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🎧 Les « 25 heures qui courent » débutent ce vendredi 6 novembre 2026 à 15 h. Organisée par Clément Deffrenne, alias Clemquicourt, cette épreuve caritative inspirée du format backyard réunit une centaine de participants dans les Pyrénées-Orientales, avec une retransmission en direct sur Twitch. Pendant 25 heures au maximum, champions du trail, créateurs de contenu et coureurs amateurs vont partager une succession de boucles à terminer en moins d’une heure. L’objectif est de récolter des fonds pour l’association Rêves, qui réalise les rêves d’enfants et d’adolescents gravement malades.
Mais derrière ce rassemblement inédit, une question dépasse le simple cadre sportif : jusqu’où peut-on rapprocher le trail de haut niveau et l’univers des influenceurs sans transformer l’identité de la discipline ? Le traileur professionnel Mathieu Delpeuch s’est lui-même interrogé avant d’accepter l’invitation de Clemquicourt. Dans une publication Instagram diffusée à la veille du départ, il reconnaît avoir craint que le trail perde une partie de son essence. Son témoignage illustre les interrogations que suscite la médiatisation croissante d’un sport historiquement attaché à la nature, à l’effort et à une certaine simplicité.
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Les « 25 heures qui courent » réunissent des influenceurs et des champions du trail
Le premier élément qui distingue les « 25 heures qui courent » d’une compétition traditionnelle est son casting. Clemquicourt a invité des personnalités dont la notoriété dépasse largement le monde de la course à pied.
Ces créateurs de contenu évoluent dans des univers différents, du divertissement au streaming, en passant par le fitness et les réseaux sociaux. Certains disposent d’audiences considérables, composées de personnes qui ne suivent pas nécessairement les grandes compétitions de montagne.
Sur les 100 places prévues, 50 ont été réservées à des abonnés sélectionnés grâce à un système de tickets d’or. L’événement repose ainsi sur une formule inhabituelle, associant personnalités d’Internet, sportifs professionnels et membres de la communauté de Clemquicourt.
Le tout s’inscrit dans un dispositif audiovisuel conçu pour Twitch, avec une retransmission permettant au public de suivre les participants pendant toute la durée du défi.
Mathieu Blanchard, Ludovic Pommeret et Blandine L’Hirondel sont les grands noms du trail au rendez-vous
L’événement possède également une véritable dimension sportive grâce à la présence de plusieurs athlètes parmi les plus connus du trail français.
Mathieu Blanchard, vainqueur de la Diagonale des Fous, figure parmi les principales attractions. Ludovic Pommeret, référence de l’ultra-trail français, est lui aussi annoncé, tout comme Blandine L’Hirondel, victorieuse de l’UTMB 2026.
Théo Detienne, Hugo Deck, Aurélien Sanchez, Benoît Girondel et Mathieu Delpeuch font également partie des coureurs attendus. L’ultrafondeuse Stéphanie Gicquel apporte de son côté une solide expérience de la gestion des efforts de très longue durée.
La boucle annoncée sur le site officiel mesure 5,9 km pour 180 m de dénivelé positif, avec un nouveau départ chaque heure. Il ne s’agit donc pas exactement du format réglementaire traditionnel de la backyard, dont la boucle mesure 6,706 km.
Les participants devront néanmoins composer avec les mêmes difficultés : répétition des efforts, récupération de plus en plus courte, alimentation, fatigue musculaire et passage de la nuit.
Au-delà des performances, l’une des particularités de cette course sera de voir évoluer sur un même parcours des champions habitués aux compétitions internationales et des personnalités dont la popularité s’est construite sur Internet.
Mathieu Delpeuch a hésité à participer à la course de Clemquicourt
Dans une publication Instagram diffusée le 5 novembre, Mathieu Delpeuch a expliqué que l’invitation de Clemquicourt avait provoqué chez lui une véritable réflexion.
Avant d’accepter, le traileur professionnel s’est interrogé sur sa place dans ce rassemblement et sur l’image qu’il souhaitait donner de sa discipline.
« Est-ce que je fais vraiment partie de ce monde ? Quelle est l’image que j’ai envie de donner du trail ? Est-ce qu’on ne serait pas en train d’en perdre un peu l’essence ? »
Son témoignage est intéressant parce qu’il ne vient pas d’un observateur extérieur, mais d’un sportif directement concerné par l’événement.
Mathieu Delpeuch exprime un malaise que peuvent partager certains pratiquants : celui de voir un sport traditionnellement associé à la montagne et à une forme de sobriété intégrer progressivement les codes du divertissement numérique.
Il ne rejette pourtant pas cette évolution. Après réflexion, il a choisi de participer, considérant que la présence de créateurs de contenu pouvait aussi permettre de transmettre les valeurs du trail à des personnes qui ne connaissent pas cet univers.
Sa déclaration exacte
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Mathieu Delpeuch, le traileur professionnel qui s’interroge sur l’avenir du trail ?
Mathieu Delpeuch est un traileur français de haut niveau, membre de l’équipe Brooks Trail Runners.
Il évolue sur les compétitions internationales de trail et d’ultra-trail, avec notamment une 9e place sur la CCC 2026, l’une des courses majeures de la semaine de l’UTMB à Chamonix.
Également actif dans la communication, il se présente comme traileur professionnel et communicant.
Son parcours est représentatif d’une génération d’athlètes qui doivent conjuguer performances sportives, partenariats avec les marques et présence sur les réseaux sociaux.
Cette double activité donne une portée particulière à ses interrogations : lui-même évolue déjà à la frontière entre le sport de haut niveau et la communication.
Dans le trail, les champions sont des influenceurs et les influenceurs prennent la place des champions
Les interrogations de Mathieu Delpeuch révèlent une transformation plus large du trail contemporain. La distinction entre performance sportive, notoriété numérique et influence commerciale devient de moins en moins évidente.
Pendant longtemps, la reconnaissance d’un traileur reposait principalement sur ses résultats en compétition. Les victoires sur les grandes courses de montagne permettaient de construire un palmarès, d’attirer des sponsors et de gagner en visibilité.
Aujourd’hui, les réseaux sociaux ont profondément modifié ce fonctionnement.
Un athlète peut être reconnu pour ses performances, mais aussi pour sa capacité à raconter ses entraînements, à partager ses aventures ou à fédérer une communauté autour de sa personnalité.
Cette évolution répond également à une réalité économique. Dans le trail, les revenus directement liés aux résultats sportifs restent limités pour de nombreux professionnels. Les collaborations avec les marques, la création de contenu et les projets audiovisuels peuvent donc jouer un rôle important dans leur carrière.
Parallèlement, des créateurs de contenu qui ne possèdent aucun grand palmarès peuvent bénéficier d’une audience bien supérieure à celle de certains champions internationaux.
La popularité d’un sportif ne dépend donc plus uniquement de son niveau, et la visibilité d’une personnalité du trail ne garantit pas nécessairement ses performances en compétition.
Cette nouvelle réalité modifie également les stratégies des marques. Un palmarès prestigieux conserve une valeur sportive considérable, mais une communauté engagée peut représenter un intérêt commercial tout aussi important.
La question n’est pas de savoir si les influenceurs ont leur place dans le trail. Beaucoup pratiquent sincèrement la course à pied et contribuent à la faire connaître. Elle est plutôt de comprendre comment cette nouvelle hiérarchie de la visibilité transforme la reconnaissance des athlètes.
Avec Clemquicourt, le trail est aussi un spectacle sur Twitch
Les « 25 heures qui courent » donnent une illustration concrète de cette évolution.
Dans une compétition traditionnelle, l’attention se concentre principalement sur les performances, les écarts entre les concurrents, les stratégies de course et les résultats à l’arrivée.
Dans un événement diffusé pendant 25 heures sur Twitch, d’autres éléments entrent en jeu. Les échanges entre participants, leurs réactions à la fatigue, leur personnalité ou les moments de divertissement peuvent devenir aussi importants pour les spectateurs que le classement sportif.
La présence de champions du trail apporte une crédibilité sportive à l’événement, tandis que celle des créateurs de contenu permet d’attirer une audience beaucoup plus large.
Ce fonctionnement n’est pas totalement nouveau. Depuis plusieurs années, les grandes compétitions développent leurs retransmissions en direct, les équipementiers financent des films consacrés à leurs athlètes et les aventures sportives deviennent des contenus destinés aux réseaux sociaux.
Mais Clemquicourt pousse cette logique plus loin en construisant volontairement un événement autour de la rencontre entre différentes formes de notoriété.
La course devient alors à la fois une épreuve d’endurance, un rendez-vous communautaire et un programme de divertissement.
Le trail risque de perdre ses valeurs en cherchant toujours plus de visibilité
C’est probablement la question la plus intéressante soulevée par le témoignage de Mathieu Delpeuch.
Le trail s’est historiquement construit autour d’une relation particulière à la nature, aux territoires traversés et à l’effort individuel. La simplicité, l’entraide et la capacité à évoluer longtemps sur les sentiers font partie des valeurs régulièrement mises en avant par les pratiquants.
La professionnalisation de la discipline et sa médiatisation ne font pas automatiquement disparaître ces principes. Les grandes compétitions internationales peuvent être spectaculaires tout en conservant une forte exigence sportive.
Mais l’importance croissante accordée à la visibilité pose une question : que se passe-t-il lorsque l’intérêt médiatique d’un participant devient plus important que sa performance ?
Dans un événement réunissant des champions et des personnalités d’Internet, un créateur de contenu peut attirer davantage de spectateurs qu’un athlète possédant un palmarès exceptionnel.
Cette différence de notoriété n’enlève rien aux qualités sportives des uns ni à la légitimité des autres. Elle montre simplement que les critères de reconnaissance ne sont plus les mêmes.
Le risque serait de réduire progressivement le trail à un décor destiné à produire des images et à raconter des histoires, en reléguant au second plan ce qui fait sa spécificité sportive.
Pour autant, les « 25 heures qui courent » ne suffisent pas à démontrer une telle dérive. Les participants devront réellement courir, affronter la fatigue et gérer un effort prolongé. La difficulté physique ne disparaît pas parce que l’événement est médiatisé.
Une opération caritative qui peut aussi faire découvrir le trail à un nouveau public
Il existe enfin un élément essentiel à prendre en compte : les « 25 heures qui courent » poursuivent un objectif caritatif.
Les fonds récoltés doivent bénéficier à l’association Rêves, qui accompagne des enfants et des adolescents gravement malades dans la réalisation de leurs rêves.
La mobilisation de personnalités très suivies sur Internet peut donner à cette initiative une portée que n’aurait pas nécessairement une course réservée aux seuls spécialistes du trail.
Pour certains spectateurs, cet événement sera peut-être une première découverte de la discipline. Ils pourront observer les contraintes de l’endurance, comprendre l’importance de l’alimentation et de la récupération, ou découvrir ce que représente le fait de repartir courir malgré la fatigue.
Cet aspect donne une autre dimension au rassemblement. Il ne s’agit pas uniquement de produire un spectacle, mais aussi de mobiliser une communauté autour d’une cause et d’une pratique sportive.
En résumé, les « 25 heures qui courent » posent finalement une question sur l’avenir du trail
L’événement organisé par Clemquicourt ne marque pas à lui seul une rupture dans l’histoire du trail. Il rend surtout visible une évolution déjà engagée : celle d’une discipline dans laquelle les performances sportives cohabitent désormais avec les stratégies de communication, les partenariats commerciaux et la recherche d’audience.
Le témoignage de Mathieu Delpeuch montre que cette transformation peut susciter des interrogations jusque chez les athlètes professionnels, sans conduire nécessairement à rejeter les nouvelles formes de médiatisation.
L’enjeu n’est donc pas d’opposer systématiquement champions et influenceurs, ni de considérer toute initiative populaire comme une menace pour le trail.
La véritable question est de savoir si cette visibilité supplémentaire servira durablement la pratique sportive, ses athlètes et ses valeurs, ou si le trail deviendra progressivement un simple support de divertissement.
Les « 25 heures qui courent » ne permettront pas de trancher ce débat. Mais en réunissant, sur un même parcours, des champions reconnus et des personnalités suivies par des millions de personnes, elles lui donnent une résonance particulière.
Sources
- publication Instagram de Mathieu Delpeuch du 5 novembre 2026 ;
- site officiel des « 25 heures qui courent » ;
- présentation de l’événement et des participants.
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Auteur : Axelle Anne, est la fondatrice de la redac. Dans le web depuis 1998, elle a fondé de nombreux sites et s’est mise au trail en 2010. Anti-conformiste et sans langue de bois, elle a contribué à faire sortir le trail de sa niche pour magazine plan plan pour en faire un sport grand public. Depuis 2025, elle assiste impuissante aux dérives du trail.Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidéos YouTube.










