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🎧 Francesco Puppi a relancé cette semaine le débat sur l’impact environnemental du trail professionnel.
Dans un article publié par A Fuoco, une newsletter italienne consacrée aux questions climatiques, l’athlète Hoka évoque le recul des glaciers du Mont-Blanc, l’empreinte des grands événements et ses propres déplacements en avion pour courir à travers le monde. Ses déclarations ont provoqué des réactions parfois très critiques sur les réseaux sociaux, jusqu’à ce commentaire : « Vous nous gavez avec le climat. »
Cette phrase dépasse largement le cas de Francesco Puppi. Elle révèle une autre fracture qui apparaît dans le trail : après des années de débats sur les voyages en avion, le bilan carbone des courses, la surfréquentation des montagnes ou la consommation de matériel, certains pratiquants expriment désormais ouvertement leur lassitude face au discours écologique.
Francesco Puppi assume lui-même ses contradictions
Le point de départ reste pourtant très concret.
Francesco Puppi évolue au plus haut niveau international et son métier l’oblige à voyager. Encore en juin 2026, l’Italien a traversé l’Atlantique pour disputer la Western States 100 en Californie, où il a terminé deuxième.
Dans le même temps, il explique observer année après année les transformations du massif du Mont-Blanc et notamment le recul de ses glaciers. Il reconnaît donc une contradiction entre ses préoccupations environnementales et le fonctionnement d’une carrière construite autour des grandes compétitions internationales.
Puppi ne choisit toutefois pas de renoncer à ces déplacements.
Son raisonnement consiste à passer de la culpabilité à la responsabilité : selon lui, quitter les grands circuits, les sponsors et le trail professionnel réduirait également la visibilité dont il dispose pour tenter de faire évoluer son sport.
C’est cette position qui a déclenché le débat.
Des traileurs lui demandent d’abord de montrer l’exemple
Les premières critiques portent directement sur sa cohérence.
Plusieurs internautes lui demandent quelles actions concrètes accompagnent son discours. L’un souligne qu’un athlète peut rester professionnel tout en limitant certains voyages. Un autre estime qu’il est difficile de dénoncer les conséquences environnementales du système tout en continuant à profiter de celui-ci.
Ces réactions restent finalement inscrites dans le débat écologique : elles ne contestent pas le problème, mais la manière d’y répondre.
Puis apparaît une réaction d’une tout autre nature :
« Vous nous gavez avec le climat. Occupez-vous de l’impact de chaque bombe larguée sur Terre. Et comparez une bombe avec un UTMB et après on en reparle. »
À partir de là, ce n’est plus Francesco Puppi qui est contesté. C’est le fait même de continuer à parler du climat dans le trail.
Et c’est là que commence véritablement ton nouvel angle.
Chez uTrail, nous assumons de considérer que l’écologie a toute sa place dans le débat sur l’avenir du trail.
Notre sport dépend directement des montagnes, des forêts, de l’enneigement, des glaciers et, plus largement, des espaces naturels que nous aimons parcourir. Refuser d’en parler parce que le sujet agace serait pour nous une erreur.
Le commentaire « Vous nous gavez avec le climat. Occupez-vous de l’impact de chaque bombe larguée sur Terre » illustre surtout un mécanisme que l’on retrouve régulièrement dès qu’il est question d’écologie : le whataboutisme.
Plutôt que de répondre au problème posé, on désigne quelque chose de plus grave ailleurs. Les guerres polluent davantage, les industriels polluent davantage, les avions de ligne polluent davantage, la Chine pollue davantage… et ainsi, chacun finit par trouver une raison de ne jamais regarder sa propre pratique.
Évidemment qu’un traileur n’est pas responsable à lui seul du changement climatique. Évidemment aussi qu’un UTMB n’a pas l’impact d’une guerre. Mais l’existence d’un problème plus grave n’annule pas les problèmes plus petits.
C’est précisément là que nous nous éloignons de cette forme de rejet du discours écologique. On peut critiquer les solutions proposées, discuter de leur efficacité, trouver certaines mesures injustes ou demander à des athlètes comme Francesco Puppi davantage de cohérence entre leurs paroles et leurs actes. Ce débat est sain.
En revanche, « il y a pire ailleurs » devient trop facilement une manière de s’exonérer de toute responsabilité.
Le trail aime se présenter comme un sport proche de la nature. Cette proximité implique aussi d’accepter de regarder nos contradictions : prendre l’avion pour courir, multiplier les déplacements, renouveler constamment son matériel ou parcourir des milliers de kilomètres pour chercher ailleurs ce que l’on pourrait parfois trouver plus près de chez soi.
Nous continuerons donc à parler d’écologie dans le trail. Pas pour culpabiliser les coureurs, mais parce qu’aimer la montagne tout en refusant de discuter de ce qui la transforme serait, à nos yeux, autrement plus contradictoire.
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