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🎧 À moins d’un mois de l’UTMB, Jim Walmsley continue de préparer son retour autour du Mont-Blanc malgré un problème persistant au genou.
Dans une interview accordée à Distance+, l’Américain, contraint à l’abandon lors de la Western States, explique que sa blessure dure depuis près de deux ans et qu’aucune solution médicale claire ne permet aujourd’hui de la réparer définitivement.
Le vainqueur de l’UTMB 2023 s’entraîne de nouveau dans les Alpes françaises. Il espère pouvoir prendre le départ à Chamonix, mais reconnaît avancer sans certitude sur la manière dont son corps réagira pendant la course.
Jim Walmsley souffre d’une blessure au genou qui dure depuis deux ans
Jim Walmsley ne parle ni d’une rupture ligamentaire ni d’un tendon déchiré. Son problème est justement plus difficile à traiter parce qu’il n’existe pas, selon lui, d’opération évidente permettant de réparer la zone concernée puis de recommencer une préparation depuis le début.
Après son abandon à la Western States, le coureur américain s’est rendu auprès de plusieurs médecins aux États-Unis afin de tenter de mieux comprendre l’origine de ses douleurs.
Mais les réponses restent incomplètes.
Walmsley explique avoir connu des périodes d’amélioration, puis de nouvelles rechutes. Il décrit une situation frustrante, avec encore de nombreuses zones grises concernant l’évolution de sa blessure.
Il peut courir, il peut s’entraîner, mais personne ne peut lui garantir que son genou tiendra sur un ultra-trail de près de 170 kilomètres.
Son départ à la Western States était déjà un pari
Deux semaines avant la Western States, Jim Walmsley avait ressenti un nouveau problème pendant une sortie d’entraînement.
Il avait alors réduit la charge afin de ne pas aggraver la situation, tout en maintenant sa décision de prendre le départ. Son bloc de préparation avait jusque-là été suffisamment bon pour lui permettre d’espérer jouer les premiers rôles jusqu’à Auburn.
Le scénario a pourtant rapidement basculé.
La douleur est apparue très tôt pendant la course, obligeant l’Américain à abandonner. Une issue qu’il présente à la fois comme décevante et surprenante, puisqu’il pensait réellement être en mesure de courir jusqu’à l’arrivée.
Le départ était donc bien un pari, mais pas une simple tentative improvisée. Jim Walmsley croyait que son genou pouvait tenir.
Les pentes raides des Alpes sollicitent moins sa blessure
De retour dans le Beaufortain, Jim Walmsley peut reprendre un entraînement relativement conséquent.
Paradoxalement, les terrains montagneux et techniques des Alpes semblent davantage convenir à son problème que les longues portions courables de la Western States.
Le coureur explique que ses symptômes apparaissent notamment lorsque son tendon et son mollet sont fortement étirés pendant des foulées longues. Les descentes roulantes et peu pentues semblent ainsi plus difficiles à supporter.
À l’inverse, les montées raides, les descentes techniques et les allures plus lentes lui permettent de mieux contrôler ses appuis.
Il peut donc effectuer des répétitions en montée, travailler sa condition physique et accumuler du dénivelé. Son entraînement reste possible, mais il ne reproduit pas forcément les contraintes qu’il retrouvera pendant toute la durée de l’UTMB.
Sa stratégie de course : Jim Walmsley veut partir prudemment et accélérer après la fin de la nuit
Jim Walmsley ne prévoit pas d’aborder l’UTMB comme lors de ses précédentes participations.
L’Américain souhaite réduire sa charge entre la Western States et Chamonix, rendre ses journées faciles encore plus faciles et conserver davantage d’énergie physique et mentale pour la course.
Ses derniers efforts longs devraient également être programmés plus près du départ. Cette stratégie doit lui permettre d’obtenir une vision plus précise de l’état de son genou au moment de s’engager sur l’UTMB.
Mais son principal changement concerne son approche de la course.
Au lieu de se placer immédiatement dans une logique de victoire, il pourrait attendre une grande partie de la nuit avant de véritablement évaluer sa position.
Il évoque notamment Champex-Lac comme un point à partir duquel il pourrait commencer à savoir s’il est encore capable de se battre avec les meilleurs.
Juste finir… le discours de Jim Walmsley est inhabituel pour un ancien vainqueur de l’UTMB.
Il assure que le meilleur scénario resterait évidemment de revenir aux avant-postes en fin de course. Mais il reconnaît également qu’une arrivée à Chamonix constituerait déjà une issue positive après un début de saison sans véritable résultat.
Son premier objectif sera donc de terminer le tour du Mont-Blanc sans réveiller ses douleurs.
Cette approche moins agressive pourrait paradoxalement augmenter ses chances de rester compétitif. En réduisant l’intensité au début de la course, Walmsley espère diminuer le risque d’apparition des symptômes et conserver suffisamment de ressources pour accélérer tardivement.
Il ne renonce pas à la victoire. Il accepte simplement, pour la première fois, de ne pas construire toute sa course autour d’elle dès les premiers kilomètres.
Jim Walmsley a abandonné « l’école américaine du trail »
Une approche spectaculaire que nous avions appelée sur u-Trail « l’école américaine du trail » : soit le coureur fait exploser le record, soit il finit par exploser lui-même.
Walmsley en a longtemps été le meilleur représentant. En 2017, pour son premier UTMB, il avait ainsi accompagné François D’Haene en tête pendant plus de 110 kilomètres avant de s’effondrer à Champex-Lac, où il était resté allongé sur un banc pendant une trentaine de minutes. Il avait tout de même terminé cinquième.
Les échecs répétés sur 100 miles l’ont progressivement obligé à changer. L’Américain a reconnu qu’il ne pouvait pas imposer sa volonté à une course aussi longue et qu’il devait davantage gérer son alimentation, les temps faibles et les variations d’allure. Avant l’UTMB 2023, il expliquait déjà qu’au lieu d’attaquer lorsqu’un adversaire faiblissait, il devait parfois ralentir, manger et préserver ses propres forces.
Cette maturité lui a permis de remporter l’UTMB 2023 lors de sa cinquième tentative. Après la course, il insistait sur la patience, l’expérience et sa capacité nouvelle à rester plus stable lorsque les difficultés apparaissaient. Il a aussi remporté l’OCC en 2025.
Le Jim Walmsley qui envisage aujourd’hui d’attendre Champex-Lac avant de réellement entrer dans la compétition n’est donc plus celui qui tentait autrefois de gagner l’UTMB dès les premières heures. Sa blessure renforce cette prudence, mais ce changement avait commencé bien avant ses problèmes au genou.
En marge de ses explications sur sa blessure, Jim Walmsley a également confirmé son attachement à la France et au Beaufortain, il veut rester vivre en France.
L’Américain souhaite renouveler son visa afin de pouvoir rester en France l’année prochaine. Il espère notamment passer l’hiver dans l’Hexagone et revenir s’entraîner dans les Alpes durant l’été 2027.
Walmsley et sa compagne apprécient particulièrement la montagne et souhaitent continuer à progresser en français pour faciliter leur installation.
Son avenir sportif reste donc lié à la France, même si son état physique demeure incertain.
Avant de penser aux prochaines saisons, Jim Walmsley devra toutefois franchir une première étape : rejoindre Chamonix après avoir parcouru l’intégralité du tour du Mont-Blanc avec un genou que les médecins savent surveiller, mais pas encore réellement réparer.
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