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🎧 Les performances sportives des influenceurs trail et running ne sont pas toujours proportionnelles à leur notoriété
Les chiffres donnent parfois le tournis. D’un côté, des champions aux palmarès mondiaux vertigineux que seuls les passionnés connaissent vraiment ; de l’autre, des créateurs de contenu suivis par des centaines de milliers de personnes, dont les chronos font parfois sourire les puristes.
Alors, ont-ils tous leur cerveau dans leurs chaussures ? Sont-ils lobotomisés par l’algorithme des réseaux sociaux ou portés par une « gamelle pousse-au-cul » fournie par les équipementiers ? Comme le soulignait récemment le traileur Théo Detienne : « On demande aux influenceurs d’être performants. »
Il est temps de poser les chiffres sur la table. En croisant les classements sportifs de référence — UTMB Index, ITRA et victoires majeures — avec la puissance numérique, on découvre une réalité bien loin des clichés.
Comment avons-nous établi ce classement ?
Ce classement croise deux dimensions : le niveau sportif et la puissance médiatique. La performance représente 60 % du score final, contre 40 % pour la notoriété. L’objectif n’est donc pas seulement de savoir qui court le plus vite, mais d’identifier les profils qui combinent le mieux résultats, audience et visibilité.
Les données utilisées correspondent aux informations publiques disponibles autour du 4 août 2026. Les nombres d’abonnés ont été arrondis, car ils évoluent quotidiennement.
La méthode : 60 % de sueur, 40 % de pixels
Pour départager ces profils, cette étude croise deux mondes :
- La performance sportive, qui représente 60 % du score final : niveau chronométrique, prestige des épreuves comme la Hardrock 100, l’UTMB ou la Diagonale des Fous, régularité et disponibilité physique.
- La notoriété et l’influence, qui représentent 40 % du score final : nombre d’abonnés, principalement sur Instagram, visibilité médiatique, engagement et valeur pour les sponsors.
Le résultat bouscule pas mal d’idées reçues.
Que contient le score sur 100 ?
La performance sportive, notée sur 60 points, comprend :
- 20 points pour l’UTMB Index, l’ITRA ou le niveau chronométrique ;
- 25 points pour les résultats obtenus et le prestige des épreuves ;
- 10 points pour la régularité sur plusieurs courses ;
- 5 points pour la disponibilité physique et la capacité à enchaîner les objectifs.
La notoriété, notée sur 40 points, comprend :
- 18 points pour l’audience sur les réseaux sociaux ;
- 8 points pour l’engagement de la communauté ;
- 8 points pour la visibilité médiatique ;
- 6 points pour l’attractivité auprès des marques et des sponsors.
Le score final correspond à l’addition de ces deux blocs. Il s’agit d’un indice éditorial comparatif, et non d’un classement officiel de l’ITRA ou de l’UTMB.
Le podium croisé : quand la performance rencontre l’audience
Le classement combiné, qui additionne la performance et l’influence, place en tête un profil rare : Mathieu Blanchard.
- 1. Mathieu Blanchard — Score final : 93,6 sur 100. Il incarne l’équilibre parfait. Avec un UTMB Index supérieur à 900, une victoire sur la Diagonale des Fous, un succès hors normes sur la Yukon Arctic Ultra et une deuxième place à la Hardrock, il combine le statut d’athlète mondial et une puissance médiatique d’environ 650 000 abonnés.
- 2. Théo Detienne — Score final : 82,4 sur 100. Solide athlète international, avec un UTMB Index de 903 et une victoire sur le 90 km du Mont-Blanc, il prouve qu’un haut niveau sportif peut s’accompagner d’une communauté importante sur YouTube et Instagram.
- 3. Ludovic Pommeret — Score final : 80,8 sur 100. C’est le grand paradoxe du trail moderne. Sur le plan purement sportif, il domine tout le monde. Ses victoires consécutives à la Hardrock 100 et ses places d’honneur à l’UTMB ou à la Diagonale des Fous en font une légende vivante. Pourtant, son audience reste modeste par rapport à son immense palmarès.
Les grands écarts : surexposés ou sous-cotés ?
Le phénomène ClemQuicourt : le buzz et les kilomètres
Avec près de 686 000 abonnés sur Instagram et des vidéos ultra-virales, Clément Deffrenne affiche un ratio notoriété-performance très élevé, estimé à 1,48. Pourtant, le réduire à un simple « influenceur de salon » serait malhonnête. Ses performances récentes, notamment un UTMB terminé en moins de 30 heures, une solide place sur l’Ultra Marin et des ultras de 220 km, montrent une progression athlétique réelle et un véritable sens de l’effort.
Le cas Marine Lorphelin : la star généraliste
Avec plus d’un million d’abonnés, l’ancienne Miss France présente mathématiquement le plus grand décalage avec son niveau sportif, avec un UTMB Index de 464 et une 543e place sur la MCC. Mais l’équation est biaisée : sa communauté s’est construite grâce à la télévision, à la médecine et au lifestyle. Elle pratique le running avec sérieux, sans jamais se présenter comme une athlète d’élite.
Le cas Dorian Louvet : le roi des défis
Ancien candidat de Koh-Lanta, Dorian Louvet profite d’une forte visibilité, avec environ 262 000 abonnés. S’il n’est pas un prétendant au top 5 mondial, son niveau général reste très sérieux : podium sur le Marathon des Sables Jordan, top 10 au Zugspitz Ultra Trail et sept World Marathon Majors terminés sous les 2 h 30 de moyenne en une saison. Une surexposition ? Peut-être, mais elle est soutenue par une véritable polyvalence et une redoutable capacité à raconter ses aventures.
Tableau comparatif : qui combine le mieux performance sportive et influence ?
Attention : une forte audience ne signifie pas forcément une surexposition
Le nombre d’abonnés ne doit pas être interprété seul. Certaines personnalités ont construit leur communauté grâce au trail, tandis que d’autres étaient déjà connues grâce à la télévision, à la médecine, à la nutrition ou au divertissement.
Marine Lorphelin possède ainsi une audience immense, mais elle ne se présente pas comme une traileuse d’élite. À l’inverse, Ludovic Pommeret affiche un palmarès mondial exceptionnel avec une communauté beaucoup plus réduite.
Ce classement mesure donc un écart entre performance et visibilité. Il ne prétend pas juger la légitimité personnelle ou professionnelle des profils étudiés.
| Profil | Niveau sportif | Audience estimée | Score combiné | Positionnement |
|---|---|---|---|---|
| Mathieu Blanchard | Élite mondiale | Environ 650 000 abonnés | 93,6 / 100 | Le meilleur équilibre entre performances sportives et puissance médiatique. |
| Théo Detienne | Élite internationale | Communauté importante et en croissance | 82,4 / 100 | Un athlète très performant qui maîtrise aussi les codes de YouTube et d’Instagram. |
| Ludovic Pommeret | Référence mondiale de l’ultra-trail | Audience modérée | 80,8 / 100 | Le plus impressionnant sportivement, mais largement sous-exposé par rapport à son palmarès. |
| Clément Deffrenne | Très bon amateur d’ultra-endurance | Environ 686 000 abonnés | Non communiqué | Une notoriété très supérieure à son niveau sportif, malgré une progression réelle sur les longues distances. |
| Dorian Louvet | Très bon niveau, profil polyvalent | Environ 262 000 abonnés | Non communiqué | Un spécialiste des défis, capable de transformer ses performances en récits très suivis. |
| Marine Lorphelin | Pratiquante régulière | Plus d’un million d’abonnés | Non communiqué | Une influence construite en dehors du trail, qui explique l’écart important entre audience et résultats sportifs. |
Ce classement ne mesure pas uniquement la vitesse. Il croise le niveau sportif, le prestige des résultats, la régularité et la capacité de chaque profil à toucher une large communauté.
Le verdict : le marché valorise-t-il les médailles ou les histoires ?
La conclusion de cette radiographie est limpide : la visibilité médiatique n’est pas proportionnelle au palmarès.
- Ludovic Pommeret démontre qu’il est possible de régner sur l’ultra-endurance mondiale tout en restant sous-exposé sur les réseaux sociaux.
- Mathieu Blanchard prouve qu’il est possible d’allier l’excellence sportive et le storytelling moderne.
- Les créateurs de contenu rappellent que les marques n’achètent pas uniquement un chrono, mais aussi une capacité à raconter une aventure, à engager une communauté et à incarner un mode de vie.
La prochaine fois que vous verrez un influenceur courir moins vite que vous tout en affichant dix fois plus d’abonnés, rappelez-vous simplement une chose : sur le marché de l’attention, le dossard ne fait pas tout.
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Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidéos YouTube.
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