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🎧 À quelques jours du Festival des Templiers 2026, les annonces de forfaits se succèdent parmi les meilleurs traileurs.
Thomas Cardin, Caitlin Fielder, Pierre Livache ou encore Ludovic Pommeret manqueront à l’appel. Une accumulation qui attire particulièrement l’attention sur une course connue pour sa politique très stricte en matière de dopage, mais aussi pour sa surveillance de la consommation de médicaments.
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Du 15 au 18 octobre 2026, le Festival des Templiers réunira à Millau plusieurs milliers de coureurs, avec en point d’orgue le Grand Trail de 80 kilomètres, disputé dimanche dans les Grands Causses. L’événement s’annonce une nouvelle fois particulièrement relevé, avec des athlètes internationaux de premier plan et des primes pouvant atteindre 10 000 euros pour les vainqueurs.
Pourtant, à mesure que le départ approche, la liste des absents s’allonge. Et cette année, ces désistements interviennent dans un contexte particulier : les organisateurs revendiquent une politique de lutte contre le dopage parmi les plus volontaristes du trail français.
Templiers 2026 : les forfaits des favoris se multiplient à quelques jours du départ
La dernière annonce concerne Caitlin Fielder. La Néo-Zélandaise, double tenante du titre sur le Grand Trail des Templiers, ne défendra pas sa couronne dimanche 18 octobre. Selon les informations communiquées à Distances+, l’athlète Adidas Terrex a été malade la semaine dernière et ne se considère pas suffisamment remise pour affronter les 80 kilomètres.
C’est un véritable coup dur pour le plateau féminin. Quatrième de la Western States et cinquième de la CCC cette saison, Caitlin Fielder comptait parmi les principales prétendantes à la victoire.
Quelques jours auparavant, c’est Thomas Cardin qui annonçait son forfait. Le champion d’Europe 2024, également vainqueur des Templiers cette même année, devait disputer la victoire à Francesco Puppi, Benjamin Roubiol et Sylvain Cachard. Le motif de son absence n’a pas été précisé publiquement.
Autre absence particulièrement remarquée, celle de Pierre Livache, vainqueur du Grand Trail des Templiers en 2025. Son forfait prive donc l’épreuve de son tenant du titre masculin, alors que celui-ci envisageait de conserver sa couronne.
Enfin, Ludovic Pommeret a lui aussi renoncé à l’Endurance Trail d’environ 100 kilomètres. Son absence est toutefois connue depuis septembre : le Savoyard s’est accidentellement sectionné un tendon du pied en bricolant. Impossible, dans ces conditions, de prendre le départ.
En quelques semaines, le Festival a donc perdu plusieurs athlètes majeurs, dont les deux vainqueurs sortants du Grand Trail. De quoi modifier sensiblement la physionomie de la compétition.
Mais ces annonces prennent une résonance particulière lorsqu’on connaît les engagements des organisateurs en matière de santé et d’antidopage.
Les Templiers sont l’une des courses françaises les plus engagées contre le dopage
Ce qui distingue le Festival des Templiers de nombreuses autres compétitions, c’est l’engagement ancien de ses organisateurs sur les questions d’intégrité sportive.
Odile Baudrier, qui organise l’événement aux côtés de Gilles Bertrand, est également journaliste pour SPE15, un média spécialisé notamment dans les questions de dopage et de santé sportive.
Depuis plusieurs années, elle défend une vision particulièrement exigeante de la compétition, fondée sur les contrôles antidopage, la prévention et la surveillance des pratiques médicamenteuses des athlètes.
Cette politique ne se limite pas aux déclarations d’intention.
En 2025, les Templiers ont conclu un partenariat avec l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), renouvelé pour l’édition 2026.
Cette année, une trentaine de contrôles antidopage sont programmés à l’arrivée des épreuves, principalement sur le Grand Trail des Templiers et le Marathon des Causses. Des actions de sensibilisation sont également prévues, notamment auprès des élites.
Pour une discipline encore peu structurée en matière de suivi antidopage, la démarche est loin d’être anodine.
Aux Templiers, la surveillance va même au-delà des produits dopants
L’une des particularités du Festival réside dans sa volonté historique de surveiller également certaines pratiques qui ne relèvent pas nécessairement du dopage au sens réglementaire.
C’est notamment le cas de la consommation d’anti-inflammatoires non stéroïdiens, les fameux AINS, auxquels certains coureurs ont recours pour supporter la douleur pendant les compétitions d’endurance.
Ces médicaments, qui ne figurent pas en tant que tels sur la liste des substances interdites de l’Agence mondiale antidopage, peuvent néanmoins présenter des risques importants, notamment au niveau des reins, en particulier lors d’efforts prolongés associés à la déshydratation.
En 2024, des contrôles sanitaires réalisés sur dix athlètes à l’arrivée des Templiers avaient révélé que cinq d’entre eux avaient consommé au moins un anti-inflammatoire non stéroïdien dans les jours précédant la course.
Cette proportion, observée sur un échantillon limité, avait relancé le débat sur la médicalisation de la performance en trail.
Plus intéressant encore, le Festival avait présenté une politique de santé visant à identifier certaines consommations médicamenteuses, y compris lorsqu’elles concernaient des substances autorisées par la réglementation antidopage.
Dans un entretien publié par SPE15 en 2024, Pierre Sallet, spécialiste de la lutte contre les conduites dopantes, expliquait que ce dispositif pouvait notamment conduire à conseiller à un athlète de renoncer au départ pour préserver sa santé.
L’objectif affiché dépassait donc la seule détection de tricheries : il s’agissait également de limiter le recours aux médicaments pour pouvoir courir malgré des problèmes physiques.
Les modalités exactes de ce dispositif sanitaire pour 2026 ne sont toutefois pas entièrement établies. Le renouvellement du partenariat avec l’AFLD confirme les contrôles antidopage et la prévention, mais ne démontre pas à lui seul la reconduction de toutes les procédures sanitaires des éditions précédentes.
Des contrôles antidopage renforcés et des forfaits en série : une coïncidence qui interpelle
C’est précisément ce rapprochement qui peut susciter des interrogations.
D’un côté, une organisation qui affiche publiquement sa volonté de faire du Festival des Templiers une référence en matière de sport propre. De l’autre, plusieurs athlètes de tout premier plan qui renoncent à quelques jours de l’événement.
Faut-il y voir autre chose qu’une coïncidence ?
À ce stade, aucun élément ne permet de l’affirmer.
Les situations individuelles connues sont différentes. Caitlin Fielder a évoqué une maladie. Ludovic Pommeret est victime d’un accident domestique documenté depuis septembre. Quant aux autres forfaits, l’absence d’explication publique détaillée ne permet aucune interprétation sur leurs motivations.
Il serait donc injustifié d’associer ces désistements à une volonté d’éviter les contrôles antidopage.
D’autant que le nombre de forfaits n’a de sens que s’il est comparé à celui des éditions précédentes et au nombre total d’élites initialement engagés. Sur les seules annonces disponibles, impossible de démontrer une augmentation exceptionnelle des désistements.
Reste que leur accumulation, dans une épreuve aussi engagée sur la question du dopage, donne matière à réfléchir à la manière dont le trail de haut niveau aborde désormais la santé des compétiteurs.
En 2025, les contrôles antidopage des Templiers n’avaient révélé aucun cas positif
Il faut également rappeler un résultat important.
Lors de l’édition 2025, trente contrôles antidopage avaient été réalisés dans le cadre du partenariat avec l’AFLD. Aucun n’avait donné lieu à un résultat positif, selon le bilan publié par SPE15.
Vingt contrôles concernaient le Grand Trail des Templiers et dix le Marathon des Causses. Le même volume est annoncé pour 2026.
Ce bilan est encourageant, même si trente résultats négatifs ne suffisent évidemment pas à garantir l’absence de dopage dans l’ensemble du peloton.
En poursuivant ce partenariat, les organisateurs assument donc une démarche de transparence et de prévention dans un sport où les performances progressent, où les récompenses financières augmentent et où les exigences de récupération deviennent toujours plus importantes.
En résumé, la vraie question est de savoir pourquoi les élites prennent parfois le départ à tout prix
Au fond, cette succession de forfaits pose peut-être une question plus large que celle du dopage.
Le trail professionnel s’est considérablement développé ces dernières années. Les athlètes enchaînent les compétitions internationales, multiplient les déplacements et doivent répondre aux attentes de leurs sponsors, de leurs équipes et des organisateurs.
Dans ce contexte, la tentation de courir malgré une blessure, une maladie ou une récupération insuffisante peut exister.
Or, les Templiers défendent depuis longtemps une autre logique : celle d’une compétition où la performance ne devrait jamais être obtenue au détriment de la santé.
On peut discuter de la pertinence de certains dispositifs sanitaires, de la différence entre une prise médicamenteuse légale et une conduite dopante, ou encore des limites des contrôles réalisés uniquement à l’arrivée.
Mais une chose mérite d’être soulignée : une organisation qui exige davantage de transparence sanitaire doit aussi accepter que certains athlètes renoncent lorsqu’ils ne sont pas en état de courir.
Les nombreux forfaits des Templiers 2026 ne constituent donc pas un indice de dopage. Ils rappellent surtout que la question de la santé, des médicaments et de l’intégrité sportive occupe désormais une place centrale dans le trail de haut niveau.
Et si l’engagement d’Odile Baudrier et du Festival des Templiers permet d’ouvrir plus largement ce débat, alors ces absences auront au moins contribué à remettre une question essentielle sur la table : jusqu’où faut-il être prêt à aller pour prendre le départ d’une course ?
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Auteur : Axelle Anne, est la fondatrice de la redac. Dans le web depuis 1998, elle a fondé de nombreux sites et s’est mise au trail en 2010. Anti-conformiste et sans langue de bois, elle a contribué à faire sortir le trail de sa niche pour magazine plan plan pour en faire un sport grand public. Depuis 2025, elle assiste impuissante aux dérives du trail.Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidéos YouTube.
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