🎧 La Hardrock 100 a bien failli ne jamais avoir lieu
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La Hardrock 100 est l’un des ultra-trails les plus difficiles et les plus prestigieux au monde. Chaque été, seulement 150 coureurs environ prennent le départ de cette boucle de 165 km et plus de 10 000 mètres de dénivelé positif au cœur des montagnes du Colorado, à plus de 3 000 mètres d’altitude.
Cette année, les regards sont tournés vers Ludovic Pommeret, vainqueur de l’édition 2025 et en tête de la course au moment où nous écrivons cet article, ainsi que vers Courtney Dauwalter, immense favorite chez les femmes.
Mais ce que beaucoup ignorent, c’est que cette 31e édition a longtemps été suspendue à une décision des autorités américaines. Jusqu’à moins de 48 heures avant le départ, les organisateurs ne savaient pas si la Hardrock 100 pourrait avoir lieu, en raison des gigantesques incendies qui frappent actuellement le Colorado.
Les incendies ont bouleversé tout le calendrier des courses du Colorado
Depuis plusieurs semaines, le Gold Mountain Fire, au nord d’Ouray, brûle des dizaines de milliers d’hectares. Les fermetures de sentiers et la dégradation de la qualité de l’air ont déjà provoqué l’annulation de plusieurs grandes épreuves.
Parmi elles :
- l’Ouray 100 ;
- les Silver Rush 50 Run et VTT à Leadville.
D’autres événements majeurs, comme la Leadville Trail 100, restent eux aussi sous surveillance.
La Hardrock 100 a donc longtemps partagé le même destin incertain.
📌 L’an dernier déjà, la fumée avait marqué la Hardrock 100
Lors de l’édition 2025, les coureurs avaient déjà évolué dans une atmosphère chargée de fumée sur plusieurs secteurs du parcours.
Cette édition avait également été marquée par le décès de la coureuse américaine Elaine Stypula, victime d’un arrêt cardiaque dans les premières heures de la course.
Aucun lien officiel n’a été établi entre ce décès et la qualité de l’air. En revanche, plusieurs observateurs avaient souligné que courir plus de 160 km en altitude, dans un environnement enfumé, pouvait constituer un facteur de stress physiologique supplémentaire, notamment pour le système cardio-respiratoire.
C’est aussi ce contexte qui explique pourquoi les organisateurs ont pris très au sérieux la menace des incendies cette année. Avec des fumées potentiellement plus importantes encore qu’en 2025, l’idée d’une annulation n’avait rien d’exagéré. Elle répondait à une véritable préoccupation de santé publique et de sécurité pour les coureurs, les bénévoles et les secours.
Une décision prise seulement deux jours avant le départ
Les organisateurs se sont donné jusqu’au jeudi matin, soit moins de 48 heures avant le coup d’envoi, pour trancher.
La décision reposait notamment sur plusieurs critères :
- l’évolution des incendies ;
- les prévisions météorologiques ;
- la qualité de l’air mesurée à Silverton, Ouray et Telluride ;
- la capacité des secours à intervenir si nécessaire.
Un véritable protocole a été mis en place.
Si l’indice de qualité de l’air (AQI) était resté inférieur à 100 sur les trois secteurs, la course pouvait partir normalement.
Entre 101 et 149, les coureurs avaient la possibilité de reporter leur participation à l’année suivante.
Au-delà de 150, la Hardrock 100 aurait tout simplement été annulée.
Pourquoi la Hardrock a été maintenue alors que l’Ouray 100 a été annulée ?
C’est probablement la question qui a suscité le plus d’incompréhension.
Les deux courses se déroulent dans le même massif, mais pas exactement sur les mêmes secteurs.
Selon les organisateurs de la Hardrock, le Gold Mountain Fire avait déjà détruit plusieurs portions du parcours de l’Ouray 100, alors que l’incendie restait situé au nord et à l’est de l’itinéraire emprunté par la Hardrock.
L’Ouray 100 a également estimé que le cumul des risques devenait trop important : fumées, accès aux sentiers, mobilisation des secours et risque d’allumage de nouveaux départs de feu par les infrastructures temporaires.
La Hardrock, elle, a considéré que les conditions restaient acceptables sous réserve d’un suivi permanent de la qualité de l’air.
Pour Dale Garland, directeur historique de la Hardrock, cette édition illustre une réalité à laquelle tous les organisateurs vont devoir s’adapter.
Avec les incendies, les épisodes de sécheresse et les vagues de chaleur qui se multiplient dans l’Ouest américain, maintenir une course ne consiste plus seulement à baliser un parcours.
Il faut désormais composer avec les services forestiers, les collectivités locales, les agences fédérales, les services de secours, les autorités sanitaires… sans oublier les habitants des vallées concernées.
Autrement dit, l’organisation d’un ultra-trail dépend aujourd’hui autant de la météo que de la montagne elle-même.
Pourquoi les organisateurs ont-ils hésité jusqu’au dernier moment
| Élément examiné | Pourquoi c’était un problème ? |
|---|---|
| 🔥 Les incendies de forêt | Le Gold Mountain Fire brûlait à proximité du parcours et avait déjà ravagé plus de 32 000 acres. |
| 🌫️ La qualité de l’air | Les fumées pouvaient devenir dangereuses pour des coureurs qui allaient passer plus de 24 heures en altitude. |
| 🚑 Les secours | Les autorités devaient s’assurer que les équipes d’urgence restaient disponibles malgré les incendies en cours. |
| 🌲 L’accès aux sentiers | Plusieurs secteurs du Colorado étaient fermés au public et d’autres courses avaient déjà été annulées. |
| 👨🚒 Le risque d’aggraver la situation | Organiser un événement de cette ampleur mobilise des centaines de bénévoles, véhicules et infrastructures dans une région déjà sous tension. |
| 🏛️ L’accord des autorités | La décision dépendait de neuf organismes différents (villes, comtés, Forest Service et Bureau of Land Management). |
| 📊 Le protocole AQI | Les organisateurs avaient fixé un seuil de qualité de l’air : AQI < 100 = départ ; 101 à 149 = départ avec possibilité de reporter son inscription ; > 150 = annulation de la course. |
Les raisons du maintien de la hardrock 100 aux Etats-Unis
En résumé, la Hardrock 100 a finalement pu prendre son départ, au grand soulagement des quelque 150 coureurs engagés. Mais cette édition rappelle qu’en 2026, les incendies sont devenus un facteur déterminant dans l’organisation des grands ultra-trails.
Après les annulations de plusieurs épreuves américaines et, en Europe, celles de compétitions touchées par la canicule, une chose apparaît de plus en plus clairement : les organisateurs devront désormais intégrer le risque climatique comme un élément central de leurs décisions.
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