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Le HOKA UTMB Mont-Blanc lance une campagne destinée à rappeler aux coureurs, aux accompagnants et aux spectateurs les règles élémentaires à respecter en montagne. Déchets, bruit, troupeaux, clôtures ou espaces privés : le message est difficilement contestable. Mais venant de l’UTMB, cette communication risque surtout de relancer les accusations habituelles contre l’événement et son propre impact sur le territoire.
🎥 Ma video : L’UTMB donne vraiment le bâton pour se faire battre, et ce n’est même plus drôle
Vidéo originale uTrail, réalisée et présentée par Axelle Anne (lien pour me contacter dans ma bio en bas de l’article).
En lançant une campagne sur les bons comportements en montagne, l’UTMB ouvre une nouvelle fois la porte aux accusations de contradiction
Le HOKA UTMB Mont-Blanc vient de lancer une campagne de sensibilisation destinée aux coureurs, aux accompagnants et aux spectateurs. Son message est simple : courir librement en montagne suppose aussi de respecter les habitants, les animaux, les sentiers et les activités agricoles.
Refermer une clôture, repartir avec ses déchets, ralentir devant un troupeau ou éviter les nuisances sonores relèvent du comportement élémentaire attendu de toute personne qui fréquente la montagne.
Mais en choisissant de prendre publiquement la parole sur la responsabilité, le respect du territoire et la préservation des espaces naturels, l’UTMB sait nécessairement qu’il expose sa propre organisation aux critiques
Une campagne destinée aux nouveaux pratiquants du trail
L’UTMB explique que le trail attire chaque année de nouveaux coureurs, dont certains découvrent les codes de la montagne à travers les grandes compétitions.
L’organisation a donc imaginé une série d’illustrations avec Matthieu Forichon, créateur de Des Bosses et Des Bulles. L’objectif affiché consiste à rappeler les bons réflexes sans adopter un ton moralisateur.
Les dessins abordent notamment les déchets, les nuisances sonores, le respect des sentiers, la traversée des alpages, les équipements privés, les zones protégées, la faune, la flore et la cohabitation avec les habitants.
Le slogan principal résume la philosophie de la campagne :
« Le trail, c’est la liberté. Pas sans responsabilités. »
Les visuels doivent être diffusés sur les supports numériques de l’événement, dans les communes partenaires et, plus largement, sur certaines courses du circuit UTMB World Series.
Le problème n’est pas le contenu, mais celui qui le porte
Personne ne devrait reprocher à une organisation de rappeler qu’un abreuvoir n’est pas une baignoire, qu’une clôture doit être refermée ou qu’un emballage ne doit pas être abandonné sur un sentier. Le problème est ailleurs.
Lorsqu’un événement de la taille de l’UTMB parle de sobriété, de respect des populations locales et d’équilibre avec le territoire, la discussion ne reste jamais limitée au comportement individuel des coureurs.
Elle revient immédiatement sur les navettes, les flux de véhicules, la fréquentation de Chamonix, la saturation de certaines communes, l’utilisation commerciale de la montagne et l’expansion internationale de la marque.
Les accusations de greenwashing vont arriver, c’est ultra prévisible
La réaction va être automatique et immédiate.
À chaque campagne environnementale de l’UTMB, ses opposants dénoncent une opération de communication, une contradiction ou une tentative de greenwashing. L’organisation répond qu’elle travaille avec les communes, adapte ses transports, limite certains flux et cherche à inscrire durablement l’événement dans les vallées du Mont-Blanc.
Puis le même débat recommence.
Cette nouvelle campagne ne fera probablement pas exception. Elle fournit même une série de visuels parfaitement adaptés aux réseaux sociaux, où ils pourront être détournés, commentés ou opposés aux critiques déjà formulées contre l’événement.
L’UTMB donne donc, une nouvelle fois, le bâton pour se faire battre.
En résumé, le débat tourne désormais en rond
Cette mécanique ne fait pourtant plus beaucoup avancer la discussion.
D’un côté, l’UTMB continuera d’organiser ses courses et de rappeler les comportements attendus. De l’autre, ses détracteurs continueront de considérer que l’événement n’est pas légitime pour donner des leçons de responsabilité environnementale.
Entre les deux, les mesures concrètes passent parfois au second plan.
La nouvelle municipalité de Chamonix a annoncé vouloir réduire certaines nuisances et mieux encadrer les flux liés aux grands événements. Il n’a toutefois jamais été question de supprimer purement et simplement l’UTMB.
La compétition restera donc présente dans le massif. La véritable question n’est plus de savoir si elle doit rappeler aux coureurs de respecter les clôtures ou de ramasser leurs déchets.
Il s’agit de déterminer comment un événement mondial peut continuer à exister dans un territoire qui supporte de moins en moins facilement la concentration des visiteurs, des véhicules et des activités commerciales.
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Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidéos YouTube.
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