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🎧 Depuis le 16 septembre 2026, les masseurs-kinésithérapeutes français disposent d’un nouveau droit : ils peuvent prescrire eux-mêmes certains médicaments à leurs patients.
L’arrêté publié au Journal officiel élargit aussi fortement la liste du matériel médical qu’ils peuvent prescrire. Antalgiques, certains anti-inflammatoires, médicaments destinés à détendre les muscles, béquilles ou encore attelles entrent désormais dans leur champ de prescription. Pour les sportifs et notamment les coureurs régulièrement confrontés aux blessures, le changement est loin d’être anecdotique.
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Pour la première fois, votre kiné peut vous prescrire certains médicaments
C’est le changement majeur.
Le masseur-kinésithérapeute ne se contente plus uniquement de prendre en charge la rééducation ou d’accompagner le retour au sport. Il dispose désormais d’un véritable droit de prescription concernant certains médicaments en rapport avec son activité.
Parmi eux figurent notamment des antidouleurs légers, comme le paracétamol, ainsi que certains anti-inflammatoires et des produits destinés à relâcher les muscles.
Pour un patient, cela peut considérablement raccourcir le parcours de soins.
Jusqu’à présent, le kiné pouvait identifier les besoins au cours de la prise en charge, mais le patient devait parfois retourner consulter un médecin afin d’obtenir une ordonnance avant de repartir à la pharmacie.
Ce passage supplémentaire peut désormais disparaître pour les produits entrant dans le nouveau champ de prescription.
Pour un coureur blessé, cela change concrètement beaucoup de choses
Et c’est là que cette réforme intéresse directement le running et le trail.
Entorse après une mauvaise réception en descente, contracture musculaire, douleur liée à une chute, blessure nécessitant temporairement des béquilles ou une attelle : le kiné constitue souvent l’un des interlocuteurs principaux du coureur pendant plusieurs semaines.
Désormais, lorsqu’un médicament autorisé ou un dispositif médical entre dans le cadre de la prise en charge, il peut lui-même rédiger l’ordonnance correspondante.
C’est précisément l’un des arguments avancés par la profession : permettre au patient d’accéder plus directement aux produits nécessaires à sa prise en charge.
Béquilles, attelles et matériel médical : les possibilités explosent aussi
La révolution ne concerne d’ailleurs pas seulement les médicaments.
Le nombre de dispositifs médicaux susceptibles d’être prescrits par un kiné augmente fortement. La liste comprend désormais près d’une soixantaine de catégories.
On y retrouve notamment des attelles, des béquilles, des ceintures de soutien lombaire ou encore des colliers cervicaux, auxquels s’ajoutent différents produits utilisés dans les soins.
Prenons le cas très concret d’un trailer qui se tord sérieusement la cheville.
Si sa situation nécessite des béquilles ou certains dispositifs entrant dans cette liste, son kiné dispose désormais d’une marge de prescription beaucoup plus importante qu’auparavant.
Attention, une douleur de coureur ne signifie pas automatiquement anti-inflammatoire
Il faut néanmoins éviter un raccourci.
Ce nouveau droit de prescription signifie que le kiné peut prescrire certains médicaments lorsqu’il les juge adaptés. Cela ne signifie évidemment pas que chaque tendinite, douleur au genou ou problème au tendon d’Achille doit être traité avec un anti-inflammatoire.
Dans les blessures liées à la course à pied, supprimer momentanément la douleur et traiter la cause du problème sont deux choses différentes.
Charge d’entraînement trop importante, reprise trop rapide, faiblesse musculaire, changement de chaussures, augmentation brutale du dénivelé ou succession de compétitions : le médicament ne règle pas nécessairement ce qui a provoqué la blessure.
Et surtout, ressentir moins de douleur ne constitue jamais à lui seul un feu vert pour remettre immédiatement les chaussures.
| Blessure / problème fréquent | Ce que ressent souvent le traileur | Pourquoi le kiné intervient |
|---|---|---|
| Tendinopathie d’Achille | Douleur au tendon, raideur au réveil, gêne en montée | Travail de charge progressive, mobilité, renforcement du mollet |
| Entorse de cheville | Douleur, gonflement, instabilité après une torsion | Récupération de la mobilité, proprioception, renforcement |
| Syndrome de l’essuie-glace | Douleur sur le côté externe du genou | Correction des contraintes, renforcement hanche/fessiers, reprise progressive |
| Syndrome fémoro-patellaire | Douleur autour ou derrière la rotule, surtout en descente | Renforcement, contrôle du mouvement, adaptation de la charge |
| Tendinopathie rotulienne | Douleur sous la rotule, surtout à l’effort | Renforcement progressif du tendon et des quadriceps |
| Périostite tibiale | Douleur diffuse sur le bord du tibia | Gestion de la charge, renforcement et travail mécanique |
| Contracture ou lésion musculaire | Douleur au mollet, aux ischios ou aux quadriceps | Récupération de la fonction musculaire et reprise progressive |
| Douleur lombaire | Bas du dos douloureux après les longues sorties | Mobilité, renforcement du tronc et adaptation des contraintes |
| Fasciopathie plantaire | Douleur sous le pied ou au talon, surtout au réveil | Travail du pied et du mollet, gestion de la charge |
| Douleur de hanche ou des fessiers | Gêne en montée, en descente ou après de longues heures | Renforcement, mobilité et contrôle du bassin |
| Séquelles après chute | Douleurs multiples, raideurs, perte de mobilité | Rééducation, récupération de la mobilité et du contrôle |
| Reprise après fracture ou chirurgie | Faiblesse, perte de mobilité, appréhension | Réathlétisation progressive avant le retour au trail |
Infographie

Est-ce une première en France ?
Non. En France, plusieurs professionnels de santé autres que les médecins peuvent déjà prescrire certains médicaments dans leur champ de compétence. C’est notamment le cas des chirurgiens-dentistes, des sages-femmes, de certains infirmiers ou encore des pédicures-podologues.
La nouveauté de septembre 2026 concerne donc spécifiquement les masseurs-kinésithérapeutes. Ils peuvent désormais prescrire certains médicaments liés à leur prise en charge, notamment des antalgiques de palier 1 et des myorelaxants, en plus d’une liste élargie de dispositifs médicaux.
Pour les coureurs blessés, c’est ce changement-là qui est inédit : le kiné qui suit une entorse, une contracture ou une douleur musculo-squelettique dispose désormais d’un pouvoir de prescription bien plus large qu’auparavant.
En résumé, le parcours du coureur blessé est en train de changer
La portée de cette mesure dépasse donc largement le simple droit de remplir une ordonnance.
Elle rapproche la prescription du professionnel qui suit parfois le plus régulièrement la blessure.
La profession souhaite d’ailleurs aller encore plus loin. Les représentants des kinés demandent notamment un accès direct plus large à leurs cabinets, sans passage systématique préalable chez un médecin, par exemple pour certaines entorses de cheville.
Pour les coureurs, cette réforme marque déjà une évolution importante.
La prochaine fois qu’une cheville, un mollet ou un dos vous envoie chez le kiné, celui-ci pourra désormais faire beaucoup plus que vous masser, vous renforcer et vous faire souffrir sur une table de rééducation : il pourra aussi, dans les limites prévues par les textes, sortir son ordonnance.
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