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🎧 Loïc Lemoine a terminé deuxième des Balcons de Saint-Jean lors du Grand Raid Kiprun 3 Vallées, 29 km et 1 570 m de dénivelé positif.
Polémique sur le doliprane dans le trail.
🎥 Une vidéo montrant Loic Lemoine, deuxième du 29 km du Grand Raid Kiprun 3 Vallées, en train de prendre un Doliprane pendant l’épreuve a éclipsé sa performance et provoqué un débat sur les réseaux sociaux.
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Entre accusation de dopage, prise de risque avec une tendinite et moqueries de Théo Detienne, que s’est-il réellement passé ?
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Loïc Lemoine prend un Doliprane au 19e kilomètre
La scène s’est déroulée le samedi 1er août 2026 pendant les Balcons de Saint-Jean, l’un des formats du Grand Raid Kiprun 3 Vallées – Moûtiers.
Présentée par l’organisation comme une course de 25 km et 1 150 mètres de dénivelé positif, l’épreuve partait de Saint-Jean-de-Belleville. Les résultats publiés après la course évoquent toutefois un parcours réel proche de 29 km et 1 570 mètres de dénivelé positif.
Loïc Lemoine a pris la deuxième place en 3 h 00 min 01 s, derrière Colin Loones, vainqueur en 2 h 57 min 45 s. Tanguy Bonnet a complété le podium en 3 h 03 min 46 s.
Mais ce n’est pas seulement ce résultat qui a retenu l’attention.
Dans une vidéo tournée pendant la course, Loïc Lemoine apparaît au 19e kilomètre, alors qu’il occupe toujours la deuxième position. Une personne lui tend un comprimé de Doliprane, qu’il prend avant de repartir.
La séquence a été diffusée puis reprise par le compte Instagram Les doigts dans le sif, spécialisé dans les vidéos humoristiques et les critiques autour du trail.
Il explique avoir pris le départ avec une tendinite
Face aux commentaires, Loïc Lemoine a lui-même répondu sous la publication.
Il affirme avoir commencé la course avec une tendinite. Lorsque la douleur est devenue trop importante, il aurait appelé les personnes qui l’accompagnaient afin qu’elles lui préparent un Doliprane au ravitaillement suivant.
Le coureur précise également qu’il s’agissait de son premier trail de montagne de cette nature et qu’il ne connaissait pas encore tous les usages du milieu.
Il reconnaît donc avoir pris le médicament, mais refuse les accusations de dopage qui ont accompagné la diffusion de la vidéo.
Selon lui, un comprimé ne peut évidemment pas remplacer l’entraînement nécessaire pour courir à ce niveau et gravir plus de 1 500 mètres de dénivelé positif.
Il reproche enfin aux auteurs de la publication d’avoir cherché à créer du buzz à ses dépens plutôt que de lui expliquer directement pourquoi cette pratique pouvait être critiquée.
La vidéo déclenche des accusations de dopage
La prise du comprimé a suscité de nombreux commentaires.
Certains internautes ont parlé de triche ou de dopage. D’autres ont surtout critiqué le fait de continuer une course malgré une tendinite suffisamment douloureuse pour nécessiter un antalgique.
Ces deux reproches ne doivent pourtant pas être confondus.
Le Doliprane contient du paracétamol. Cette substance ne figure pas sur la liste 2026 des produits interdits publiée par l’Agence mondiale antidopage. La prise d’un comprimé de paracétamol ne constitue donc pas, à elle seule, une infraction aux règles antidopage.
Qualifier directement Loïc Lemoine de « dopé » est donc injustifié au regard des éléments disponibles.
Cela ne signifie pas pour autant que la scène ne soulève aucune question.
Le débat est moins celui du dopage que celui de la douleur
Le paracétamol est un antalgique. Son rôle est notamment de réduire la perception de la douleur.
Dans le contexte d’une épreuve d’endurance, cette diminution de la douleur peut permettre à un sportif de poursuivre son effort alors que son organisme lui envoie normalement un signal d’alerte.
Des travaux scientifiques se sont également intéressés à l’éventuel effet du paracétamol sur les performances d’endurance. Plusieurs études suggèrent qu’il pourrait, dans certaines conditions, améliorer la tolérance à l’effort en réduisant la douleur perçue. Les résultats restent néanmoins contrastés et ne permettent pas de conclure à un effet systématique.
Le fait qu’une substance soit autorisée ne signifie donc pas nécessairement que sa prise en compétition soit anodine.
Dans le cas présent, la principale interrogation concerne surtout la tendinite évoquée par Loïc Lemoine. Masquer une douleur pour poursuivre une course peut empêcher le coureur d’évaluer correctement l’évolution de sa blessure.
Le débat porte ainsi davantage sur la santé du sportif et sur la banalisation des antalgiques en course que sur une éventuelle violation des règles antidopage.
Théo Detienne intervient à son tour
La polémique a pris une nouvelle dimension lorsque Théo Detienne a répondu directement au message de Loïc Lemoine.
Le traileur français a choisi l’ironie. Il lui a demandé s’il n’aurait pas été plus judicieux de s’entraîner davantage, avant d’ajouter que, si 19 kilomètres étaient déjà trop longs, il connaissait un endroit où louer des VTT électriques.
Cette intervention fait référence au propre argument de Loïc Lemoine, qui expliquait qu’un Doliprane ne pouvait évidemment pas compenser des mois d’entraînement.
La réponse de Théo Detienne ne porte donc pas directement sur le caractère dopant ou non du médicament. Elle vise surtout la justification avancée par le coureur et le fait d’avoir pris le départ malgré une tendinite.
Le ton moqueur a toutefois contribué à amplifier encore la polémique, en transformant une discussion sur la douleur et les médicaments en règlement de comptes public entre traileurs.
En résumé, les accusations de dopage sont infondées, mais la question demeure
À partir des faits connus, rien ne permet d’affirmer que Loïc Lemoine s’est dopé.
Le paracétamol est autorisé et le coureur n’a pas cherché à dissimuler sa prise. Il a même expliqué publiquement les circonstances dans lesquelles il avait demandé le comprimé.
En revanche, la décision de prendre le départ avec une tendinite, puis de réduire la douleur à l’aide d’un médicament pour poursuivre la course, peut légitimement être discutée.
La polémique repose donc en partie sur un mauvais vocabulaire.
Parler de dopage est excessif. S’interroger sur l’usage d’un antalgique pour continuer à courir blessé est en revanche pertinent.
Cette séquence rappelle surtout qu’en trail, la frontière entre le dépassement de soi et la mise en danger peut devenir difficile à identifier lorsque la douleur est masquée au lieu d’être écoutée.
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