A partir de quand est-ce qu’il peut être utile d’utiliser des bâtons en trail ?
S’il y a bien une thématique qui va avoir tendance à déchaîner les passions, c’est bien celle des bâtons. Pour des raisons qu’on ignore encore, ça fait partie des thèmes où il est impossible d’être mesuré en trail. Comment expliquer cela ? Parce qu’il y a eu beaucoup de marketing des marques pour les rendre indispensables quand d’autres ont décidé par principe que c’était mal d’en utiliser (certains n’hésitant pas à parler de triche…) Essayons de prendre un peu de hauteur, et voyons à partir de quand c’est utile.
Tous savoir sur les bâtons de trail
Les critères de course qui déterminent s’il faut des bâtons de trail
En termes de distances, à moins d’être dans du skyrunning, en-dessous de 60, voire 50km, ça n’a pas grand intérêt. Pour ce qui concerne le dénivelé, à partir de 3000m, ça peut devenir utile. Enfin, en termes de temps de course, ça peut valoir le coup de prendre vos bâtons avec vous si vous savez que vous partez pour plus de 15 heures (quand la fatigue arrive, ça peut aider). EN parallèle à tout cela, si vous avez beaucoup de côtes (montantes ou descendantes) à partir de 15/20%, ce n’est pas inutile.
Ces courses où les bâtons de trail sont inutiles
Prenons quelques exemples ; Ecotrail, Saintélyon, Cross du Mont Blanc, aucun intérêt. Pour l’OCC, ça peut vous aider à garder le rythme. Pour la CCC, ça vous rendra service surtout à partir de Trient. Le plus important est de les utiliser intelligemment et respectueusement (genre, quand c’est interdit, on ne se comporte pas comme un crétin et on les range !).
En résumé, au-delà des seuils de distance et de D+, l’utilité des bâtons commence vraiment le jour où ils permettent d’économiser les jambes sans faire perdre plus de temps qu’ils n’en font gagner.
Et ça arrive dès que la course ressemble à une alternance de montées longues, raides et répétées, puis de descentes cassantes où les quadriceps finissent par exploser bien avant le cardio.
Concrètement, les bâtons deviennent pertinents quand la montée se fait plus à la puissance qu’à la vitesse, quand le terrain oblige à marcher fort en appui sur les cuisses, ou quand la fin s’annonce comme un combat contre la fatigue, les crampes et la dégradation de la foulée. Ils servent alors moins à “aller plus vite” qu’à répartir la charge, soulager les cuisses et les mollets, stabiliser la posture, et garder de la lucidité technique dans les heures où la coordination se défait.
Mais cette efficacité n’existe que si les bâtons ont été appris, réglés et répétés à l’entraînement : un coureur qui les sort sans automatisme se fatigue des épaules, se tasse, s’emmêle dans les manipulations, perd du temps, et peut même gêner les autres dans les passages étroits.
Le vrai critère, au final, c’est la capacité à les utiliser proprement sur des pentes soutenues et à les ranger sans stress dès que le profil se lisse, en respectant les autres et le règlement, sans s’enfermer dans une dépendance qui handicapera le jour où ils sont interdits.
Si l’objectif est une course longue avec de longues montées et une fin difficile, les bâtons peuvent être un outil logique, à condition de les considérer comme une compétence technique à part entière, pas comme un accessoire magique.
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