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đ§ 35 millions dâeuros de chiffre dâaffaires, 45 millions dâeuros de retombĂ©es Ă©conomiques et environ un million dâeuros de marge brute pour lâĂ©vĂ©nement de Chamonix : les chiffres avancĂ©s par lâUTMB donnent une idĂ©e de lâampleur financiĂšre prise par le trail.
Dans une interview diffusĂ©e par le compte Instagram Aktionnaire, un reprĂ©sentant du groupe dĂ©taille les revenus et les coĂ»ts de lâorganisation. Mais derriĂšre ces millions dâeuros, une question demeure : quelle part de cette richesse revient rĂ©ellement aux coureurs et aux athlĂštes qui font vivre la discipline ?
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LâUTMB annonce 35 millions dâeuros de chiffre dâaffaires en 2025
LâUltra-Trail du Mont-Blanc est devenu bien davantage quâune course de montagne organisĂ©e chaque Ă©tĂ© Ă Chamonix. Avec son circuit international, ses partenaires commerciaux et son systĂšme de qualification, lâUTMB fonctionne dĂ©sormais comme une entreprise prĂ©sente sur plusieurs continents.
Dans lâextrait publiĂ© par Aktionnaire, le groupe annonce avoir rĂ©alisĂ© 35 millions dâeuros de chiffre dâaffaires en 2025, un montant qui aurait progressĂ© rĂ©guliĂšrement depuis 2022.
Une prĂ©cision est toutefois essentielle : ces 35 millions dâeuros concernent lâensemble des activitĂ©s dâUTMB Group et non la seule semaine de compĂ©tition Ă Chamonix.
Lâorganisation Ă©voque 67 Ă©vĂ©nements Ă travers le monde, auxquels sâajoutent diffĂ©rentes filiales internationales.
Ce chiffre dâaffaires dĂ©clarĂ© dans lâinterview doit par ailleurs ĂȘtre distinguĂ© du bĂ©nĂ©fice de lâentreprise. Il ne correspond pas Ă la somme qui reste dans les caisses une fois toutes les dĂ©penses rĂ©glĂ©es.
Combien rapporte la course UTMB de Chamonix Ă ses organisateurs ?
Câest sans doute le chiffre le plus intĂ©ressant de cette interview.
Selon les estimations communiquĂ©es, lâorganisation de lâĂ©vĂ©nement UTMB Mont-Blanc reprĂ©sente environ 4,5 millions dâeuros de coĂ»ts.
Et la marge brute dĂ©gagĂ©e par lâĂ©vĂ©nement atteindrait approximativement un million dâeuros.
Autrement dit, en retenant ces deux montants, les revenus associĂ©s Ă lâĂ©vĂ©nement pourraient se situer autour de 5,5 millions dâeuros.
Il sâagit toutefois dâun calcul indicatif rĂ©alisĂ© Ă partir de chiffres arrondis, et non dâun compte de rĂ©sultat dĂ©taillĂ©.
Surtout, un million dâeuros de marge brute ne signifie pas un million dâeuros de bĂ©nĂ©fice net. Des charges supplĂ©mentaires, des frais de structure, des amortissements ou encore la fiscalitĂ© peuvent intervenir avant de dĂ©terminer le rĂ©sultat final.
Lâinterview donne donc un ordre de grandeur de la rentabilitĂ© de lâĂ©vĂ©nement, mais ne permet pas de connaĂźtre prĂ©cisĂ©ment son bĂ©nĂ©fice comptable.
Les dossards et les sponsors représentent 90 % des recettes
Le modÚle économique présenté repose essentiellement sur deux sources de revenus : les inscriptions des coureurs et les partenariats commerciaux.
à elles deux, elles représenteraient environ 90 % des recettes du groupe.
Les revenus complémentaires proviennent notamment de la vente de licences et des produits dérivés.
Le modĂšle est particuliĂšrement intĂ©ressant puisquâil repose sur une communautĂ© de pratiquants qui contribue directement au financement des Ă©vĂ©nements.
Les coureurs achĂštent leurs dossards, les marques investissent pour bĂ©nĂ©ficier de la visibilitĂ© offerte par les Ă©preuves et lâorganisation dĂ©veloppe progressivement son circuit international.
La rĂ©ussite Ă©conomique de lâUTMB est ainsi Ă©troitement liĂ©e Ă lâengouement mondial pour le trail running.
Mais elle repose aussi sur la capacitĂ© de lâorganisation Ă fidĂ©liser les participants et Ă attirer de nouveaux coureurs vers ses Ă©vĂ©nements.
Les 45 millions dâeuros de retombĂ©es Ă©conomiques ne vont pas dans les caisses de lâUTMB
Câest probablement le chiffre qui provoque le plus de confusion.
LâUTMB revendique chaque annĂ©e prĂšs de 45 millions dâeuros de retombĂ©es Ă©conomiques pour le territoire du Mont-Blanc.
Ce montant est Ă©galement prĂ©sentĂ© dans son rapport dâimpact officiel et comprend les dĂ©penses directes, indirectes et induites liĂ©es Ă lâĂ©vĂ©nement.
Il sâagit notamment de lâhĂ©bergement des coureurs et de leurs accompagnants, des repas consommĂ©s dans les restaurants, des achats dans les commerces ou encore des dĂ©penses de transport.
Lâorganisation indique que les participants et leurs proches sĂ©journent en moyenne prĂšs de six nuits sur le territoire.
Ces 45 millions dâeuros reprĂ©sentent donc une activitĂ© Ă©conomique estimĂ©e Ă lâĂ©chelle locale. Ils ne constituent ni le chiffre dâaffaires propre de lâUTMB, ni son bĂ©nĂ©fice.
La nuance est fondamentale.
Une chambre dâhĂŽtel rĂ©servĂ©e par un traileur contribue Ă lâĂ©conomie de la vallĂ©e, mais son prix ne devient pas une recette de lâorganisateur.
De la mĂȘme maniĂšre, les retombĂ©es annoncĂ©es ne permettent pas Ă elles seules de dĂ©terminer quelle richesse supplĂ©mentaire lâĂ©vĂ©nement crĂ©e rĂ©ellement. Une partie des dĂ©penses aurait Ă©ventuellement pu ĂȘtre rĂ©alisĂ©e par dâautres visiteurs, mĂȘme sans la course.
Malgré ces millions, la rémunération des meilleurs traileurs fait débat
La publication dâAktionnaire a rapidement suscitĂ© des rĂ©actions critiques.
Plusieurs internautes sâinterrogent sur la place accordĂ©e aux athlĂštes professionnels dans un modĂšle Ă©conomique qui gĂ©nĂšre dĂ©sormais des dizaines de millions dâeuros de chiffre dâaffaires.
Un commentaire résume cette frustration :
« 45 millions et malgré tout, une rémunération des athlÚtes déplorable. »
Un autre internaute évoque une prime de 20 000 euros pour le vainqueur, chiffre cité dans le commentaire mais qui ne constitue pas, à lui seul, une vérification du barÚme de récompenses.
DerriÚre ces réactions se pose une question de fond : quelle part des revenus du trail doit revenir aux sportifs qui participent à sa notoriété ?
Les meilleurs athlĂštes assurent une partie du spectacle. Leurs performances sont suivies en direct, leurs records alimentent les mĂ©dias spĂ©cialisĂ©s et leurs images contribuent Ă la visibilitĂ© internationale de lâĂ©vĂ©nement.
Pour autant, les dĂ©penses dâorganisation restent importantes. La sĂ©curitĂ©, le balisage, les ravitaillements, la logistique et les moyens humains nĂ©cessaires Ă une course de cette envergure reprĂ©sentent des coĂ»ts rĂ©els.
La question nâest donc pas simplement de savoir si lâUTMB gagne de lâargent, mais comment la valeur créée par lâĂ©vĂ©nement est rĂ©partie entre lâorganisation, les partenaires, les territoires et les athlĂštes.
LâUTMB est devenu une entreprise mondiale du trail
En quelques dĂ©cennies, lâUTMB a changĂ© de dimension.
Ce qui Ă©tait initialement une grande course autour du Mont-Blanc constitue dĂ©sormais le point central dâun ensemble dâĂ©vĂ©nements internationaux.
Dans son interview, lâorganisation affirme quâaucun de ses 67 Ă©vĂ©nements ne gĂ©nĂ©rerait moins dâun million dâeuros de retombĂ©es Ă©conomiques directes sur son territoire.
Cette dĂ©claration illustre lâambition Ă©conomique du circuit, mais ne signifie pas que chacun de ces Ă©vĂ©nements rĂ©alise un million dâeuros de chiffre dâaffaires ou de bĂ©nĂ©fice.
Lâexpansion internationale permet au groupe de multiplier les inscriptions, les partenariats et les opportunitĂ©s commerciales. Elle contribue Ă©galement Ă renforcer le poids de la marque UTMB dans lâunivers du trail.
Et câest prĂ©cisĂ©ment cette Ă©volution qui alimente une partie des critiques.
Pour certains pratiquants, la professionnalisation reprĂ©sente une avancĂ©e : elle apporte des moyens, de la visibilitĂ© et des Ă©vĂ©nements capables dâattirer un public mondial.
Pour dâautres, elle fait progressivement passer le dĂ©veloppement commercial avant lâesprit originel du trail, longtemps associĂ© Ă la simplicitĂ©, Ă la montagne et Ă une pratique relativement accessible.
Combien rapporte vraiment lâUTMB ? La rĂ©ponse dĂ©pend de qui encaisse lâargent
Les chiffres avancĂ©s permettent dĂ©sormais de distinguer trois rĂ©alitĂ©s Ă©conomiques : un chiffre dâaffaires mondial dĂ©clarĂ© de 35 millions dâeuros, une marge brute estimĂ©e Ă un million dâeuros pour lâĂ©vĂ©nement de Chamonix et 45 millions dâeuros de retombĂ©es Ă©conomiques revendiquĂ©es pour le territoire.
Ces trois montants ne mesurent pas la mĂȘme chose et ne peuvent pas ĂȘtre additionnĂ©s pour calculer ce que gagne lâUTMB.
La réussite commerciale du groupe apparaßt néanmoins incontestable dans sa dimension : le trail est devenu un marché suffisamment important pour faire vivre un circuit international et attirer de grandes entreprises partenaires.
Reste une interrogation qui dĂ©passe largement les finances de lâorganisateur. Ă mesure que le trail gĂ©nĂšre davantage dâargent, la place accordĂ©e aux coureurs dans ce modĂšle Ă©conomique mĂ©rite elle aussi dâĂȘtre discutĂ©e.
Car sans athlĂštes, sans amateurs prĂȘts Ă acheter leur dossard et sans passionnĂ©s pour suivre les compĂ©titions, il nây aurait tout simplement pas de business du trail.
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Auteur : Axelle Anne, est la fondatrice de la redac. Dans le web depuis 1998, elle a fondĂ© de nombreux sites et s’est mise au trail en 2010. Anti-conformiste et sans langue de bois, elle a contribuĂ© Ă faire sortir le trail de sa niche pour magazine plan plan pour en faire un sport grand public. Depuis 2025, elle assiste impuissante aux dĂ©rives du trail.Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidĂ©os YouTube.
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