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🎧 Les montres de running Garmin progressent fortement, tandis que les montres d’aventure reculent.
Au deuxième trimestre 2026, le chiffre d’affaires de la division Fitness, qui comprend notamment les Forerunner, a augmenté de 25 %. Celui de la division Outdoor, à laquelle appartiennent les Fenix, a diminué de 2 %.
Garmin ne publie pas les ventes de chaque modèle. Il est donc impossible de connaître précisément le nombre de Forerunner et de Fenix écoulées. La marque reconnaît néanmoins que les montres d’aventure font partie des catégories ayant pesé sur sa division Outdoor.
La future Fenix 9 devrait logiquement être chargée de relancer cette gamme. Mais les premières informations qui circulent ne dessinent pas la révolution dont Garmin aurait besoin. Elles laissent plutôt entrevoir une réorganisation contestable du catalogue, quelques améliorations techniques et une éventuelle nouveauté de santé encore très incertaine.
Ce qui ne va pas dans le bon sens avec la Garmin Fenix 9
Abandon complet de l’écran MIP
La modification la plus spectaculaire ne serait pas nécessairement l’arrivée d’une technologie nouvelle, mais la disparition d’une option historique.
Selon les dernières informations publiées autour de la future gamme, Garmin préparerait simultanément une Fenix 9, une Fenix 9 Pro et une Enduro 4. Les deux Fenix seraient équipées d’un écran AMOLED, tandis que l’Enduro 4 deviendrait le modèle destiné aux utilisateurs qui souhaitent conserver un écran MIP.
Le MIP, pour « Memory in Pixel », reste apprécié des pratiquants d’ultra-endurance pour sa faible consommation d’énergie et sa lisibilité en plein soleil. Il permet à l’écran de rester affiché sans produire en permanence sa propre lumière, contrairement à une dalle AMOLED.
Garmin a déjà largement poussé l’AMOLED sur ses montres premium. La Fenix 8 conservait néanmoins des versions Solar équipées d’un écran MIP. Avec la Fenix 9, ce choix pourrait disparaître : les amateurs de MIP seraient alors renvoyés vers l’Enduro 4.
Cette décision rendrait le positionnement de la Fenix encore plus difficile à comprendre. En abandonnant le MIP, Garmin retirerait à sa montre d’aventure l’un des éléments qui la distinguaient réellement des Forerunner AMOLED.
La Fenix 9 délaissée au profit de la Enduro 4
Le maintien du MIP sur l’Enduro 4 serait logique. Cette gamme est construite autour de l’autonomie et des très longues distances.
Mais cette répartition créerait une situation étrange. Un ultra-traileur qui souhaite une autonomie maximale, un écran visible au soleil et une consommation limitée aurait davantage intérêt à choisir l’Enduro. Un coureur qui préfère un écran AMOLED, une cartographie détaillée et une montre plus légère pourrait se tourner vers une Forerunner haut de gamme.
La Fenix se retrouverait alors entre les deux.
Elle conserverait sa construction robuste, ses matériaux premium, ses fonctions outdoor et sa polyvalence. Mais elle perdrait l’exclusivité du MIP d’un côté, tandis que les Forerunner continueraient de se rapprocher de ses fonctions sportives de l’autre.
Garmin prendrait ainsi le risque de rendre la Fenix moins indispensable précisément au moment où les ventes des montres d’aventure ont besoin d’être relancées.
Processeur plus rapide mais pas révolutionnaire
Une autre évolution attendue concerne les performances générales de la montre.
La Fenix 9 pourrait recevoir un processeur plus puissant afin d’accélérer l’affichage des cartes, les changements d’écran et la navigation dans les menus. Cette amélioration serait bienvenue, car la fluidité reste l’un des domaines dans lesquels les montres Garmin les plus chères peuvent encore progresser.
Mais un processeur plus rapide ne suffira pas à déclencher un renouvellement massif.
Une Fenix 7 ou une Fenix 8 permet déjà d’enregistrer un ultra-trail, de suivre un itinéraire, d’afficher une cartographie et d’analyser l’entraînement. Une interface plus fluide rendrait l’utilisation plus agréable, sans transformer la fonction principale de la montre.
Pour un produit aussi cher, Garmin ne peut pas compter uniquement sur la disparition de quelques ralentissements pour convaincre les utilisateurs de changer de génération.
Nouvelle puce GPS qui ne va pas non plus changer la donne
Parmi les évolutions envisagées figure également une nouvelle génération de géolocalisation, éventuellement capable de recevoir davantage de fréquences satellitaires.
L’amélioration de la précision GPS reste importante en trail, en particulier dans les vallées encaissées, les forêts ou les environnements urbains. Mais les Fenix et Forerunner récentes disposent déjà d’un GPS multibande performant.
Le gain entre deux générations devient donc de plus en plus difficile à percevoir pour l’utilisateur ordinaire. Une trace légèrement plus propre dans certaines zones compliquées constitue un progrès réel, mais pas nécessairement une raison suffisante pour remplacer une montre encore récente.
Là encore, Garmin améliorerait une fonction déjà très aboutie sans apporter de rupture visible.
Le suivi de la glycémie serait la seule véritable nouveauté spectaculaire
Une fonction pourrait en revanche changer radicalement la perception de la Fenix 9 : l’arrivée d’un suivi non invasif de la glycémie.
Garmin a déposé un brevet décrivant une méthode utilisant les capteurs optiques de la montre pour estimer l’hémoglobine glyquée, plus connue sous le nom d’HbA1c. Cette donnée ne correspond pas au taux de glucose mesuré à un instant précis : elle permet plutôt d’évaluer son niveau moyen sur une longue période.
Sur le papier, une telle technologie représenterait une avancée majeure pour le suivi de la santé métabolique. Elle pourrait intéresser les personnes diabétiques ou prédiabétiques, mais aussi les sportifs souhaitant mieux comprendre les effets de leur alimentation et de leur entraînement.
Il faut toutefois éviter un contresens. Le brevet ne décrit pas un véritable capteur de glycémie en continu comparable aux dispositifs médicaux portés sur le bras. La montre ne permettrait donc pas nécessairement de connaître son taux de glucose pendant un effort, ni de détecter immédiatement une chute au cours d’un ultra-trail.
Elle fournirait plutôt une estimation des tendances à long terme, potentiellement calculée sur plusieurs semaines ou plusieurs mois.
Surtout, le dépôt d’un brevet ne garantit absolument pas que cette fonction équipera la Fenix 9. Entre une technologie étudiée par Garmin et son intégration dans une montre grand public, plusieurs obstacles subsistent : la précision des mesures, leur validation scientifique, les autorisations réglementaires et la fiabilité du dispositif dans toutes les conditions d’utilisation.
Garmin pourrait intégrer cette technologie dans une future génération de capteurs, la réserver à certains marchés ou ne jamais la commercialiser sous cette forme.
À ce jour, aucune information suffisamment solide ne permet donc d’affirmer que la Fenix 9 proposera une estimation de l’HbA1c. Cette piste reste pourtant la seule nouveauté évoquée qui pourrait réellement produire un effet « waouh ».
Sans elle, la future montre risque surtout de proposer un processeur plus rapide, un écran AMOLED amélioré, quelques progrès d’autonomie et de nouveaux indicateurs logiciels. Des évolutions utiles, mais probablement insuffisantes pour provoquer la rupture dont la gamme Fenix aurait besoin.
ANALYSE uTrail : alors que les Fenix se vendent mal, Garmin a besoin d’une Fenix 9 pour redynamiser ce segment. Hors, ce n’est pas le cas, la Garmin 9 ne sera pas autant rĂ©volutionnaire que ce que l’a Ă©tĂ© la Fenix 8.
Les chiffres du deuxième trimestre 2026 ne laissent pas beaucoup de place à l’erreur. La division Fitness, qui comprend les Forerunner, progresse de 25 %, tandis que la division Outdoor, dans laquelle figurent les Fenix, recule de 2 %.
Garmin ne peut donc pas se contenter de lancer une Fenix 9 simplement meilleure que la Fenix 8.
La marque a besoin d’une montre capable de redonner envie aux propriétaires d’anciens modèles de renouveler leur équipement. Elle doit également convaincre les coureurs de ne pas choisir une Forerunner et les ultra-traileurs de ne pas se tourner vers l’Enduro.
La Fenix 8 avait apporté des nouveautés visibles et immédiatement compréhensibles, notamment une navigation capable de recalculer un itinéraire directement depuis la montre.
La Fenix 9 devrait logiquement aller encore plus loin. Or, pour le moment, rien de comparable ne se profile.
La disparition possible du MIP ressemble davantage à une perte qu’à une avancée. Le processeur et la puce GPS amélioreraient des fonctions déjà performantes. Quant au suivi de la glycémie, seule nouveauté potentiellement spectaculaire, il reste hautement hypothétique.
Enfin, Garmin risque de lancer trois montres qui se partagent les qualités de la Fenix, ce qui ne va pas aider à la faire décoller.
La future organisation du catalogue pourrait finalement disperser les forces historiques de la gamme Fenix.
La Forerunner resterait la montre légère et complète destinée aux coureurs. L’Enduro 4 récupérerait l’écran MIP et l’autonomie maximale recherchée par les ultra-traileurs. La Fenix 9 conserverait l’AMOLED, les matériaux premium, la robustesse et la polyvalence outdoor.
Sur le papier, cette segmentation paraît cohérente. Commercialement, elle risque surtout de donner à chaque type d’utilisateur une raison de choisir une autre montre.
Le coureur pourra privilégier une Forerunner, plus légère et moins chère. L’ultra-traileur attaché au MIP et à l’autonomie pourra se tourner vers l’Enduro. La Fenix s’adressera alors principalement aux utilisateurs qui recherchent une montre très robuste, très complète et prestigieuse.
Cette clientèle existe. Mais elle pourrait être trop limitée pour relancer une catégorie de montres d’aventure déjà en recul.
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Auteur : Axelle Anne, est la fondatrice de la redac. Dans le web depuis 1998, elle a fondĂ© de nombreux sites et s’est mise au trail en 2010. Anti-conformiste et sans langue de bois, elle a contribuĂ© Ă faire sortir le trail de sa niche pour magazine plan plan pour en faire un sport grand public. Depuis 2025, elle assiste impuissante aux dĂ©rives du trail.Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidĂ©os YouTube.








