🎧 Un feu de forêt peut dégrader l’air à plusieurs dizaines de kilomètres de l’incendie.
Un coureur peut donc respirer un air dangereux sans voir les flammes, sans apercevoir de fumée épaisse et sans se trouver dans un massif interdit. Le vent transporte les particules fines produites par les incendies sur des dizaines, voire des centaines de kilomètres. Pendant une sortie, l’augmentation de la ventilation pulmonaire multiplie la quantité de polluants inhalée et peut provoquer une inflammation respiratoire qui persiste plusieurs semaines, parfois plusieurs mois chez les personnes fragiles ou fortement exposées.
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En raison des feux de forêts, n’allez pas courir
Parce que la fumée d’un incendie reste dangereuse à 50 kilomètres du feu de forêt
La fumée ne reste pas concentrée autour des flammes. Les vents déplacent les particules issues de la combustion bien au-delà du périmètre de l’incendie. Elles peuvent former un nuage de pollution invisible qui traverse plusieurs communes et touche des zones situées à plusieurs dizaines de kilomètres du foyer.
Un ciel légèrement voilé, une odeur de brûlé ou une lumière inhabituelle peuvent signaler cette pollution. Mais l’absence d’odeur ne garantit pas un air sain. Certaines particules sont trop petites pour être vues et peuvent rester présentes après la disparition des fumées les plus visibles.
Un traileur peut ainsi courir sur un parcours parfaitement ouvert, loin des opérations de secours, tout en respirant un air fortement chargé en polluants.
Parce que courir fait pénétrer davantage de particules dans les poumons
Au repos, une personne respire un volume d’air relativement limité. Pendant une course, la fréquence respiratoire et le volume d’air inspiré augmentent fortement afin d’apporter davantage d’oxygène aux muscles.
Plus l’intensité de l’effort augmente, plus le coureur aspire d’air et plus il inhale de particules fines. La respiration se fait également davantage par la bouche, ce qui réduit le rôle de filtration exercé par le nez.
Les particules PM2,5, dont le diamètre est inférieur à 2,5 micromètres, peuvent alors atteindre les bronches profondes et les alvéoles pulmonaires. Une sortie d’une heure dans un air pollué peut donc exposer un coureur à une dose bien supérieure à celle reçue par une personne restée au repos.
Parce que les particules fines peuvent enflammer les bronches pendant plusieurs semaines
Une fois déposées dans les voies respiratoires, les particules fines agressent les tissus pulmonaires et déclenchent une réaction inflammatoire. Le coureur peut ressentir une toux sèche, une irritation de la gorge, une oppression thoracique, un essoufflement inhabituel ou une baisse de ses performances.
Ces symptômes ne disparaissent pas toujours dès que l’exposition prend fin. L’inflammation peut se prolonger pendant plusieurs jours ou plusieurs semaines. Chez les personnes asthmatiques, allergiques ou atteintes d’une maladie respiratoire, les conséquences peuvent durer encore plus longtemps.
Une exposition répétée, par exemple lors de plusieurs entraînements organisés sous un panache de fumée, peut entretenir cette irritation et retarder la récupération complète des poumons.
Parce qu’une seule sortie peut faire chuter les capacités respiratoires d’un coureur
L’inflammation des bronches réduit la qualité des échanges gazeux entre l’air et le sang. Le coureur doit alors fournir davantage d’efforts pour maintenir une allure habituellement confortable.
La fréquence cardiaque peut augmenter, la respiration devenir plus difficile et les jambes sembler anormalement lourdes. Le sportif peut avoir l’impression de manquer de condition physique alors que son organisme lutte surtout contre la mauvaise qualité de l’air.
Cette exposition peut également déclencher une crise d’asthme chez une personne déjà diagnostiquée, mais aussi révéler une hypersensibilité bronchique chez un coureur qui n’avait jamais connu de problème respiratoire.
Parce que la fumée réduit aussi l’oxygénation des muscles et du cerveau
Les fumées d’incendie ne contiennent pas uniquement des particules fines. Elles peuvent aussi transporter du monoxyde de carbone et différents composés issus de la combustion de la végétation, des bâtiments, des véhicules ou des matériaux présents dans la zone touchée.
Le monoxyde de carbone se fixe sur l’hémoglobine à la place de l’oxygène. Le sang transporte alors moins efficacement l’oxygène vers les muscles et le cerveau.
Le coureur peut ressentir des maux de tête, des vertiges, des nausées, une fatigue brutale ou des difficultés à maintenir son allure. Ces signes doivent conduire à interrompre immédiatement l’entraînement et à rejoindre un environnement protégé.
Parce que le cœur travaille davantage lorsque l’on court sous les fumées
Lorsque l’organisme reçoit moins d’oxygène, le cœur accélère pour compenser. Dans le même temps, les particules fines provoquent une réponse inflammatoire générale qui ne concerne pas uniquement les poumons.
Cette combinaison augmente le stress cardiovasculaire pendant l’effort. La fréquence cardiaque peut devenir inhabituellement élevée pour une allure modérée, tandis que la fatigue apparaît plus rapidement.
Le risque concerne particulièrement les personnes atteintes d’une maladie cardiaque, les coureurs âgés, les asthmatiques et les sportifs qui s’entraînent longtemps ou à haute intensité.
Parce que la chaleur aggrave les effets des fumées d’incendie
Les grands incendies surviennent souvent pendant des périodes de chaleur, de sécheresse et de vent. Le coureur doit alors gérer simultanément la pollution de l’air et un stress thermique important.
La chaleur augmente la transpiration, accélère la déshydratation et oblige le système cardiovasculaire à travailler davantage pour refroidir le corps. L’inhalation d’un air chaud et sec accentue aussi l’irritation des voies respiratoires.
Dans ces conditions, une séance normalement facile peut rapidement provoquer un épuisement, un malaise ou un coup de chaleur. Le danger ne vient donc pas uniquement de la proximité des flammes, mais de l’addition entre la pollution, la température et l’effort physique.
Conséquences des incendies sur la santé des sportifs
| Conséquence sur la santé | Ce qui se passe dans l’organisme | Signes possibles pendant ou après la course |
|---|---|---|
| Irritation des voies respiratoires | Les fumées agressent le nez, la gorge, les bronches et les poumons. | Gorge irritée, toux sèche, nez qui coule, respiration inconfortable. |
| Inflammation des bronches | Les particules fines PM2,5 pénètrent profondément dans les voies respiratoires et déclenchent une réaction inflammatoire. | Oppression thoracique, sifflements, essoufflement inhabituel, toux persistante. |
| Crise d’asthme | La fumée peut provoquer une contraction des bronches et aggraver un asthme déjà connu. | Difficulté à expirer, respiration sifflante, sensation d’étouffement. |
| Baisse de la capacité respiratoire | L’inflammation pulmonaire réduit l’efficacité des échanges d’oxygène pendant l’effort. | Allure difficile à maintenir, souffle court, jambes lourdes, récupération anormalement lente. |
| Stress cardiovasculaire | Les particules fines peuvent passer dans la circulation sanguine et augmenter le travail du cœur. | Fréquence cardiaque inhabituellement élevée, palpitations, fatigue rapide. |
| Mauvaise oxygénation | Certains gaz issus de la combustion, notamment le monoxyde de carbone à proximité des fumées concentrées, limitent le transport de l’oxygène dans le sang. | Maux de tête, vertiges, nausées, faiblesse ou confusion. |
| Irritation des yeux | Les gaz et les particules présents dans la fumée irritent les muqueuses. | Yeux rouges, picotements, larmoiements, vision gênée. |
| Déshydratation et coup de chaleur | La chaleur, l’air sec et l’effort augmentent les pertes hydriques et compliquent la régulation de la température corporelle. | Soif intense, crampes, maux de tête, vertiges, température corporelle élevée. |
| Symptômes prolongés | Une forte exposition ou des expositions répétées peuvent entretenir l’inflammation des voies respiratoires. | Toux, gêne respiratoire ou baisse des performances pendant plusieurs jours ou plusieurs semaines. |
| Aggravation d’une maladie existante | La fumée peut déstabiliser un asthme, une bronchopneumopathie ou une maladie cardiovasculaire. | Réapparition ou aggravation des symptômes habituels et besoin accru de traitement. |
La gravité des effets dépend de la concentration des fumées, de la durée d’exposition, de l’intensité de l’effort et de la santé du coureur. Une douleur thoracique, un essoufflement au repos, une confusion ou un malaise nécessitent une prise en charge médicale rapide.
Les principaux risques des fumées d’incendie pour la santé des coureurs
Combien de temps attendre après l’extinction du feu avant de recourir
L’extinction des flammes ne provoque pas une disparition immédiate de la pollution. Les fumées résiduelles, les cendres et les particules fines peuvent rester en suspension ou être remises en circulation par le vent.
Il n’existe pas de délai universel de trois, cinq ou sept jours valable après chaque incendie. La reprise dépend de la concentration réelle en particules, des conditions météorologiques et de l’évolution du panache.
Le coureur doit attendre le retour d’une qualité de l’air satisfaisante. Une pluie importante ou un changement de vent peuvent améliorer la situation, mais seuls les relevés de pollution permettent d’évaluer réellement le risque.
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