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🎧 Edmonton Marathon : jusqu’à 800 mètres de trop ? La distance du parcours provoque la colère des coureurs
Le scénario est probablement l’un des plus frustrants pour un coureur : préparer une course pendant des mois, gérer son allure au kilomètre près… puis découvrir à l’arrivée que la distance parcourue pourrait être supérieure à celle annoncée. C’est la polémique qui secoue l’Edmonton Marathon depuis les courses disputées dimanche 16 août 2026 au Canada.
Plusieurs participants au marathon et surtout au semi-marathon affirment avoir couru plusieurs centaines de mètres supplémentaires. Certains GPS ont enregistré autour de 21,9 à 22,1 km sur le semi-marathon, soit environ 800 mètres de plus que les 21,0975 km réglementaires. L’organisation défend toutefois la certification de son parcours : à ce stade, l’existence d’une erreur de 674,4 mètres, chiffre largement repris sur les réseaux sociaux, ne peut donc pas être présentée comme définitivement établie.
Des centaines de mètres qui peuvent changer complètement un marathon
Pour un coureur loisir, quelques centaines de mètres supplémentaires peuvent sembler anecdotiques. Sur un marathon ou un semi couru à la limite de ses capacités, ils changent pourtant énormément de choses.
Allure moyenne, record personnel, classement ou objectif chronométrique : toute une préparation peut se jouer sur quelques minutes. Et pour certains participants, Edmonton devait également servir à réaliser un chrono susceptible d’entrer dans un processus de qualification pour une grande épreuve.
La frustration est d’autant plus forte que les témoignages ne viennent pas seulement du milieu du peloton.
La marathonienne olympique canadienne Natasha Wodak a expliqué avoir senti pendant sa course que son temps ne correspondait pas à ses sensations. Sur le semi, Rory Linkletter a lui aussi considéré que quelque chose clochait et estime que le tracé pourrait avoir ajouté environ 700 à 800 mètres.
Rory Linkletter finit même par lever le pied : le problème est particulièrement spectaculaire chez les élites.
Rory Linkletter disputait à Edmonton les Championnats du Canada de semi-marathon. Déjà vainqueur en 2025, il a de nouveau remporté le titre national cette année.
Mais selon son récit, le Canadien a compris en cours d’épreuve que les kilomètres affichés ne semblaient plus correspondre à une distance normale. Pensant que le parcours était trop long, il aurait alors cessé de poursuivre pleinement son objectif chronométrique dans la fin de course.
Une situation assez incroyable à ce niveau : un athlète engagé dans un championnat national peut gérer sa course au dixième de seconde, et quelques centaines de mètres supplémentaires suffisent à rendre toute comparaison chronométrique beaucoup plus compliquée.
Jadyn Keeler remporte son premier titre canadien sur semi-marathon
Chez les femmes, la course avait également une importance particulière puisque Jadyn Keeler, 23 ans, disputait son premier semi-marathon.
La jeune Canadienne a remporté le titre national dès ses débuts sur la distance. Elle venait par ailleurs de passer professionnelle après une carrière universitaire remarquée aux États-Unis.
Cette victoire sportive reste acquise dans le cadre du championnat, mais la controverse sur la longueur réelle du tracé brouille forcément l’analyse de sa performance chronométrique.
Et c’est là que l’affaire dépasse largement la simple histoire d’un GPS affichant quelques mètres de trop.
Comment le Marathon d’Edmonton a-t-il pu être aussi mal mesuré ?
Attention toutefois à une conclusion trop rapide.
Un marathon ne mesure pas obligatoirement exactement 42,195 km sur une Garmin, une Coros ou une Suunto. Une montre GPS peut ajouter de la distance dans les virages, entre les immeubles ou à cause de la trajectoire réellement suivie par le coureur.
Les parcours homologués sont mesurés selon une méthode spécifique et sur une trajectoire de référence. Athlétisme Canada avait d’ailleurs annoncé avant l’épreuve que le semi-marathon d’Edmonton accueillerait officiellement les Championnats canadiens 2026, sur une distance réglementaire de 21,1 km.
L’organisation soutient ainsi que le tracé avait été mesuré et certifié par un mesureur qualifié World Athletics.
Le problème à Edmonton vient du fait que les écarts constatés semblent particulièrement importants et relativement cohérents entre plusieurs participants.
Une déviation liée à des travaux au centre de la polémique
L’une des principales hypothèses concerne une modification du parcours imposée par des travaux.
Selon les éléments rapportés après la course, une déviation a été mise en place dans le secteur de Jasper Avenue. Plusieurs athlètes soupçonnent que la distance ajoutée par cette modification n’aurait pas été suffisamment compensée ailleurs sur le tracé.
L’organisation conteste cette interprétation et assure que les ajustements nécessaires ont été effectués.
Des coureurs ont donc décidé d’aller plus loin : une mesure indépendante des portions modifiées doit permettre de déterminer si l’écart observé par les montres correspond réellement à une erreur de tracé.
Sur les réseaux sociaux, le chiffre de 674,4 mètres supplémentaires circule désormais massivement et l’affaire est parfois présentée comme une erreur reconnue par l’organisation.
Les informations disponibles sont pour l’instant plus nuancées.
Les organisateurs continuent de défendre la mesure officielle du parcours, tandis que plusieurs athlètes de haut niveau soutiennent qu’il était significativement trop long. Les relevés GPS rapportés sur le semi tournent souvent autour de 21,9 à 22,1 km, mais ils ne constituent pas à eux seuls une mesure officielle.
Il faudra donc attendre les vérifications complémentaires avant de pouvoir transformer les « 674 mètres de trop » en fait définitivement établi.
En résumé, cette polémique rappelle surtout à quel point la distance fait partie du contrat entre une organisation et ses coureurs.
Sur route, beaucoup d’athlètes construisent plusieurs mois d’entraînement autour d’une allure cible. Chaque ravitaillement, chaque kilomètre et chaque passage intermédiaire sont calculés.
Ajouter 600, 700 ou 800 mètres à la fin d’un semi-marathon représenterait plusieurs minutes supplémentaires pour la plupart des participants. Sur marathon, lorsque les jambes sont déjà détruites après 40 kilomètres, la différence devient encore plus sensible.
Le résultat sportif d’Edmonton existe bien. Mais tant que la distance réelle du parcours modifié n’aura pas été définitivement tranchée, une question restera attachée à cette édition 2026 : combien de kilomètres les coureurs ont-ils réellement parcourus ?
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