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🎧 Dimanche 27 septembre 2026, à Saint-Hilaire, au sud de Toulouse, un riverain se trouve chez lui lorsqu’il entend des projectiles passer à proximité de son habitation.
Une battue aux sangliers est alors organisée dans le secteur. Selon les premiers éléments rapportés par la gendarmerie, l’homme aperçoit ensuite un chasseur vêtu d’un gilet rouge partir en direction de la forêt. Une enquête est désormais ouverte pour déterminer précisément ce qui s’est passé.
Et pourtant, à chaque fois que uTrail parle de chasse, la même remarque revient : « Quel rapport avec le trail ? »
Le rapport est assez simple : si un chasseur tire dans la mauvaise direction et que, cette fois, personne n’est blessé, la prochaine balle peut finir dans le genou d’un traileur, ou pire. Les traileurs courent dans les mêmes espaces, parfois aux mêmes heures, et leur sécurité dépend aussi de la manière dont les tirs sont effectués autour d’eux.
À Saint-Hilaire, une battue était organisée près d’une piste cyclable, où passent des familles, des coureurs et des riverains
La battue de ce dimanche était connue à l’avance. L’Association communale de chasse agréée de Saint-Hilaire organisait une chasse au sanglier avec l’ACCA de Muret entre 7 h 30 et 14 heures, dans un secteur comprenant notamment la coulée verte, le bord de la Louge, le bas de la piste cyclable et le lieu-dit Couhin. Des panneaux et des arrêtés devaient signaler l’opération sur les routes et la piste cyclable concernées.
Vers 11 heures, un habitant installé chez lui affirme avoir entendu des projectiles passer près de son domicile. Il indique ensuite aux gendarmes avoir aperçu un chasseur en gilet rouge quitter les lieux en direction de la forêt.
La gendarmerie a pris contact avec l’ACCA et demandé la convocation du chasseur mis en cause. Une enquête a été ouverte et le parquet devra décider, après les auditions, de l’éventuelle qualification pénale, avec notamment la possibilité d’une mise en danger de la vie d’autrui.
À ce stade, l’enquête doit encore établir précisément la trajectoire des tirs, l’identité du tireur et les circonstances dans lesquelles il a quitté les lieux.
Voilà précisément le rapport avec le trail
Depuis plusieurs semaines, nos articles consacrés à la chasse déclenchent régulièrement la même objection : uTrail devrait parler uniquement de trail et laisser la chasse aux médias spécialisés.
Sauf que parler trail ne consiste pas uniquement à comparer des chaussures ou à commenter les résultats de l’UTMB. Le trail se pratique dans des forêts, sur des chemins ruraux, le long de pistes cyclables, dans des collines et sur des sentiers qui peuvent aussi être utilisés pour la chasse.
La veille, l’annonce de la battue demandait d’ailleurs aux habitants de prendre leurs dispositions pendant sa durée.
Quand une activité armée oblige les autres usagers à modifier leur sortie, à consulter les horaires d’une battue, à regarder les panneaux et à adapter leur parcours, elle concerne directement les pratiquants outdoor.
Et quand des tirs passent près d’une habitation, la question devient encore plus concrète.
Il suffit de remplacer le riverain par un traileur
Le riverain de Saint-Hilaire se trouvait chez lui. Quelques dizaines de mètres plus loin, au même moment, un coureur aurait pu passer sur un chemin.
Ce coureur aurait pu respecter le balisage, rester sur son itinéraire, porter du fluo et ne commettre aucune imprudence. Une fois le projectile parti, sa sécurité aurait malgré tout dépendu de la direction choisie par le tireur.
C’est précisément ce que nous répétons lorsque certains répondent aux accidents de chasse par les accidents de voiture, les chutes en montagne ou les crises cardiaques en trail.
Le problème spécifique d’une arme à feu tient au fait que le risque peut être imposé à quelqu’un qui ne participe pas à l’activité.
Il n’accepte pas de devenir, par hasard, la personne qui se trouve sur la trajectoire d’un projectile tiré par quelqu’un d’autre.
Les pro-chasse se moquent… comme d’habitude
Sous l’article d’Actu Toulouse, la mécanique est déjà bien rodée. Certains tournent le témoignage du riverain en dérision, d’autres expliquent qu’une balle qui siffle serait forcément déjà passée, et plusieurs parlent carrément d’« intox » ou de « fake ». Avant même la fin de l’enquête, certains ont donc déjà choisi de minimiser l’affaire.
Sauf qu’il y a tout de même quelques faits : une battue avait lieu, un riverain a appelé les gendarmes, l’ACCA a été prévenue, un chasseur doit être entendu et une enquête a été ouverte.
Attendre les conclusions de l’enquête est logique. Faire comme si tout cela était ridicule l’est beaucoup moins.
Le vrai sujet, c’est où part la balle
La battue était autorisée, annoncée et encadrée. Très bien. Mais à partir du moment où un tir part vers une habitation, le problème change complètement de niveau.
D’après les premiers éléments rapportés, c’est justement ce que les enquêteurs cherchent à établir : comment des tirs ont pu passer aussi près d’une maison et dans quelles circonstances.
Une battue peut être parfaitement légale. Une balle qui part dans la mauvaise direction reste dangereuse.
Et c’est précisément pour cela que ce sujet concerne aussi les traileurs, les promeneurs, les cyclistes ou simplement les gens qui vivent à côté. Aujourd’hui, personne n’a été blessé. Demain, la même erreur peut finir dans le genou d’un traileur, ou pire.
En résumé : le traileur peut s’adapter, mais il ne peut pas contrôler la trajectoire d’une balle
Un traileur peut regarder les panneaux, changer de boucle lorsqu’une battue est signalée et choisir un autre secteur lorsque l’information est disponible. C’est déjà ce que beaucoup font chaque automne.
Mais cette adaptation a une limite très simple : elle fonctionne tant que les tirs restent dans les directions prévues et que les règles de sécurité sont respectées.
À Saint-Hilaire, la gendarmerie cherche justement à comprendre pourquoi des tirs ont pu passer aussi près d’une habitation et pourquoi le chasseur signalé par le riverain a quitté les lieux.
Alors, quel rapport entre cet épisode et le trail ?
Le même rapport qu’entre une battue et tous ceux qui vivent, marchent, roulent ou courent autour : lorsqu’un projectile part dans la mauvaise direction, la frontière entre « leur activité » et « notre sécurité » disparaît immédiatement.
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