🎧 Quatre mois après sa fracture du pĂ©ronĂ©, Alexandre Boucheix s’apprĂŞte Ă prendre le dĂ©part du Swiss Canyon Trail.
Mais cette fois, le traileur parisien n’arrive ni avec des ambitions de podium ni avec ses certitudes habituelles.
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Casquette Verte arrive sur le Swiss Canyon Trail avec la seule ambition de le finir
Habituellement, quand Casquette Verte Ă©pingle un dossard, c’est pour assurer et il le dit. Ă€ quelques jours du Swiss Canyon Trail, son discours est tout autre.
Dans un long message publiĂ© sur les rĂ©seaux sociaux, Alexandre Boucheix reconnaĂ®t lui-mĂŞme ressentir une forme de honte. Non pas parce qu’il revient de blessure, mais parce qu’il ne se sent plus capable d’aborder la course avec les ambitions qui Ă©taient les siennes avant son accident.
Pour la première fois depuis longtemps, son objectif n’est pas de performer. Son objectif est simplement de voir ce qu’il reste.
Il a un peu honte parce qu’il n’est pas sĂ»r de pouvoir terminer
C’est probablement ce qui ressort le plus de son tĂ©moignage.
Casquette Verte ne cache pas ses doutes. Après sa fracture du fibula sur l’Arc of Attrition en janvier, deux mois de plâtre et une reprise tardive de la course Ă pied, il ne sait pas vraiment comment son corps va rĂ©agir après plusieurs dizaines d’heures d’effort.
Habituellement, un ultra-trail commence avec des questions sur la météo, la nutrition ou la stratégie de course. Cette fois, la principale interrogation concerne sa capacité à encaisser les kilomètres.
Lorsqu’il Ă©voque son objectif de « 11 sur 20 », il explique d’ailleurs que le simple fait de finir reprĂ©senterait dĂ©jĂ une forme de rĂ©ussite. Une situation inhabituelle pour un coureur qui s’est construit sur sa capacitĂ© Ă aller au bout des projets les plus ambitieux.
Il a un peu honte parce qu’il ne vise plus la performance
Dans son message, Alexandre Boucheix compare sa course Ă un devoir sur table dont il chercherait seulement Ă obtenir la moyenne.
La formule est révélatrice.
Il reconnaĂ®t lui-mĂŞme avoir du mal Ă accepter cette situation. MĂŞme s’il terminait le Swiss Canyon Trail, il sait dĂ©jĂ que cela ne lui procurerait pas la mĂŞme satisfaction qu’avant sa blessure.
Pour lui, ce retour ne sera pas un succès sportif au sens habituel du terme. Ce sera simplement une étape de reconstruction.
Cette luciditĂ© est probablement ce qui rend son tĂ©moignage intĂ©ressant. Derrière le personnage public souvent provocateur, on dĂ©couvre un compĂ©titeur qui accepte difficilement l’idĂ©e d’ĂŞtre momentanĂ©ment diminuĂ©.
Il a un peu honte parce qu’il a perdu confiance en son corps
Au-delĂ de la blessure elle-mĂŞme, c’est surtout la perte de confiance qui semble le marquer.
Les radios sont bonnes. Les scanners sont rassurants. Les médecins constatent une consolidation satisfaisante.
Pourtant, il explique avoir perdu une partie de ses repères.
Les automatismes qui semblaient acquis avant l’accident doivent ĂŞtre retrouvĂ©s. Les sensations ne sont plus les mĂŞmes. La cheville reste raide et la masse musculaire n’est pas totalement revenue.
Le Swiss Canyon Trail ressemble donc davantage Ă une sĂ©ance d’Ă©valuation gĂ©ante qu’Ă une vĂ©ritable course objectif.
Il a un peu honte parce qu’il sait que ce retour est probablement prĂ©maturĂ©
Casquette Verte ne cherche pas Ă convaincre que son choix est raisonnable.
Au contraire.
Il Ă©crit lui-mĂŞme que cette participation est probablement une erreur. Il reconnaĂ®t que, sur le papier mĂ©dical, ce retour n’Ă©tait pas forcĂ©ment prĂ©vu aussi rapidement.
Mais il estime Ă©galement qu’il a besoin de cette confrontation avec la rĂ©alitĂ©.
Il veut savoir ce qui fonctionne encore, ce qui doit ĂŞtre reconstruit et quelles limites subsistent. Autrement dit, il prĂ©fère prendre le risque d’Ă©chouer plutĂ´t que de rester dans l’incertitude.
Il a un peu honte parce qu’il se retrouve face Ă ses propres limites
Finalement, le sentiment qu’il dĂ©crit ressemble surtout Ă celui que connaissent beaucoup de sportifs après une blessure importante.
Le problème n’est pas le classement.
Le problème est d’accepter que le corps ne soit plus exactement celui que l’on connaissait.
Pendant des annĂ©es, Casquette Verte a bâti son identitĂ© sportive autour de l’endurance, de la rĂ©sistance Ă la fatigue et de sa capacitĂ© Ă enchaĂ®ner les dĂ©fis les plus exigeants. Aujourd’hui, il se retrouve dans une situation beaucoup plus inconfortable : celle de devoir repartir presque de zĂ©ro.
Samedi, au Swiss Canyon Trail, il ne cherchera probablement pas Ă battre ses adversaires.
Il cherchera surtout Ă retrouver une partie de lui-mĂŞme.
En rĂ©sumĂ©, si Casquette Verte dit avoir « un peu honte », ce n’est pas parce qu’il manque d’ambition.
C’est plutĂ´t parce qu’il doit accepter une rĂ©alitĂ© inhabituelle pour lui : revenir d’une fracture du pĂ©ronĂ© et reconnaĂ®tre que terminer un 115 km constituerait dĂ©jĂ une victoire.
Pour un compĂ©titeur de son profil, c’est peut-ĂŞtre le dĂ©fi le plus difficile Ă relever.
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