Et si Paris organisait deux marathons par an ? Un sur le parcours historique… et un sur le périphérique.
Chaussures de trail en promotion sur Alltricks
lien affilié sans partenariat avec Salomon
Chaussures Trail Salomon Genesis
Le projet du marathon sur le périphérique relance le débat
L’idée n’est plus simplement une hypothèse lancée en l’air. À l’occasion du Marathon de Paris 2026, le nouveau maire Emmanuel Grégoire a remis sur la table un projet déjà évoqué par le passé : organiser une course sur le périphérique parisien. Cette fois, le discours est plus précis. Il ne s’agirait pas de remplacer l’épreuve actuelle, mais bien d’en créer une seconde, qui viendrait s’ajouter au calendrier.
Dans les faits, cela reviendrait à proposer un marathon supplémentaire, construit en grande partie sur les 35 kilomètres du périph’, avec les ajustements nécessaires pour atteindre la distance officielle de 42,195 kilomètres. Une perspective qui ouvre la porte à un modèle inédit, avec deux marathons organisés chaque année à Paris : l’un au cœur de la capitale, sur son parcours historique, l’autre en périphérie, sur un tracé radicalement différent.
Deux visions totalement opposées de la course à pied
Ce projet met en lumière une opposition presque frontale entre deux manières de concevoir la course à pied. D’un côté, le Marathon de Paris tel qu’il existe aujourd’hui, pensé comme une expérience immersive à travers la ville, où chaque kilomètre s’inscrit dans un décor reconnaissable entre tous. Courir sur les Champs-Élysées, longer la Seine, traverser les quartiers emblématiques de la capitale, c’est aussi participer à une forme de récit collectif.
De l’autre, un marathon sur le périphérique proposerait une expérience beaucoup plus brute, centrée sur l’effort lui-même. Le tracé serait plus linéaire, plus fermé, sans véritable interaction avec la ville telle qu’on la perçoit habituellement. Ce ne serait pas simplement un nouveau parcours, mais une approche différente de la pratique, presque opposée dans son esprit.
Un projet séduisant sur le papier… mais pour qui ?
Sur le plan institutionnel, l’idée peut apparaître cohérente. Elle permettrait de réinventer temporairement un espace dédié à la circulation automobile, de proposer un événement supplémentaire et de répondre à une logique d’innovation urbaine. Dans cette perspective, le périphérique deviendrait, le temps d’une journée, un terrain d’expression sportive.
Mais dès que l’on se place du point de vue des coureurs, la question se complexifie. L’attractivité d’un marathon ne repose pas uniquement sur sa distance ou sur son organisation. Elle tient aussi à l’environnement dans lequel il se déroule, à l’ambiance, aux repères visuels, à l’énergie transmise par le public. C’est précisément ce qui fait la force du Marathon de Paris aujourd’hui.
Le risque : banaliser un événement unique
Introduire un second marathon dans une ville qui en accueille déjà un parmi les plus importants au monde n’est pas un geste anodin. Cela revient, d’une certaine manière, à redéfinir les contours d’un événement déjà très identifié. En multipliant les formats, on prend le risque de diluer ce qui fait la singularité de l’épreuve existante.
Au-delà de la question logistique, c’est aussi une question d’image. Le Marathon de Paris s’est construit sur une identité forte, associée à son parcours et à son cadre. En proposant une alternative radicalement différente, la ville pourrait brouiller cette lisibilité et introduire une forme de confusion : que désigne encore le “marathon de Paris” si plusieurs versions coexistent ?
Un non-sens sportif ?
Au-delà des considérations symboliques, le projet pose également des questions très concrètes sur le plan sportif. Le périphérique, dans sa configuration actuelle, ne correspond pas à la distance d’un marathon. Il faudrait donc adapter le tracé, ajouter des sections, modifier la logique du parcours pour atteindre les 42,195 kilomètres.
Mais surtout, l’expérience de course elle-même serait profondément différente. L’absence de public sur de longues portions, le manque de repères visuels, la répétitivité du décor peuvent peser sur le mental des coureurs. Or, sur marathon, la dimension psychologique est déterminante. L’environnement joue un rôle direct dans la capacité à maintenir son effort, notamment dans les derniers kilomètres.
Courir partout à Paris… sauf sur le périph ?
L’idée d’un marathon sur le périphérique peut séduire par son caractère inédit et par les symboles qu’elle mobilise. Elle s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’usage de l’espace urbain et sur la place du sport dans la ville.
Cependant, du point de vue du coureur, une question demeure : pourquoi déplacer l’expérience vers un environnement qui, par nature, n’a pas été conçu pour accueillir ce type d’événement ? Paris offre déjà un cadre unique, où la course s’inscrit dans un décor vivant, riche et identifiable.
Imaginer un deuxième marathon peut avoir du sens. Mais encore faut-il que ce nouveau format apporte une valeur ajoutée, sans affaiblir ce qui existe déjà.
Deux marathons, deux mondes
Si le projet devait aboutir, Paris pourrait devenir un cas à part dans le paysage mondial, en proposant deux marathons aux identités radicalement différentes. L’un ancré dans l’histoire, dans l’image et dans l’expérience urbaine classique. L’autre davantage expérimental, centré sur la transformation d’un espace habituellement dédié à la circulation.
Reste à savoir si les coureurs s’approprieront cette nouvelle proposition. Ou s’ils continueront, tout simplement, à rechercher ce qui fait depuis toujours l’attrait du Marathon de Paris : courir dans la ville, et non autour d’elle.
Source
Lire aussi
- Pourquoi organiser le marathon de paris sur le périph’ est la pire idée au monde
- Pourquoi il est impossible d’acheter son dossard pour le marathon de Paris 2027






