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🎥 Le 4 septembre 2026, Lelio Massimo di Roccasecca, âgé de 9 ans, atteint le sommet du Mont-Blanc à 4 807 mètres d’altitude avec son père Valerio.
Vidéo originale uTrail, réalisée et présentée par Axelle Anne (lien pour me contacter dans ma bio en bas de l’article).
Sa famille présente cette ascension comme un record mondial de précocité : le jeune Italien serait devenu le plus jeune alpiniste à atteindre le sommet par ses propres moyens. L’ascension a été confirmée par le gardien du refuge du Goûter.
Derrière le record, la performance attire aussi l’attention par l’âge de l’enfant. À Saint-Gervais, commune située sur la voie normale française du Mont-Blanc, l’ascension est recommandée à partir de 16 ans pour un adolescent suffisamment entraîné et motivé.
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Une ascension préparée progressivement par son père
Lelio n’a pas découvert la haute montagne à l’occasion de cette tentative.
Son père, Valerio Massimo di Roccasecca, possède lui-même une importante expérience de l’alpinisme. Il a notamment gravi l’Everest et le K2 et connaît le Mont-Blanc depuis son adolescence. Pour préparer son fils, il a choisi une acclimatation progressive avec plusieurs nuits passées en altitude avant l’ascension.
L’enfant pratique également la montagne depuis plusieurs années. À trois ans, il effectue déjà une première randonnée dans les Apennins. D’autres sorties suivent ensuite dans les Dolomites et en Suisse.
Selon les informations publiées autour de son ascension, la préparation s’est étalée sur plusieurs mois. Lelio a notamment gravi le Bishorn, sommet suisse de 4 153 mètres, à l’âge de huit ans. Le père explique avoir construit progressivement son expérience et son acclimatation.
Pendant l’ascension du Mont-Blanc, Valerio utilise également un oxymètre de pouls afin de surveiller la saturation en oxygène de son fils. L’objectif consiste à détecter rapidement un éventuel problème lié à l’altitude.
La tentative s’inscrit donc dans une préparation organisée, avec un enfant déjà habitué à la montagne et accompagné par un père expérimenté.
La publication du record déclenche de nombreuses critiques
Le débat commence surtout lorsque Valerio publie la performance de son fils sur les réseaux sociaux.
À côté des félicitations, de nombreux commentaires mettent directement en cause le choix des parents. Certains considèrent qu’une ascension du Mont-Blanc représente un niveau de risque trop important pour un enfant de neuf ans. D’autres accusent les parents de rechercher un record et une exposition médiatique à travers les performances de leur fils.
Une autre question revient régulièrement : l’enfant souhaite-t-il réellement poursuivre ce type d’objectif ou répond-il au projet sportif de ses parents ?
Le père affirme pour sa part qu’il n’a jamais forcé Lelio à pratiquer l’alpinisme. Il présente cette progression comme une passion partagée et une transmission familiale de la montagne.
Les critiques portent donc moins sur la réalité de la performance que sur la frontière entre accompagnement parental, transmission d’une passion et recherche d’un exploit particulièrement précoce.
Les critiques sont-elles justifiées ?
La question mérite davantage de nuances qu’un simple débat entre parents « responsables » et parents « irresponsables ».
D’un côté, plusieurs éléments montrent que l’ascension n’a pas été improvisée.
Lelio possède déjà une expérience importante de la montagne pour son âge, son père connaît la haute altitude, l’acclimatation a été préparée et sa saturation en oxygène a été surveillée.
De l’autre, neuf ans reste très éloigné des recommandations utilisées localement pour l’ascension du Mont-Blanc.
Le site officiel de Saint-Gervais indique que les activités de haute altitude sont déconseillées aux moins de 15 ans et précise que l’ascension du Mont-Blanc peut être envisagée à partir de 16 ans pour un adolescent suffisamment entraîné et motivé.
Les recommandations médicales de l’Union internationale des associations d’alpinisme apportent toutefois une nuance importante. L’UIAA indique que les données scientifiques concernant les enfants en altitude restent limitées et qu’à partir d’environ huit ans, les symptômes liés à l’altitude sont généralement considérés comme proches de ceux observés chez l’adulte. L’organisation insiste surtout sur l’acclimatation, la capacité de l’enfant à exprimer ses symptômes et la nécessité d’adapter le projet à ses capacités réelles.
Autrement dit, l’âge seul ne permet pas d’évaluer tout le risque, mais il constitue un facteur suffisamment important pour expliquer les réserves exprimées autour d’une ascension du Mont-Blanc à neuf ans.
Le débat sur les enfants et les records devient récurrent
Cette polémique dépasse largement le cas de Lelio.
Dans les sports de montagne et d’endurance, les performances réalisées par des enfants très jeunes sont régulièrement présentées sous la forme de records : plus jeune à atteindre un sommet, plus jeune à terminer une traversée ou plus jeune à réaliser une longue distance.
Les réseaux sociaux donnent ensuite une visibilité considérable à ces exploits, avec une particularité : l’âge de l’enfant devient souvent l’élément principal de la performance.
Le cas du Mont-Blanc intervient ainsi quelques jours après un autre débat autour de très jeunes pratiquantes sur le GR20. Dans les deux situations, la question dépasse les capacités physiques des enfants concernés.
Elle porte sur le rôle des adultes qui organisent, encadrent puis médiatisent ces performances.
La commission médicale de l’UIAA invite d’ailleurs explicitement les adultes qui emmènent des enfants en altitude à se poser une question avant le départ : le projet correspond-il réellement au désir de l’enfant ou répond-il aussi aux ambitions de l’adulte ?
C’est probablement là que se situe le cœur du débat.
En résumé, Lelio a réussi son ascension du Mont-Blanc dans le cadre d’une préparation structurée et avec un père expérimenté.
Son record rappelle pourtant que lorsqu’un enfant de neuf ans devient le plus jeune à réaliser un exploit de haute montagne, la performance sportive finit presque toujours par poser une autre question : jusqu’où les parents doivent-ils accompagner leurs enfants dans la recherche de records ?
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