À chaque édition du Marathon de Paris, le même phénomène revient.
Les réseaux sociaux se remplissent de récits, de chronos, de photos de médailles… et d’un discours bien particulier. Celui des coureurs qui minimisent leur performance, tout en laissant entendre qu’elle n’ est pas exceptionnelle. Une forme de modestie affichée, mais rarement sincère. Un jeu social qui en dit long sur notre rapport à la course à pied, et surtout sur la manière dont le marathon est perçu aujourd’hui.
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Une modestie après le marathon de Paris qui sonne faux
Dire “ce n’est pas ouf” après avoir couru un marathon en 4h30 (exemple) n’est pas anodin. Derrière cette phrase, il y a souvent une contradiction. Le coureur connaît la difficulté de l’épreuve, il sait ce que représente cette distance, mais choisit malgré tout de dévaloriser son propre effort.
Dans les faits, un marathon reste une performance exigeante. Même avec une préparation imparfaite, même avec des blessures, même avec de la fatigue, franchir la ligne d’arrivée demande un engagement physique et mental réel. Pourtant, sur les réseaux, cette réalité est parfois écrasée par une forme de relativisme permanent.
L’effet des réseaux sociaux sur la perception du niveau
Depuis quelques années, la course à pied est entrée dans une logique de comparaison permanente. Chaque sortie est publiée, chaque chrono analysé, chaque performance commentée. Cette surexposition crée une distorsion.
À force de voir des chronos élites, des records personnels impressionnants ou des contenus très performatifs, beaucoup de coureurs finissent par perdre leurs repères. Ce qui est déjà une belle performance devient “normal”, voire “moyen”.
Dans ce contexte, dire qu’un marathon en moins de trois heures est “le graal” ou que quatre heures trente “ce n’est pas ouf” n’est pas une analyse objective. C’est le reflet d’un environnement biaisé, où seuls les extrêmes sont visibles.
Le besoin de se positionner socialement
Ce type de discours répond aussi à une logique plus sociale. Dans une communauté où la performance est valorisée, il faut trouver sa place. Certains vont chercher à se mettre en avant. D’autres, au contraire, vont adopter une posture inverse : minimiser pour mieux suggérer.
Dire “ce n’est pas ouf” permet de montrer qu’on se situe au-dessus d’un certain niveau, sans avoir à le revendiquer frontalement. C’est une manière implicite de dire : “je sais que c’est bien, mais je fais semblant de ne pas y attacher d’importance”.
Cette stratégie est connue dans d’autres domaines. Elle fonctionne aussi dans le sport.
Une banalisation dangereuse du marathon
À force de discours approximatifs, le marathon perd de sa réalité. On finit par oublier ce qu’il représente réellement : quarante-deux kilomètres, plusieurs heures d’effort, une gestion de l’allure, de l’alimentation, du mental.
Dire qu’un marathon “normal” se court en moins de trois heures, ou au contraire que certains chronos sont “pas ouf”, revient à simplifier à l’extrême une discipline qui est tout sauf simple.
Cette banalisation peut avoir des conséquences. Elle peut décourager certains débutants, qui se sentent “en dessous”. Elle peut aussi pousser d’autres à se surestimer, en pensant que la distance est accessible sans préparation sérieuse.
Dans les deux cas, le message est brouillé.
En résumé le problème n’est pas individuel. Il est collectif. Il vient d’un décalage entre la réalité du terrain et la perception construite en ligne.
Un marathon reste une épreuve exigeante, quel que soit le chrono. Il n’y a pas de “petit” marathon. Il n’y a pas de performance “inutile”. Chaque finisher a vécu sa propre course, avec ses contraintes, ses douleurs, ses réussites.
Réduire cela à une simple échelle de valeur, ou à un jugement rapide, c’est passer à côté de l’essentiel.
Revenir à quelque chose de plus simple serait peut-être la meilleure solution. Reconnaître la difficulté d’un marathon. Accepter les différences de niveau. Et surtout, arrêter de jouer un rôle.
Parce qu’au final, courir quarante-deux kilomètres n’a jamais été “pas ouf”.
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