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Analyse des favoris de la Diagonale des Fous 2026
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La Diagonale des Fous 2026 réunira, du 15 au 18 octobre à La Réunion, plusieurs vainqueurs et podiumés des plus grands ultra-trails internationaux. Face à Tom Evans, Jean-Philippe Tschumi, Beñat Marmissolle, Ruth Croft, Marianne Hogan ou Manon Bohard, les coureurs installés sur l’île tenteront de transformer leur connaissance du terrain en avantage. Parmi eux, Fabrice Payet et Émilie Maroteaux présentent les références les plus solides pour envisager une place parmi les trois premiers.
Le nouveau parcours propose environ 180 kilomètres et 10 200 mètres de dénivelé positif entre Saint-Pierre et Saint-Denis. Il contournera désormais Cilaos avant de rejoindre Salazie et Mafate. Cette modification redistribue une partie des repères habituels, mais elle conserve les principales difficultés qui font la spécificité de la course : chaleur, humidité, longues sections nocturnes, escaliers, terrain cassant et descentes très techniques.
Le dernier vainqueur péi remonte à 2008
Chez les hommes, aucun Réunionnais n’a remporté la Diagonale des Fous depuis la victoire de Pascal Parny en 2008. Le coureur péi avait alors bouclé les 148 kilomètres et 9 200 mètres de dénivelé positif en 21 h 40. Dix-huit ans plus tard, La Réunion attend toujours son successeur.
Chez les femmes, la dernière victoire d’une Réunionnaise de naissance appartient à Marcelle Puy, sacrée pour la cinquième fois en 2010. Émilie Maroteaux a ensuite gagné en 2021. Originaire de Versailles mais installée à Saint-Paul depuis de nombreuses années, elle représente pleinement le trail local, même si elle n’est pas réunionnaise de naissance.
Pourquoi les coureurs réunionnais ne gagnent-ils plus ?
La connaissance du terrain reste un avantage majeur, mais elle ne suffit plus à compenser l’internationalisation de la Diagonale des Fous. La course attire désormais des vainqueurs de l’UTMB, de la Hardrock 100, de la Western States et des meilleurs ultras européens. Ces athlètes vivent souvent de leur sport et organisent toute leur saison autour de quelques objectifs majeurs.
Le format s’est également durci. Pascal Parny avait gagné sur 148 kilomètres en 2008. L’édition 2026 annonce environ 180 kilomètres et 10 200 mètres de dénivelé positif. La préparation exige davantage de volume, de récupération, de suivi médical et de disponibilité. Les meilleurs coureurs locaux doivent souvent composer avec une activité professionnelle et des moyens plus limités que ceux des grandes équipes internationales.
Les Réunionnais continuent pourtant de se rapprocher. Fabrice Payet a terminé sixième en 2025, à seulement vingt-neuf minutes de la troisième place d’Aurélien Dunand-Pallaz. Judicaël Sautron avait pris la septième place en 2024. Le retard local ressemble donc moins à une impossibilité sportive qu’à une conséquence de la densité exceptionnelle du plateau. Une course parfaitement maîtrisée peut encore replacer un coureur péi sur le podium, voire tout en haut.
Les favoris de la Diagonale des Fous, les coureurs locaux en lice pour le podium
Fabrice Payet représente la meilleure chance masculine
Fabrice Payet représente aujourd’hui la candidature réunionnaise la plus crédible au podium masculin. Sixième de la Diagonale des Fous en 2023, il a retrouvé exactement cette place en 2025, après son abandon de 2024.
Sa performance de l’année dernière mérite une lecture plus précise. Il a terminé en 25 h 42 min 41 s, seulement vingt-neuf minutes derrière Aurélien Dunand-Pallaz, troisième en 25 h 13 min 35 s. Sur une course de près de 180 kilomètres, cet écart reste suffisamment faible pour placer le Réunionnais dans la discussion pour le podium. Le classement officiel du Grand Raid confirme également qu’il a devancé plusieurs coureurs internationaux annoncés parmi les prétendants.
Sa saison 2026 renforce cette candidature. En avril, Fabrice Payet a remporté le Raid 974, long de 101 kilomètres pour près de 5 830 mètres de dénivelé positif. Son profil affiche actuellement un indice UTMB général de 841 et un indice 100M de 842, les valeurs les plus élevées parmi les principaux représentants locaux annoncés.
Son principal atout reste sa régularité sur la Diagonale. Il possède seize arrivées à son actif et maîtrise les variations de température, les changements de terrain et la gestion des longues portions nocturnes. Pour monter sur le podium, il devra toutefois gagner une trentaine de minutes par rapport à son résultat de 2025 tout en résistant à un plateau beaucoup plus dense.
Judicaël Sautron peut profiter d’une course à élimination
Judicaël Sautron constitue la deuxième chance masculine. Septième de la Diagonale des Fous en 2024, il avait déjà terminé huitième en 2021 et neuvième en 2019. Cette répétition des places dans le top 10 prouve sa capacité à rester performant jusqu’à La Redoute.
Le Réunionnais arrive également avec des résultats encourageants en 2026. Il a remporté le Grand Trail de l’Ouest sur 85 kilomètres puis le Beachcomber Trail de 65 kilomètres. Sa saison montre une forme régulière et une excellente adaptation aux terrains de l’océan Indien.
Son indice UTMB, autour de 770, le situe cependant un cran derrière Fabrice Payet et plusieurs favoris internationaux. Son scénario idéal repose donc sur une gestion prudente et une remontée progressive lorsque les abandons commencent à se multiplier. Sur la Diagonale, cette stratégie a souvent permis à des coureurs locaux d’intégrer le top 10. Atteindre le podium demanderait une course presque parfaite, accompagnée de plusieurs défaillances devant lui.
Grégory Filain et Mathieu Desserprit peuvent viser le top 10
Grégory Filain dispose d’une expérience importante sur les sentiers réunionnais. Classé autour du top 15 lors de ses meilleures participations, il possède la vitesse et la connaissance du terrain nécessaires pour rester longtemps avec le groupe de chasse. Son résultat dépendra surtout de sa capacité à conserver ce rythme au-delà de Mafate.
Mathieu Desserprit mérite également une place parmi les outsiders. Deuxième derrière Fabrice Payet sur l’Ultra-Trail des Géants 2025, il a remporté la Transvolcano 2026. Ces performances en font un candidat sérieux au top 10, même si son palmarès sur la Diagonale reste moins solide que ceux de Payet et Sautron.
Romain Fontaine, Nicolas Rivière et les autres élites locales peuvent également jouer un rôle dans la course. Leur candidature correspond davantage à une place d’honneur ou à un top 15 qu’à un podium face au niveau annoncé cette année.
Émilie Maroteaux représente la meilleure possibilité de podium local
Chez les femmes, Émilie Maroteaux possède une légitimité encore plus forte. Installée à Saint-Paul depuis une quinzaine d’années, elle a remporté la Diagonale des Fous en 2021 avant de terminer troisième en 2023. Elle connaît donc déjà les exigences d’une course pour le podium sur ce terrain.
Son abandon en 2025 a été suivi d’un début de saison 2026 particulièrement convaincant. Elle a remporté le Raid 974 féminin sur 101 kilomètres, en prenant la huitième place du classement général. En juillet, elle a terminé troisième de l’UTC du Restonica Trail, une épreuve de 110 kilomètres et 7 200 mètres de dénivelé positif, derrière Manon Bohard et Chloé Pélissard. Elle a bouclé cette course en 21 h 25 min 24 s. Son profil UTMB lui attribue désormais un indice général de 671.
Cette troisième place en Corse constitue un indicateur précieux. Elle montre qu’Émilie Maroteaux reste capable de monter sur le podium d’un ultra très technique face à des concurrentes de niveau international. Ruth Croft, Marianne Hogan et Manon Bohard rendent la victoire particulièrement difficile, mais une place parmi les trois premières reste cohérente avec son niveau actuel.
Amélie Huchet peut se rapprocher du top 10 féminin
Amélie Huchet se présente comme la deuxième possibilité locale chez les femmes. Victorieuse de la Mascareignes en 2022 et troisième du Trail de Bourbon en 2023, elle a enfin terminé la Diagonale en 2025, en 36 h 47 min 51 s.
En 2026, elle a notamment remporté le Semi-Raid 974 chez les femmes. Son indice UTMB de 638 confirme sa progression, mais un écart demeure avec les principales candidates au podium. Une place dans le top 10 féminin paraît actuellement plus réaliste. Une course parfaitement maîtrisée pourrait néanmoins lui permettre de profiter des abandons, toujours nombreux sur la Diagonale.
En résumé, le podium paraît plus accessible chez les femmes
L’analyse des résultats récents dessine une hiérarchie assez nette. Fabrice Payet possède la meilleure chance masculine, devant Judicaël Sautron. Le premier a déjà terminé à moins d’une demi-heure du podium, tandis que le second collectionne les top 10 et arrive avec deux victoires en 2026.
Chez les femmes, Émilie Maroteaux présente la candidature locale la plus solide, avec une victoire et une troisième place déjà obtenues sur la Diagonale. Sa forme affichée au Raid 974 puis à la Restonica confirme qu’elle peut encore rivaliser avec les meilleures.
Le scénario le plus crédible pour La Réunion serait donc un podium féminin d’Émilie Maroteaux. Chez les hommes, Fabrice Payet peut également intégrer les trois premiers, mais il devra produire la meilleure Diagonale de sa carrière pour devancer plusieurs vainqueurs de niveau mondial.
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