🎧 La remontada d’Aurelien Sanchez dans la Sierra Nevada
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La traversée du désert californien s’est terminée par un état de fatigue immense pour Aurélien Sanchez et son assistance. Alors que le Français pensait initialement profiter de cette première portion pour gagner un peu d’avance, la réalité avait été bien différente
. C’était devenu un combat ces derniers jours pour tenter, tant bien que mal, de rester au niveau du chrono de référence.
Mais la bascule vers la haute montagne a changé la donne, et après des jours de doute, la bascule a enfin eu lieu : Aurélien a repris une belle avance.
Un Français face au FKT Américain
Aurélien Sanchez, athlète de 35 ans, est un des plus grands noms de l’ultra-endurance et est devenu en 2023 le premier Français finisher de la Barkley, une épreuve pensée pour que les coureurs aillent au bout de leur mental.
Son défi actuel est le FKT (Fastest Known Time) en mode assisté sur le Pacific Crest Trail (PCT), une ligne monumentale de 4 265 kilomètres et 150 000 mètres de dénivelé positif traversant les États-Unis du Mexique au Canada. Espérer battre le record détenu par le Belge Karel Sabbe (46 jours, 12 heures et 50 minutes) ressemble presque une mission impossible tellement il avait progressé avec régularité en 2016. Mais si un homme peut avoir les capacités physiques et psychologiques pour tenter de faire plier ce chrono, c’est bien Aurélien Sanchez, habitué à transformer la souffrance en moteur pour avancer.
Le « popo sieste » pour optimiser le temps
Pour tenter de suivre le rythme infernal du record dans le désert, Aurélien a passé la quasi-totalité de ses journées et de ses nuits sur le sentier, réduisant ses phases de repos à un niveau presque inhumain.
Sa compagne Lucille a révélé un chiffre qui donne le vertige, car sur les 11 premiers jours de course, l’équipe n’a cumulé que 14 heures et 30 minutes de sommeil en tout.
Derrière cette autodérision, la tension émotionnelle est immense. L’assistance vit un enfer logistique car les points d’eau sont très rares, et de nombreuses routes barrées forcent l’equipe à des détours interminables pour rattraper le coureur. Lucille avoue que la fatigue est telle que tout le monde est à fleur de peau, capable de pleurer pour un rien malgré le fait que cette aventure soit extraordinaire. Mais même dans la difficulté de l’épreuve, le rêve initial d’Aurélien est devenu, au fil des kilomètres, celui de Lucille également.
Pacific Crest Trail en direct
Le tournant – L’enfer blanc de Sabbe pourrait devenir le paradis d’Aurélien
Après des jours dans le désert et la fournaise, Aurélien est enfin entré dans la mythique section de la Sierra Nevada. Cette immense chaîne de hautes montagnes californienne abrite des cols s’élevant souvent à plus de 3 000 ou 4 000 mètres d’altitude.
C’est un décor alpin magnifique mais redoutable, avec des sentiers techniques, rocheux et très cassants. C’est justement ici que la tentative de record d’Aurélien pourrait basculer. En 2016, lorsque Karel Sabbe était passé par la Sierra Nevada, il y avait une quantité de neige énorme ce qui l’avait forcément ralenti. Aurélien, lui, bénéficie de conditions plus clémentes. Sur les dernières 24 heures, le Français avait même réussi pendant un temps à reprendre une avance incroyable de près de 50 kilomètres sur les temps de passage du record. La Sierra Nevada fait donc un bien fou au coureur français, et doit lui faire du bien moralement après plusieurs épisodes de galère.
Le voir revenir dans le vert sur le suivi live est un soulagement pour la suite de l’aventure tant on a eu l’impression qu’il se faisait dépasser par l’ampleur du défi. Maintenant que le désert est passé, Aurelien n’a plus besoin d’éviter les heures les plus chaudes et peut davantage courir en journée.
Le point des Jours 13, 14 & 15 – 1295 km parcourus sur 4265 – Aurélien reprend le dessus
Son statut de suiveur est pour l’instant un mauvais souvenir, Aurélien redevient le meneur et reprend ses distances avec le chrono de 2016.
Pour le Jour 13 :
Distance du jour : 97,4 kilomètres Dénivelé positif du jour : 3602 mètres de D+
Pour le Jour 14 :
Distance du jour : 72,6 kilomètres Dénivelé positif du jour : 3091 mètres de D+
Pour le Jour 15 :
Distance du jour : 30,4 kilomètres pour l’instant Dénivelé positif du jour : 968 mètres D+ Aurélien compte désormais 22 kilomètres d’avance sur les temps de passage de Karel Sabbe (soit environ 4 heures d’avance).
En résumé, avec le passage dans les montagnes, la donne a changé sur ce FKT.
Épuisés par le manque de sommeil, Aurélien et Lucille ont trouvé dans la Sierra Nevada la récompense de ne rien avoir lâché. Le désert et ses conditions caniculaires n’ont pas réussi à les faire plier, et la montagne est en train de leur réussir avec enfin une avance sur le record, ce qui n’était pas arrivé depuis plusieurs jours. Bien sûr, la route vers le Canada reste interminable, mais ce soir, avec presque un tiers du parcours effectué, Aurélien peut respirer. Le rythme est relancé, l’avance est bien là, et on peut se remettre à rêver d’un nom Français sur le FKT du Pacific Crest Trail.
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