🎧 Invité du Tour de France à l’occasion de « L’Étape du Cœur »*, Mathieu Blanchard a accordé une interview au Figaro.
Questionné sur Tadej Pogačar, le vainqueur de la Diagonale des Fous 2024 a expliqué pourquoi il préfère les champions qui connaissent des revers avant de revenir au plus haut niveau. Une déclaration qui fait écho aux thèmes qu’il développe lui-même régulièrement lorsqu’il raconte son parcours sportif.
Sans jamais remettre en cause les performances de Pogačar, Mathieu Blanchard explique être davantage touché par les parcours marqués par les difficultés, les blessures et les retours au premier plan. Un discours qui fait naturellement écho à l’image qu’il renvoie lui-même depuis plusieurs années, lui dont beaucoup attendent désormais un nouveau grand succès sur l’une des principales courses du circuit international.
* L’Étape du Cœur est une opération caritative organisée en marge du Tour de France par Mécénat Chirurgie Cardiaque.
Des personnalités et anciens sportifs parcourent une partie du tracé d’une étape afin de mettre en avant l’association et de collecter des fonds pour financer les opérations d’enfants atteints de malformations cardiaques.
La déclaration de Mathieu Blanchard pose une question plus large : admire-t-on davantage un sportif parce qu’il domine tout le monde… ou parce qu’il a connu des échecs ?
Avec Tadej Pogačar, Mathieu Blanchard choisit clairement la deuxième réponse. Un point de vue qui ne manquera pas de faire débat parmi les passionnés de sport.
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« Je n’aime pas les super-héros »
À la question de savoir quel coureur du Tour de France l’inspire le plus, Mathieu Blanchard répond sans détour.
À propos de Tadej Pogačar, il déclare :
« Pogačar, c’est un peu le héros du moment mais il y a quelque chose de trop fort chez lui. En fait, je n’aime pas les super-héros ! »
Puis il précise sa pensée.
« J’aime les gars qui sont humains, qui donnent l’impression de beaucoup souffrir, qui ont des blessures, qui pleurent… Le champion qui souffre, qui se blesse, qui revient et qui s’impose, voilà ce qui me fait vibrer. »
L’ultra-traileur ne critique ni le niveau ni les résultats du Slovène. Il explique simplement être plus sensible aux trajectoires où les obstacles occupent une place importante.
Un discours cohérent avec l’image que Mathieu Blanchard construit depuis plusieurs années
Cette déclaration s’inscrit dans une communication que Mathieu Blanchard développe depuis longtemps.
Au fil de ses prises de parole, de ses documentaires et de ses publications sur les réseaux sociaux, il raconte régulièrement les moments difficiles qui jalonnent sa carrière : les abandons, les blessures, les périodes de doute, mais aussi les retours et les succès qui suivent.
Ses victoires sont souvent présentées dans la continuité d’un chemin semé d’obstacles, où la résilience occupe une place centrale.
Dans ce contexte, son commentaire sur Pogačar apparaît cohérent avec le récit de carrière qu’il partage publiquement depuis plusieurs années.
Les résultats récents de Mathieu Blanchard entre succès, places d’honneur et abandons reflètent aussi ce récit
Les résultats récents de Mathieu Blanchard illustrent d’ailleurs cette trajectoire.
Depuis sa victoire sur la Diagonale des Fous en 2024, l’ultra-traileur est resté parmi les meilleurs sur les grandes courses internationales avec notamment trois deuxièmes places à l’Ultra-Trail Snowdonia, à la Hardrock 100 et à l’Ultra-Trail Harricana du Canada.
Dans le même temps, il a également connu plusieurs revers, avec notamment des abandons sur la Barkley Marathons et la Western States.
Un parcours récent marqué à la fois par des performances de très haut niveau avant 2025 et des échecs sur certaines des épreuves les plus prestigieuses du calendrier depuis sa victoire à la Diagonale des Fous.
Deux visions différentes de la performance
Le sport de haut niveau offre des récits très différents.
D’autres marquent davantage les esprits par leur capacité à rebondir après des échecs ou des blessures.
Mathieu Blanchard explique être davantage touché par cette seconde catégorie d’athlètes. Ce n’est pas une hiérarchie entre les champions, mais une préférence personnelle sur ce qui l’inspire.
Une déclaration qui parle aussi de lui
Au-delà de Tadej Pogačar, cette prise de parole éclaire surtout la manière dont Mathieu Blanchard regarde le sport.
L’endurance, selon lui, ne se résume pas à la victoire ou à la domination. Elle se construit aussi dans les difficultés traversées, les remises en question et la capacité à revenir après un revers.
Une vision qui correspond au récit qu’il partage publiquement depuis plusieurs années et qui contribue largement à son identité d’athlète auprès du grand public.
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