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🎧 Ultra-trail : juste avant l’UTMB, l’Échappée Belle est une vraie alternative à Chamonix
À quelques jours de l’UTMB Mont-Blanc, alors que l’essentiel de l’attention médiatique du trail commence déjà à se tourner vers Chamonix, une autre grande course de montagne va se jouer dans les Alpes. Du 20 au 23 août 2026, l’Échappée Belle traverse le massif de Belledonne avec un parti pris presque opposé : moins de mise en scène internationale, davantage de terrain brut, et une difficulté qui n’a absolument rien à envier aux plus grands ultras.
Et cette année, la présence de Ludovic Pommeret, Manon Bohard Cailler, Claire Bannwarth ou encore Louis Calais rappelle surtout une chose : courir fin août dans les Alpes ne signifie pas obligatoirement courir l’UTMB.
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L’ultra-trail de l’Échappée Belle se termine quand la semaine UTMB commence
Les deux événements ne sont séparés que de quelques heures.
La 14e édition de l’Échappée Belle se déroule du jeudi 20 au dimanche 23 août 2026. La semaine de l’UTMB Mont-Blanc débute officiellement le lendemain, lundi 24 août, avant le départ de l’UTMB lui-même le vendredi 28 août à 17 h 45.
Impossible évidemment d’enchaîner les deux grands ultras. Pour les coureurs capables de s’aligner sur 150 kilomètres et plus de 11 000 mètres de dénivelé positif à Belledonne, le choix est fait.
Et c’est justement ce qui rend l’Échappée Belle intéressante.
À une période où l’UTMB concentre une grande partie des meilleurs coureurs, des sponsors et de l’exposition médiatique mondiale du trail, Belledonne continue d’attirer des athlètes qui choisissent une autre course.
Les favoris de l’Echappée Belle 2026
Ludovic Pommeret aurait parfaitement eu sa place à Chamonix
Le cas de Ludovic Pommeret symbolise parfaitement cette alternative.
Avec un UTMB Index de 926 sur la liste des engagés, il possède de très loin l’un des plus gros indices du plateau masculin. Il arrive surtout avec un statut qui aurait pu lui permettre d’être une nouvelle fois l’un des hommes suivis à Chamonix.
Mais en 2026, il a choisi Belledonne.
Quelques semaines après sa troisième victoire sur la Hardrock 100, accompagnée d’un nouveau record en 21 h 11 min 36 s, le Français de 51 ans va s’attaquer à l’Intégrale.
Ce choix ne transforme évidemment pas l’Échappée Belle en concurrent commercial de l’UTMB. Les deux événements n’ont ni la même dimension, ni le même modèle, ni la même exposition internationale.
Sportivement, en revanche, il montre qu’il existe encore de grands objectifs en dehors du circuit UTMB World Series.
Manon Bohard, Claire Bannwarth, Louis Calais : le plateau ne se limite pas à Pommeret
Ludovic Pommeret n’est d’ailleurs pas la seule tête d’affiche annoncée.
Chez les hommes, Louis Calais apparaît avec un UTMB Index de 831. Il connaît déjà particulièrement bien l’épreuve puisqu’il avait pris la quatrième place de l’Intégrale en 2022, en 26 h 53 min. Florian Descamps figure également parmi les coureurs les mieux cotés de la liste des engagés.
Chez les femmes, Manon Bohard Cailler est annoncée au départ de l’Intégrale, tout comme Claire Bannwarth. Cette dernière possède un UTMB Index de 706 et connaît elle aussi Belledonne : elle avait terminé l’Intégrale en 39 h 31 min en 2021.
Ce ne sont donc pas seulement quelques amateurs ayant préféré une course plus confidentielle à Chamonix. L’Échappée Belle dispose d’un véritable plateau sportif.
150 km et 11 200 m D+ : l’alternative est même plus verticale
La comparaison avec l’UTMB devient encore plus intéressante lorsqu’on regarde les chiffres.
L’UTMB 2026 annonce 174 km et 9 900 m de dénivelé positif autour du Mont-Blanc.
L’Intégrale de l’Échappée Belle affiche environ 150 km pour 11 200 m D+. Le programme officiel décrit une traversée complète de Belledonne du sud au nord, avec des sentiers escarpés, de l’altitude, de fortes pentes, 15 cols et environ 40 kilomètres parcourus au-dessus de 2 000 mètres.
Son point culminant atteint presque 2 930 mètres.
La comparaison des seules distances serait donc trompeuse. L’Échappée Belle est plus courte que l’UTMB, mais affiche davantage de dénivelé positif et surtout une densité de terrain montagneux considérable.
Le document officiel va jusqu’à rappeler qu’il se dit dans le massif que la traversée serait plus dure que l’UTMB, en raison notamment de sa verticalité et de son caractère sauvage.
Et il n’y a pas que l’Intégrale
L’Échappée Belle propose plusieurs manières de découvrir le massif.
Outre l’Intégrale, le programme 2026 comprend notamment une Traversée Nord de 96 km et 7 200 m D+, un Parcours des Crêtes de 63 km et 4 770 m D+, un Maratrail de 42 km et 2 790 m D+ et une Skyrace du Rocher Blanc de 21 km et 2 000 m D+.
La Traversée Nord enchaîne notamment les cols de Valloire à 2 751 mètres, de Comberousse à 2 669 mètres et de Morétan à 2 503 mètres. Le Parcours des Crêtes monte jusqu’à la pointe de Rognier, tandis que la Skyrace atteint le Rocher Blanc à près de 2 930 mètres.
Ici encore, le dénominateur commun reste évident : de la vraie montagne.
L’Échappée Belle assume une autre philosophie de l’ultra-trail
C’est peut-être là que se trouve la différence la plus intéressante.
L’UTMB est devenu la finale mondiale du circuit UTMB World Series, avec plus de 10 000 participants sur l’ensemble de ses courses et une concentration exceptionnelle d’élites internationales.
L’Échappée Belle revendique autre chose.
Dans le programme 2026, son créateur Florent Hubert parle d’une course « sans chichis, sans paillettes », construite autour du terrain, des rencontres entre coureurs et des quelque 800 bénévoles présents sur l’événement.
Ce positionnement ne rend pas l’une des deux courses supérieure à l’autre. Il montre surtout que deux visions du très haut niveau en ultra-trail peuvent coexister dans les Alpes à quelques jours d’intervalle.
D’un côté, Chamonix, les finales mondiales, les grandes marques, les meilleurs internationaux et une exposition devenue planétaire.
De l’autre, Belledonne, ses pierriers, ses cols, ses passages techniques et une traversée où l’organisation elle-même explique que l’accès difficile, l’altitude et la technicité constituent l’identité de la course.
En résumé, opposer systématiquement l’Échappée Belle à l’UTMB serait quand même trop simple.
Ludovic Pommeret connaît parfaitement Chamonix et son histoire sportive reste également liée à l’UTMB. Son choix de Belledonne en 2026 n’est donc pas nécessairement un rejet de l’UTMB.
Il rappelle quelque chose de plus intéressant pour le trail.
À mesure que Chamonix devient le centre mondial de la discipline pendant une semaine, certaines courses conservent suffisamment de caractère pour convaincre des coureurs de très haut niveau de regarder ailleurs.
L’Échappée Belle en fait partie.
Quelques jours avant que toute la planète trail ne regarde Chamonix, Belledonne va rappeler qu’il existe encore plusieurs façons de vivre un grand ultra dans les Alpes.
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