🎧 Selon Quentin du site Reference Trail & co, Mathieu Blanchard a un moteur exceptionnel.
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Mathieu Blanchard : pourquoi sa VO2 max n’explique pas tout
On parle souvent de la VO2 max comme du chiffre magique qui permettrait de prédire les performances d’un coureur. Pourtant, lorsqu’on regarde le parcours de Mathieu Blanchard, cette vision apparaît bien trop simpliste. Son moteur physiologique est exceptionnel, mais ce n’est probablement pas ce qui explique le mieux ses résultats en ultra-trail.
Une VO2 max digne des meilleurs sportifs d’endurance
La VO2 max correspond à la quantité maximale d’oxygène que l’organisme peut utiliser pendant un effort intense. Plus cette valeur est élevée, plus le potentiel aérobie est important.
Chez un adulte peu entraîné, elle se situe généralement entre trente-cinq et quarante-cinq millilitres d’oxygène par kilogramme et par minute. Chez les coureurs amateurs les plus performants, elle dépasse souvent soixante.
Mathieu Blanchard évolue dans une autre dimension.
Même s’il n’a jamais publié officiellement le résultat d’un test en laboratoire, plusieurs éléments permettent d’estimer sa VO2 max autour de 80 millilitres par kilogramme et par minute. Une valeur qui le place parmi l’élite mondiale de l’endurance.
Pour donner un ordre d’idée, un tel niveau permettrait théoriquement de viser des performances très élevées sur marathon avec une préparation spécifique.
Pourtant, il existe des coureurs avec une VO2 max encore plus élevée
À première vue, quatre-vingts paraît déjà énorme.
Mais dans le très haut niveau, certains athlètes affichent des valeurs encore supérieures. C’est notamment le cas de Kilian Jornet, dont la VO2 max a été mesurée à des niveaux souvent cités entre 88 et 92.
Sur le papier, l’écart est considérable.
Pourtant, lorsque les deux hommes se retrouvent sur les sentiers de l’UTMB ou sur d’autres grandes épreuves, la différence ne se traduit pas automatiquement par des heures d’écart à l’arrivée.
C’est là que l’ultra-trail devient fascinant.
Parce qu’en ultra-trail, le meilleur moteur ne gagne pas toujours
Une course de vingt heures n’est pas un test physiologique réalisé dans un laboratoire.
Les descentes techniques, la fatigue, le manque de sommeil, la nutrition, les changements de température et les imprévus transforment complètement l’équation.
Ce qui compte n’est plus seulement la taille du moteur.
Ce qui compte est la capacité à utiliser ce moteur pendant des dizaines d’heures sans s’effondrer.
De nombreux spécialistes considèrent aujourd’hui que l’économie de course, la résistance musculaire et la gestion de l’effort jouent un rôle au moins aussi important que la VO2 max sur les ultras.
Mathieu Blanchard s’est construit bien au-delà de la physiologie
L’une des particularités de Mathieu Blanchard est qu’il n’est pas arrivé au trail par le chemin classique.
Avant de devenir l’un des meilleurs ultra-traileurs de la planète, il a travaillé comme ingénieur, pratiqué la plongée professionnelle et construit progressivement son expérience sur le terrain.
Au fil des années, il a développé une lecture très fine des parcours, une capacité à gérer les situations difficiles et une grande efficacité dans les descentes techniques.
Ces qualités ne figurent dans aucun test physiologique.
Pourtant, elles permettent souvent de gagner davantage de temps que quelques points de VO2 max supplémentaires.
L’expérience devient un avantage avec l’âge
La VO2 max atteint généralement son maximum entre vingt-cinq et trente ans avant de diminuer progressivement.
Cette réalité biologique concerne tous les athlètes.
Mais chez les ultra-traileurs expérimentés, la baisse est souvent compensée par une meilleure gestion de course.
Les années apportent une connaissance plus fine de l’alimentation, du rythme à adopter, de la récupération et de la manière de réagir face aux coups durs.
C’est précisément dans ce domaine que Mathieu Blanchard semble encore progresser.
Ses grandes aventures polaires, ses courses de plusieurs jours et son expérience accumulée sur les plus grandes épreuves du monde lui permettent aujourd’hui d’exploiter son potentiel avec une efficacité remarquable.
En rĂ©sumĂ©, c’est une vraie leçon pour les traileurs
L’histoire de Mathieu Blanchard rappelle une réalité souvent oubliée par les amateurs.
La VO2 max est un indicateur utile, mais elle ne résume pas un coureur.
Deux athlètes possédant exactement la même valeur peuvent obtenir des résultats radicalement différents.
La technique, l’entraînement, la stratégie, la nutrition et l’expérience restent déterminants.
Autrement dit, même sans disposer d’une VO2 max de champion, un traileur peut continuer à progresser pendant de nombreuses années.
Et c’est probablement ce qui rend l’ultra-trail aussi passionnant : le plus gros moteur n’est pas toujours celui qui franchit la ligne d’arrivée en premier.
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