🎧 Kiprun a fait une erreur en laissant partir Aurélien Sanchez au profit d’une vitrine marketing.
En novembre 2025, Aurélien Sanchez officialisait la fin de son aventure avec Kiprun.
Un an après avoir signé avec la marque de Decathlon pour le soutenir sur ses projets hors normes (comme la SwissPeaks 700 en 2024 et la Barkley en 2025), le traileur annonçait son départ avec des mots choisis, évoquant le besoin de rester aligné avec ses valeurs. Avec le recul et l’actualité de la marque, ce choix de laisser filer un tel profil interroge lourdement sur la stratégie de l’équipementier.
Quand l’authenticité de l’ultra-distance se heurte au storytelling corporate
Il y a un gouffre entre l’ADN d’un aventurier comme Aurélien Sanchez — taillé pour les efforts d’immersion totale, les traversées monstrueuses de 4 200 km et les sentiers sauvages — et la trajectoire marketing de grande envergure que s’offre Kiprun. En misant massivement sur des têtes d’affiche ultra-médiatiques, la marque a clairement basculé dans une logique de vitrine de la performance pure et des championnats internationaux.
Le symbole le plus marquant de ce virage se nomme Mathieu Blanchard. Omniprésent dans la communication de la marque et engagé dans une véritable reconversion professionnelle en interne, ce dernier enchaîne les projets de développement produit et les rôles d’ambassadeur-ingénieur. Mais sur le plan sportif pur, le constat en ce milieu d’année 2026 est radical :
- Zéro certitude sur les courses : Mathieu Blanchard n’a pas confirmé la moindre participation majeure et multiplie les déclarations sur sa volonté de faire une « année de transition ».
- Une performance mise en veille : Lui-même l’assume ouvertement dans les podcasts, préférant une « carrière à long terme » quitte à être moins performant et à s’écarter de la gagne absolue sur les grands formats.
- Des annonces en trompe-l’œil : À l’image de sa présence annoncée puis immédiatement tempérée pour la prochaine Diagonale des Fous, l’athlète se fait extrêmement discret le dossard sur le dos.
Le grand écart de Kiprun : le triomphe de l’image face à la culture « pirate »
En voulant s’entourer des plus grands noms pour asseoir sa crédibilité mondiale (avec un line-up impressionnant composé de Blandine L’Hirondel, Thomas Cardin ou encore Clémentine Geoffray), Kiprun s’assure des podiums sur les championnats et une visibilité grand public irréprochable. C’est un choix commercial redoutablement efficace pour vendre des chaussures en masse.
Mais en laissant partir des profils comme Aurélien Sanchez — qui vient d’ailleurs de le prouver en pulvérisant le record historique du Pacific Crest Trail —, la marque se coupe d’une part de l’âme et de la rudesse authentique du trail long. D’un côté, un athlète corporate et ultra-médiatique en phase de transition douce ; de l’autre, un électron libre qui continue d’écrire la légende de l’ultra-endurance mondiale loin des sentiers balisés.
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