir faire du Casquette Verte presque à chaque intervention longue.
Combien de fois avez-vous entendu de la part de Casquette Verte le mot de “punk” pour décrire son attitude différente des autres coureurs de son niveau ? Sûrement un peu trop souvent.
On peut néanmoins s’interroger sur la cohérence de cette posture revendiquée
Le personnage semble parfois prendre le pas sur la spontanéité
A moins que cela ne soit l’inverse. Il tourne un peu en rond. On lui reproche facilement d’avoir le melon vert, plutôt que la casquette verte. Le fait qu’il en soit à sa 9e casquette depuis qu’il court est le seul point que j’ai appris à l’écoute de ce podcast !
L’excuse du podcast
Dans le cas de son intervention sur The Elevate House, il faut relativiser l’approche faite ici sur la capacité à répéter toujours les mêmes punchlines. Le public du podcast n’était pas spécialement orienté trail. Une bonne partie des auditeurs n’ont sûrement jamais entendu tout le narratif habituel de Boucheix.
Mais pour les autres, ceux qui le suivent et qui donc iront aussi l’écouter, l’originalité n’aura pas été le premier adjectif en tête à l’écoute de ce podcast. Le présentateur n’y est pour rien, c’est surtout la propension de Casquette Verte à se répéter qui est ici en cause. Et puis, l’un comme l’autre le savent, une interview YouTube a toujours plus d’audience, de réactions, de commentaires, de partages et de découpages en clip quand elle est percutante, avec des punchlines bien senties plutôt que lorsqu’elle fait dans la nuance.
Elle reste tout de même un peu paradoxale cette capacité à se répéter quand on dit aussi souvent que l’on aime casser les codes !
En résumé, sa signature nous fatigue
Casquette Verte dit ceci à l’une des questions qu’on lui pose : Pour rester moi-même, je suis sorti du principe standard qui est de dire que puisque je suis suivi, je me standardise pour plaire à tous (3m40). Sauf que, justement, il s’est standardisé dans son discours, dans ses anecdotes, dans ses punchlines.
C’est un élément indispensable à sa visibilité et à la pérennité de son personnage. Mais c’est aussi ce qui provoque cette irritation, parce qu’il ne sait pas quitter son confort d’une seule virgule. Et il prend vraisemblablement le risque, d’autant qu’il est moins visible pour l’instant en raison de sa blessure à la cheville, que l’on finisse par se détourner de lui.
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Cet article relève d’une analyse éditoriale basée sur des contenus publics (podcast, interventions médiatiques). Il ne constitue ni une mise en cause personnelle ni une affirmation factuelle sur les intentions de l’intéressé.






