La Backyard de Clemquicourt sera une course pensée autrement, dès le casting
Quand Clemquicourt évoque sa future Backyard dans le podcast de YassEncore du 20 avril 2026, beaucoup imaginent déjà un événement calibré pour les réseaux, avec une accumulation de créateurs venus performer… ou simplement exister à l’écran. Pourtant, derrière cette vitrine attendue, le discours du créateur running révèle une intention bien plus précise, presque à contre-courant de ce que l’on observe aujourd’hui dans le sport.
Car oui, des influenceurs seront présents. Mais non, ils ne seront pas là par défaut.
C’est quoi une Backyard en trail ?
Une Backyard Ultra est un format de course inventé par Lazarus Lake, connu aussi pour la Barkley.
Le principe est simple… et redoutable :
- une boucle de 6,706 km
- à parcourir toutes les heures
- jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un seul coureur
À chaque heure, un nouveau départ est donné. Ceux qui ne terminent pas dans le temps sont éliminés. Ceux qui finissent attendent… avant de repartir.
Résultat : plus la course dure, moins les coureurs récupèrent
Le dernier participant capable de repartir remporte la course. Tous les autres sont considérés comme abandons.
Clemquicourt fait une sélection qui dépasse la simple notoriété
Au fil de ses échanges, une ligne directrice se dessine avec clarté : Clem ne souhaite pas réunir des profils uniquement pour leur audience. Il insiste au contraire sur un critère devenu central dans sa réflexion : l’intérêt réel pour la course à pied.
Cette nuance change profondément la lecture de l’événement. Là où certains formats misent sur la popularité pour créer du spectacle, il dit vouloir construire un casting cohérent, capable de produire du sens autant que du contenu. L’idée n’est pas de refuser les créateurs, mais de s’assurer qu’ils ne soient pas déconnectés de l’effort, de l’expérience et de ce que représente réellement une backyard.
Le dilemme du tri : entre choix et légitimité
Mais cette volonté implique une réalité plus complexe, que Clem ne cherche pas à cacher. Sélectionner, c’est forcément exclure. Et derrière cette mécanique se cache une question presque inconfortable : sur quels critères décider qui a sa place ?
Lui-même reconnaît cette tension. Construire un événement “à son image” suppose d’assumer une part de subjectivité, entre affinités, crédibilité sportive et engagement personnel. Ce n’est plus seulement une organisation, c’est une véritable ligne éditoriale appliquée à une course.
Un équilibre fragile entre spectacle et authenticité
Ce positionnement s’inscrit dans un contexte plus large, où le trail, longtemps préservé, s’ouvre progressivement aux logiques de visibilité. Les créateurs de contenu y trouvent un terrain d’expression puissant, capable de raconter l’effort, l’aventure et le dépassement.
Mais cette évolution pose aussi une question de fond : jusqu’où le sport peut-il devenir un support de contenu sans perdre son identité ?
En filtrant les profils, Clem tente précisément de répondre à cette problématique. Il ne rejette pas l’influence, il cherche à l’encadrer, à la rendre compatible avec l’exigence du terrain.
Une backyard à son image, entre communauté et exigence
Au final, cette backyard ne sera ni une course élitiste, ni un simple show digital. Elle s’annonce comme un espace hybride, où créateurs, athlètes et membres de la communauté devront cohabiter autour d’un socle commun : l’envie réelle de courir.
C’est sans doute là que réside la véritable singularité du projet. Dans un moment où tout peut devenir contenu, Clemquicourt trace une frontière subtile mais essentielle :
– mais seuls ceux qui ont du sens dans cet univers seront invités
Et dans le paysage actuel du trail, cette exigence pourrait bien marquer un tournant.
Source
Les éléments de cet article reposent sur des propos tenus publiquement par Clemquicourt lors d’un live, notamment lorsqu’il explique sa logique de sélection :
« il faut prendre des gens qui sont au moins un minimum intéressés à running » (1:34:15)
Il reconnaît également la difficulté et la subjectivité du processus :
« tu dois trier […] et en même temps t’es qui pour trier » (1:36:42)
Enfin, il assume une approche personnelle dans la construction de son événement :
« je me dis en fait il faut que je fasse un truc à mon image » (1:36:48)
Il précise aussi que certains choix peuvent être guidés par l’intérêt montré pour le projet :
« il y a vraiment ce truc de […] les gens qui m’ont montré de l’intérêt aussi » (1:40:23)
Ces citations, issues de la transcription intégrale du live (env. 2h10), illustrent directement la volonté de filtrer les profils au-delà de leur simple statut d’influenceur.
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Cet article s’inscrit dans le cadre du traitement journalistique de l’actualité du trail et de l’écosystème qui l’entoure. Les informations, citations et analyses proposées reposent sur des propos publics et relèvent du droit à l’information et à la liberté d’expression.
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