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🎧 À seulement 13 ans, l’Équatorienne Péma Franchi s’impose déjà sur des trails face à des adultes et accumule les résultats qui la placent bien au-delà de sa catégorie d’âge.
Entre août et septembre 2026, elle a remporté quatre courses en Suisse, dont la Vouvry–Taney, le 10 km de la Wildstrubel by UTMB, l’Ovronnaz–Rambert et les KM de Chando. Son niveau est désormais tel que son âge constitue presque son principal obstacle : dès 11 ans, une première dérogation avait dû être accordée pour lui permettre de courir aux États-Unis, tandis qu’une autre demande a ensuite été formulée afin qu’elle puisse participer à une finale du Golden Trail World Series.
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À 11 ans, Péma Franchi devait déjà contourner la limite d’âge
Le phénomène n’est pas récent. Deux ans plus tôt, alors qu’elle n’avait que 11 ans, Péma Franchi souhaitait prendre le départ du Mammoth Ascent, en Californie, une course dont le règlement imposait pourtant un âge minimum de 15 ans. Les organisateurs avaient finalement accepté de faire une exception et de lui accorder une dérogation, avec un résultat qui avait immédiatement donné la mesure de son potentiel : elle avait terminé troisième.
Ce podium avait déjà révélé le décalage entre son âge administratif et son niveau sportif. Trop jeune pour être normalement admise au départ, elle possédait pourtant déjà les capacités nécessaires pour rivaliser avec des concurrentes bien plus âgées. Deux ans plus tard, ce paradoxe s’est encore accentué.
En 2026, elle enchaîne quatre victoires en Suisse
Entre août et septembre 2026, Péma Franchi a ainsi remporté quatre courses de montagne en Suisse, sur des formats courts mais particulièrement exigeants. Elle s’est d’abord imposée sur la Vouvry–Taney, longue de 8,4 km pour environ 1 100 mètres de dénivelé positif, avant de gagner le 10 km de la Wildstrubel by UTMB, puis l’Ovronnaz–Rambert, avec ses 8,4 km et 1 340 mètres de D+, et enfin les KM de Chando, une montée de seulement 4 km mais concentrant 1 000 mètres de dénivelé positif.
Ces distances restent raisonnables en termes de kilométrage, mais elles n’ont rien d’anodin sur le plan de l’intensité. Avec de telles pentes, la difficulté se rapproche davantage d’un effort de montagne très soutenu que d’une simple course pour jeunes, et c’est précisément ce qui rend ses performances aussi spectaculaires à 13 ans.
Une nouvelle dérogation demandée pour le Golden Trail World Series
Son niveau avait déjà attiré l’attention du Golden Trail World Series. Après avoir accumulé suffisamment de points pour prétendre à une place en finale, la jeune Équatorienne s’est heurtée une nouvelle fois au même problème : son âge ne lui permettait pas de participer officiellement.
Greg Vollet, directeur du circuit, avait alors demandé une dérogation afin qu’elle puisse prendre le départ, mais celle-ci n’avait pas été accordée. Péma avait malgré tout été autorisée à courir hors classement sur certaines épreuves, ce qui avait permis de mesurer concrètement son niveau face aux meilleures.
Sur le prologue, son chrono lui aurait permis de se situer au milieu du classement féminin, tandis que sur la finale de 21 km, elle aurait également obtenu une place très honorable face à des athlètes adultes expérimentées. À cet âge, la comparaison est forcément délicate, mais elle montre surtout que son talent n’est plus simplement prometteur : il est déjà mesurable au niveau international.
Elle rivalise déjà avec des femmes deux ou trois fois plus âgées
D’autres résultats avaient d’ailleurs confirmé cette tendance. Lors du Mammoth Trail Fest, Péma Franchi avait notamment pris la deuxième place du Dragon’s Back Ascent, une montée courte mais extrêmement exigeante, avec une arrivée à plus de 3 000 mètres d’altitude. Quelques jours plus tard, elle s’était encore illustrée sur une distance plus longue, en terminant parmi les meilleures femmes d’une course dominée par des concurrentes adultes.
À chaque fois, la même question revient : jusqu’où peut aller une athlète de 13 ans lorsqu’elle possède déjà les qualités physiques et techniques pour suivre des coureuses bien plus âgées ?
Un talent né dans les Andes
Péma Franchi est née en Équateur, dans une famille aux origines franco-suisses et brésiliennes. Elle a ensuite vécu dans plusieurs pays, notamment en France et en Inde, avant de revenir en Équateur, où sa famille s’est installée dans une ferme au cœur des Andes.
Avant de découvrir le trail, elle pratiquait déjà la natation en eau libre en compétition. C’est finalement en 2023, en suivant son grand frère Noam, de neuf ans son aîné, qu’elle s’est mise à courir en montagne. Le déclic a été immédiat, au point de transformer rapidement une découverte familiale en véritable passion.
Elle explique aujourd’hui aimer avant tout la liberté ressentie en montagne, le contact avec la nature et l’exigence de l’effort. Chez elle, le trail ne semble donc pas seulement associé à la compétition, mais aussi à un environnement qu’elle connaît et dans lequel elle se sent naturellement à l’aise.
Jusqu’où faut-il laisser courir une adolescente aussi forte ?
C’est ici que son histoire devient réellement intéressante. Sportivement, Péma Franchi possède déjà le niveau pour prendre part à des courses internationales face aux adultes. Administrativement, son âge lui ferme encore l’accès à certaines épreuves, et ces restrictions ne sont pas forcément absurdes.
À 13 ans, le corps est encore en pleine croissance, et les questions de récupération, de charge d’entraînement, de développement osseux et musculaire ou encore de pression mentale ne peuvent pas être abordées comme chez une athlète adulte. Le fait d’être capable de courir vite et longtemps ne signifie pas nécessairement qu’il faut accélérer toutes les étapes.
Greg Vollet lui-même a d’ailleurs expliqué avoir confiance dans les capacités de la jeune Équatorienne tout en continuant à recommander des distances courtes et une progression prudente. C’est probablement là que se situe l’équilibre le plus délicat : accompagner un talent exceptionnel sans transformer trop tôt une adolescente en athlète professionnelle.
En résumé, à 13 ans, Péma Franchi rivalise déjà les meilleures traileuses du monde
Plusieurs traileuses de haut niveau qui l’ont vue courir parlent déjà d’un talent hors norme. Certaines la décrivent comme une véritable prodige, tout en rappelant que l’adolescence reste une période de profondes transformations physiques et psychologiques.
Péma Franchi, de son côté, ne cache pas son ambition. Elle veut continuer à progresser et rêve, un jour, de se mesurer aux meilleures traileuses du monde.
À 13 ans, sa carrière ne fait évidemment que commencer. Mais son cas raconte déjà quelque chose de très rare dans le trail : elle est parfois trop jeune pour avoir le droit de prendre le départ, alors que son niveau lui permet déjà de rivaliser avec celles qui y sont autorisées.
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