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🎧 Les critiques environnementales contre les grandes courses de montagne se font de plus en plus entendre. Certains défenseurs d’une montagne plus sauvage vont jusqu’à remettre en question leur existence, et un commentaire publié sur Facebook illustre cette opposition dans sa forme la plus radicale.
L’UTMB, la Diagonale des Fous, le Tor des Géants, la Restonica, la 6000D ou encore la Maxi-Race d’Annecy : les grandes courses de trail concentrent une partie des critiques adressées à la fréquentation des espaces naturels.
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Pour certains puristes de la montagne, ces événements symbolisent une transformation progressive des massifs en terrains de loisirs et de compétition, au détriment de la tranquillité des paysages et de la biodiversité.

Un commentaire publié sur Facebook illustre jusqu’où peut aller cette position. Son auteur réclame la suppression de dizaines de compétitions et d’activités de plein air, avant de lancer cet appel : « Rendez la montagne à la nature ».
Derrière cette revendication extrême se dessine un débat bien réel : les grands trails ont-ils encore leur place dans une montagne de plus en plus fragile ?
De l’UTMB à la Diagonale des Fous, les plus grandes courses de trail sont visées
La liste publiée par cet internaute est impressionnante.
Il cite notamment l’UTMB, la Diagonale des Fous, la Restonica Trail, le Grand Trail des Pyrénées, le Tor des Géants, la TDS, la Patrouille des Glaciers, la Pierra Menta, la 6000D, la Maxi-Race d’Annecy et de nombreuses autres épreuves.
Mais sa critique ne s’arrête pas aux compétitions. Elle englobe également la randonnée, les refuges, les restaurants d’altitude, les via ferrata, le VTT, les tyroliennes, le canyoning et même Strava.
Cette accumulation révèle une opposition plus générale à l’exploitation sportive et touristique de la montagne.
L’auteur dénonce notamment l’érosion des sols, le dérangement des animaux, les racines mises à nu, les aménagements artificiels et les interventions mécaniques sur les glaciers.
Pour résumer son sentiment, il compare la montagne contemporaine à Disneyland, estimant que les espaces naturels sont progressivement transformés en parcs d’attractions.
Sa conclusion ne laisse guère de place au compromis : « Vous n’avez rien à faire là bas ».
La critique environnementale du trail dépasse désormais les réseaux sociaux
Ce commentaire représente une position individuelle, mais les interrogations concernant l’impact des grandes compétitions ne se limitent pas à Facebook.
L’organisation souligne les enjeux liés aux émissions des déplacements, à la fréquentation des milieux sensibles et à l’implication des populations locales.
Les grandes courses ne sont donc plus seulement évaluées à travers leurs performances sportives ou leurs retombées économiques. Leur compatibilité avec la préservation de la montagne fait désormais partie du débat.
Cette évolution ne signifie toutefois pas que toutes les associations environnementales demandent l’interdiction du trail. Beaucoup défendent une meilleure adaptation des événements aux territoires concernés.
Il existe ainsi une différence importante entre demander une limitation du nombre de participants, une modification des parcours ou des mesures de protection supplémentaires, et réclamer purement et simplement la disparition de toutes les courses.
Courir en montagne, est-ce vraiment la détruire ?
La question mérite d’être posée sans caricature.
Le passage répété de coureurs peut contribuer à dégrader certains sentiers, notamment lorsque les sols sont fragiles ou lorsque les participants quittent les itinéraires prévus.
Les événements peuvent également perturber la faune, particulièrement dans les secteurs sensibles ou lors des passages nocturnes.
Mais toutes les pratiques n’ont pas les mêmes conséquences.
Une course empruntant des sentiers existants ne peut pas être assimilée à la construction d’infrastructures touristiques ou à des travaux mécanisés en altitude.
Quant aux grands événements comme l’UTMB, leur empreinte carbone dépend notamment des déplacements des participants, des accompagnateurs et des spectateurs.
L’UTMB Mont-Blanc a ainsi évalué son bilan carbone 2024 à environ 18 600 tonnes équivalent CO₂. L’organisation a engagé plusieurs mesures destinées à réduire son impact, notamment une contribution carbone liée aux transports des participants en 2026.
Ces initiatives ne suppriment pas toutes les conséquences environnementales des grands rassemblements, mais elles témoignent d’une prise en compte progressive de ces enjeux.
Faut-il rendre la montagne à la nature en interdisant les trails ?
C’est toute la contradiction soulevée par cette revendication.
Les traileurs fréquentent généralement la montagne parce qu’ils l’aiment. Le contact avec les paysages, les forêts et les sommets constitue même l’une des principales raisons de pratiquer cette discipline.
Pour autant, cet attachement ne garantit pas l’absence d’impact environnemental.
La question consiste donc à déterminer quelles activités peuvent être maintenues, dans quelles conditions et avec quelles limites.
Faut-il réduire les jauges de certaines compétitions ? Éviter les secteurs les plus sensibles ? Modifier les horaires de passage ? Limiter les déplacements internationaux ?
Ces pistes méritent d’être discutées.
Supprimer toutes les courses constituerait en revanche une réponse beaucoup plus radicale, qui poserait immédiatement une autre question : pourquoi interdire le trail et maintenir la randonnée, le tourisme ou les autres loisirs de montagne ?
Et si toutes ces activités devaient également disparaître, quelle place resterait-il à l’être humain dans ces espaces ?
En résumé, une montagne sans traileurs, mais aussi sans randonneurs ?
En poussant cette logique jusqu’au bout, les défenseurs d’une montagne entièrement préservée de la présence humaine soulèvent une question fondamentale : à qui appartient la montagne ?
Aux sportifs qui viennent y chercher un défi ? Aux habitants qui y vivent et en dépendent économiquement ? Aux promeneurs qui souhaitent simplement découvrir un paysage ? Ou faut-il considérer que certains espaces devraient être entièrement soustraits à la fréquentation humaine ?
Les parcs nationaux français ont notamment pour mission de préserver les milieux naturels, mais également de permettre leur découverte et de sensibiliser les visiteurs à leur protection, dans le respect des réglementations applicables.
La position exprimée dans ce commentaire Facebook n’est pas représentative de l’ensemble des défenseurs de l’environnement. Elle constitue néanmoins une illustration particulièrement radicale des tensions qui entourent le développement des activités de pleine nature.
Car si la disparition de toutes les courses ne constitue pas une réponse évidente aux problèmes environnementaux, l’idée que le développement du trail puisse se poursuivre sans limites mérite elle aussi d’être discutée.
Le véritable enjeu n’est peut-être pas de choisir entre une montagne entièrement interdite et une montagne transformée en parc de loisirs, mais de trouver les limites qui permettront de continuer à la fréquenter sans compromettre sa préservation.
Reste une question : pour sauver la montagne, faut-il empêcher les traileurs d’y courir ou leur apprendre à mieux la respecter ?
Sources
- CIPRA – Trail running dans les Alpes : des événements contre nature ?
- Office français de la biodiversité – Préserver la biodiversité pendant ses loisirs
- UTMB Mont-Blanc – Rapport d’impact
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Auteur : Axelle Anne, est la fondatrice de la redac. Dans le web depuis 1998, elle a fondé de nombreux sites et s’est mise au trail en 2010. Anti-conformiste et sans langue de bois, elle a contribué à faire sortir le trail de sa niche pour magazine plan plan pour en faire un sport grand public. Depuis 2025, elle assiste impuissante aux dérives du trail.Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidéos YouTube.









