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À moins de deux semaines de l’UTMB, Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte, vient d’ajouter une nouvelle ligne à une préparation 2026 qui n’en manquait déjà pas.
Le traileur parisien a annoncé s’être tordu la cheville samedi soir lors d’une sortie avec la fameuse lumière rouge imposée sur certains secteurs sensibles autour du bois de Vincennes.
Et pas n’importe quelle cheville : « Shakira », comme il la surnomme depuis déjà plusieurs mois.
« Belle torsion de cheville hier soir », écrit-il sur Instagram, avant d’ajouter qu’il va tenter de la soigner afin de ne pas la sentir pendant l’UTMB. Fidèle à son personnage, il préfère en rire : à J-13, il estime être « large » avec deux semaines devant lui.
Sauf que derrière la blague, le calendrier est beaucoup moins drôle.
🎥 Mon analyse en vidéo de la dernière blessure de Casquette Verte
Dans cette vidéo, je reviens sur cette nouvelle blessure qui tombe encore juste avant une course majeure. Avec une question volontairement provocatrice : comment Casquette Verte peut-il se retrouver aussi souvent diminué à l’approche de ses grands objectifs ?
Au-delà de la torsion elle-même, je m’interroge aussi sur la manière dont les élites et influenceurs gèrent les dernières semaines avant un ultra, alors que certains continuent à multiplier les prises de risque. Et je pose une autre hypothèse, sans l’affirmer comme un fait : annoncer publiquement une blessure avant une course peut-il aussi servir, consciemment ou non, à préparer le terrain en cas de contre-performance ?
Dans le cas de Casquette Verte, le contexte est déjà particulier : une saison marquée par une fracture, plusieurs semaines de plâtre, une reprise rapide, la naissance récente de son deuxième enfant et désormais cette nouvelle alerte à la cheville. Autant de raisons qui rendent son état de forme à l’approche de l’UTMB difficile à évaluer.
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À deux semaines de l’UTMB, Casquette Verte n’avait vraiment pas besoin de ça
À treize jours du départ, une torsion de cheville ne signifie évidemment pas automatiquement forfait. On ignore à ce stade sa gravité exacte et Casquette Verte ne fait état dans sa publication ni d’un diagnostic médical, ni d’une rupture ligamentaire, ni même d’une incapacité à courir.
Il faut donc éviter de transformer une torsion annoncée sur Instagram en entorse grave. Mais le timing est mauvais.
Parce qu’à deux semaines d’un ultra de la dimension de l’UTMB, le problème n’est plus tellement de perdre de l’entraînement : l’essentiel de la préparation est déjà fait. Le problème consiste surtout à ne pas aggraver ce qui vient de se passer.
Et dans son cas, l’histoire de cette cheville rend forcément l’épisode plus intéressant.
« Shakira », une cheville qui avait déjà fait parler d’elle avant le Kullamannen
Le surnom n’a pas été inventé ce week-end. Fin 2025, Casquette Verte parlait déjà de sa cheville « Shakira », alors fragilisée avant le Kullamannen. Il avait pourtant pris le départ en Suède et terminé deuxième de l’épreuve, après avoir également disputé la Diagonale des Fous quelques semaines auparavant.
À l’époque déjà, sa capacité à courir malgré une cheville qu’il présentait lui-même comme imparfaite faisait partie du feuilleton.
Quelques mois plus tard, le problème était devenu autrement plus sérieux.
En janvier, sa saison avait presque commencé dans un plâtre
Lors de l’Arc of Attrition 2026, dans les Cornouailles, Alexandre Boucheix chute au 27e kilomètre après plusieurs glissades sur un terrain détrempé. Le diagnostic est alors sans commune mesure avec une simple torsion : fracture de la fibula distale, avec plusieurs semaines d’immobilisation.
Initialement prévue pour environ six semaines, son immobilisation avait même dû être prolongée de deux semaines. Son plâtre n’a finalement été retiré qu’en mars.
Autrement dit, sa préparation pour l’UTMB 2026 ne ressemble absolument pas à celle d’un athlète ayant construit tranquillement son été autour de Chamonix.
Elle ressemble davantage à une longue opération de rattrapage.
Plâtre, reprise, deuxième bébé : la préparation de Casquette Verte a été tout sauf linéaire
Malgré cette longue coupure, Casquette Verte est revenu rapidement sur des formats très longs.
Fin mai, il boucle notamment les 111 km du Swiss Canyon Trail, quelques semaines seulement après sa reprise, terminant 20e en 13 h 43.
Puis il a progressivement remis du volume, jusqu’à retrouver cet été ce qui constitue depuis longtemps sa marque de fabrique : courir beaucoup, très longtemps, et parfois selon des formats qui semblent presque volontairement absurdes.
Le 16 juillet, il parcourait ainsi plus de 100 km et environ 5 600 mètres de dénivelé positif en répétant plus de 200 fois une boucle d’environ 500 mètres à Montreuil.
Quatre jours plus tard, sa vie changeait dans un registre beaucoup plus personnel avec la naissance de son deuxième enfant, le 20 juillet.
Un événement heureux, évidemment, mais qui rappelle aussi une réalité rarement visible lorsqu’on analyse uniquement les kilomètres Strava : une préparation d’ultra se construit également avec le sommeil, la récupération et tout ce qui se passe en dehors de la course.
Et désormais, une nouvelle torsion de cheville.
En résumé, Casquette Verte fit du Casquette Verte avec un scénario qui lui ressemble tellement…
Il y a enfin quelque chose de presque prévisible dans cette nouvelle péripétie. Casquette Verte arrive rarement sur une ligne de départ avec une préparation que l’on pourrait qualifier de scolaire.
Une cheville fragile avant le Kullamannen ? Il termine deuxième.
Une fracture en début de saison ? Quelques mois plus tard, il est de nouveau sur des ultras.
Une préparation UTMB perturbée par huit semaines d’immobilisation ? Il maintient l’objectif.
Un deuxième enfant un peu plus d’un mois avant Chamonix ? Le calendrier ne bouge pas.
Et maintenant une torsion de cheville à treize jours du départ.
C’est précisément pour cela que son message Instagram provoque presque davantage de sourires que d’étonnement chez ceux qui le suivent : Casquette Verte fait du Casquette Verte.
Reste que l’UTMB ne ressemble pas à une sortie parisienne où l’on peut tester une cheville pendant une heure puis rentrer à la maison.
Après plusieurs heures de course, lorsque la fatigue commence à dégrader les appuis, chaque descente devient un test. Et sur près de 100 miles autour du Mont-Blanc, une articulation simplement « acceptable » au départ peut devenir une faiblesse majeure.
Pour une fois, son plus gros défi des deux prochaines semaines pourrait donc être exactement l’inverse de ce qu’il fait habituellement.
Ne rien rattraper. Ne rien prouver. Et arriver à Chamonix avec Shakira la plus silencieuse possible.
Sources
Cet article s’appuie sur la publication Instagram publique de Casquette Verte du 15 août 2026 concernant sa torsion de cheville, sur ses communications antérieures relatives à ses blessures et sur les éléments publiés autour de sa fracture lors de l’Arc of Attrition. Pour l’analyse générale du retour au sport après une entorse de cheville, nous nous appuyons notamment sur le consensus international PAASS publié dans le British Journal of Sports Medicine.
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