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🎧 Depuis plusieurs mois, les prises de parole de Mathieu Blanchard et certaines publications médiatiques donnent parfois l’impression que chacun ne parle plus tout à fait le même langage.
Mention éditoriale : cet article relève de l’analyse journalistique et de la liberté d’expression. Il est rédigé de bonne foi à partir de faits, déclarations et publications publiques. Les références à d’éventuelles « tensions » entre Mathieu Blanchard et certains médias constituent une interprétation éditoriale destinée à alimenter un débat d’intérêt général sur les relations entre les sportifs de haut niveau, leur communication et les médias qui couvrent leur actualité. Elles ne prétendent ni établir l’existence d’un conflit personnel, ni attribuer à Mathieu Blanchard une intention particulière, ni porter atteinte à sa réputation. L’article ne vise aucun dénigrement de l’athlète, dont les performances sportives, le parcours et la contribution au développement du trail sont pleinement reconnus. Les analyses et opinions exprimées relèvent de la liberté éditoriale d’uTrail et s’appuient exclusivement sur des éléments rendus publics.
Ces tensions ne sont pas seulement observées de l’extérieur par uTrail. Elles ont également concerné directement notre rédaction : en mars 2026, les avocats de Mathieu Blanchard nous ont adressé une mise en demeure contestant une partie de notre traitement éditorial de son actualité et demandant notamment la suppression de plusieurs articles. Cet élément est mentionné ici comme un exemple concret du contexte relationnel analysé dans cet article.
Cette mention ne vise ni à établir l’existence d’un conflit personnel, ni à attribuer à Mathieu Blanchard une intention particulière, ni à porter atteinte à sa réputation. L’article ne vise aucun dénigrement de l’athlète, dont les performances sportives, le parcours et la contribution au développement du trail sont pleinement reconnus.
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Pendant longtemps, Mathieu Blanchard a été l’une des personnalités les plus appréciées des médias trail.
Son parcours atypique, son authenticité, sa facilité à raconter ses aventures et sa capacité à produire des images fortes faisaient de lui un sujet presque idéal pour les journalistes. Que ce soit sur l’UTMB, la Yukon Arctic Ultra, la Diagonale des Fous ou ses expéditions plus récentes, il incarnait cette nouvelle génération d’athlètes capables de faire rêver bien au-delà du cercle des pratiquants.
Pourtant, depuis quelques mois, quelque chose semble s’être progressivement détérioré. Pas au point de parler de conflit ouvert. Pas au point non plus d’évoquer une rupture. Mais les signaux s’accumulent. Une remarque ici. Une mise au point là. Un recadrage sur les réseaux sociaux. Puis un autre. Et à force de répétition, une impression finit par s’installer : celle d’une relation devenue plus compliquée entre Mathieu Blanchard et une partie de la presse qui le suit pourtant depuis des années.
L’épisode de la Lapland Arctic Ultra au printemps puis celui de la Diagonale des Fous cette semaine illustrent parfaitement cette évolution. Ils racontent moins une querelle entre un athlète et des journalistes qu’une transformation plus profonde du sport moderne. Car derrière ces accrochages se cache une question essentielle : qui doit raconter l’histoire d’un sportif de haut niveau ?
La Lapland Arctic Ultra, le premier vrai tournant
Le premier accroc visible remonte à la Lapland Arctic Ultra.
Pendant cette aventure disputée dans des conditions extrêmes, plusieurs médias spécialisés ont relayé l’idée que Mathieu Blanchard était en train de réaliser l’épreuve sans dormir. L’information ne sortait pas de nulle part. Avant le départ, l’athlète avait lui-même évoqué cette stratégie. Dans le même temps, les données de suivi accessibles publiquement semblaient confirmer une progression quasiment continue. Pour beaucoup de rédactions, l’interprétation paraissait donc cohérente.
Une fois la course terminée, Mathieu Blanchard a toutefois expliqué avoir effectué plusieurs périodes de repos et regretté que des informations qu’il jugeait inexactes aient été reprises aussi largement.
Vu du côté de l’athlète, la critique est compréhensible. Personne n’aime voir circuler une information qui ne correspond pas exactement à ce qui s’est réellement passé.
Vu du côté des rédactions, le raisonnement l’est tout autant. Les journalistes ont travaillé avec les informations disponibles à l’instant où ils publiaient. Ils n’étaient pas sur place. Ils ne disposaient pas d’un accès privilégié à l’athlète pendant l’épreuve. Ils observaient un suivi de course et analysaient des déclarations publiques.
En réalité, les deux lectures peuvent être légitimes. Pourtant, cet épisode a laissé des traces parce qu’il a révélé une différence fondamentale de perception entre ce qu’attend l’athlète et ce que permet concrètement le travail journalistique en temps réel.
À la lecture de ses récentes prises de parole publiques, Mathieu Blanchard semble souhaiter que certaines informations le concernant fassent l’objet de vérifications complémentaires avant publication. Pourtant, ce n’est pas ainsi que fonctionne la presse. Les journalistes ne travaillent pas pour les athlètes. Ils travaillent pour leurs lecteurs. Lorsqu’une information provient d’une source jugée crédible — un organisateur, un suivi de course officiel, une déclaration publique — elle est susceptible d’être publiée sans validation préalable de l’intéressé. C’est même l’un des principes fondamentaux du journalisme.
Le paradoxe est que Mathieu Blanchard bénéficie probablement plus que n’importe quel autre traileur français de cette exposition médiatique. Ses aventures sont suivies quotidiennement, ses projets font l’objet d’articles, ses sponsors profitent de cette visibilité et sa notoriété s’est construite en partie grâce à cette couverture. Mais plus un sportif devient médiatique, moins il contrôle entièrement ce qui est écrit sur lui. C’est une règle qui touche tous les grands champions, de Mbappé à Hamilton en passant par Nadal ou Pogacar.
La Diagonale des Fous relance exactement le même débat
Quelques mois plus tard, l’histoire semble se répéter.
Cette semaine, le Grand Raid de La Réunion publie un message annonçant le retour de Mathieu Blanchard sur la Diagonale des Fous 2026. L’information est immédiatement reprise par de nombreux médias spécialisés. Le raisonnement est simple : lorsqu’un organisateur officiel annonce la présence d’un ancien vainqueur, il paraît logique de considérer l’information comme suffisamment solide pour être relayée.
Mais quelques heures plus tard, Mathieu Blanchard intervient lui-même pour préciser que rien n’est encore décidé et qu’aucune participation ne peut être considérée comme officiellement confirmée.

Une nouvelle fois, chacun estime être dans son rôle.
L’athlète rappelle que sa décision ne lui appartient qu’à lui et qu’il est le mieux placé pour savoir ce qu’il fera dans plusieurs mois.
Les médias rappellent implicitement qu’ils se sont appuyés sur une communication émanant directement de l’organisateur de l’événement.
Le résultat est pourtant le même que lors de la Lapland : une nouvelle mise au point publique, un nouveau débat sur la vérification des informations et une nouvelle tension qui aurait probablement pu être évitée avec une communication plus fluide entre les différents acteurs.
Cette situation révèle également une difficulté pratique.
De nombreux sportifs de haut niveau disposent d’attachés de presse ou de responsables communication permettant aux médias d’obtenir rapidement une confirmation ou une précision. Dans le cas de Mathieu Blanchard, la communication passe principalement par ses propres réseaux sociaux. Cette organisation présente de nombreux avantages, mais elle peut aussi compliquer les échanges lorsque des vérifications sont souhaitées avant publication.
Référence trail, le bilan des remontrances de Mathieu Blanchard à la presse

Mathieu Blanchard est-il devenu obsédé par le contrôle de son image ? Le mot serait excessif.
En revanche, il est évident que Mathieu Blanchard accorde aujourd’hui une attention particulière à la manière dont son actualité est racontée.
D’une certaine façon, c’est parfaitement logique. L’athlète n’est plus seulement un coureur. Il est devenu une marque personnelle. Il représente des partenaires majeurs. Il participe à des projets d’envergure. Il intervient dans le développement de produits. Il produit ses propres contenus. Son image possède désormais une valeur économique et médiatique considérable.
Dans ce contexte, il est normal qu’il souhaite corriger ce qu’il considère comme des approximations ou des raccourcis.
Le problème est que la logique des médias n’est pas celle d’un compte Instagram personnel.
Un journaliste n’attend pas forcément la validation d’un sportif avant de publier une information lorsque celle-ci provient d’une source qu’il juge crédible. C’est même l’un des fondements du métier. Dès lors qu’une information paraît suffisamment solide et qu’elle présente un intérêt public, elle est publiée.
C’est précisément là que naît la friction.
Mathieu Blanchard n’est pas le premier sportif à vivre cela
Ce phénomène existe dans pratiquement tous les sports professionnels.
Le cas le plus célèbre est sans doute celui de Kylian Mbappé. Depuis plusieurs années, l’attaquant français cherche à contrôler très précisément l’utilisation de son image, ses partenariats et sa communication publique. Plusieurs désaccords avec la Fédération française de football ont éclaté autour de ces questions. Derrière ces conflits se trouvait toujours la même volonté : maîtriser lui-même son récit plutôt que laisser d’autres le construire à sa place.
Dans le tennis, Naomi Osaka est devenue un symbole mondial lorsqu’elle a refusé certaines obligations médiatiques, estimant qu’elles nuisaient à sa santé mentale. Son retrait de Roland-Garros avait provoqué un débat planétaire sur le rôle des médias dans le sport moderne.
Lewis Hamilton a lui aussi régulièrement dénoncé certaines pratiques médiatiques en Formule 1, allant parfois jusqu’à limiter ses interactions avec la presse lorsqu’il estimait que ses propos étaient déformés ou sortis de leur contexte.
Aucun de ces sportifs n’est hostile aux médias par principe. Ils cherchent simplement à réduire la part d’incertitude qui accompagne toute couverture journalistique.
Le problème est qu’il est pratiquement impossible de contrôler totalement une narration lorsqu’on évolue au plus haut niveau.
Le paradoxe de Mathieu Blanchard
Le paradoxe est même assez cruel.
Si Mathieu Blanchard souhaite autant maîtriser son image aujourd’hui, c’est précisément parce qu’il est devenu extrêmement médiatique.
Chaque photo qu’il publie devient une actualité. Chaque projet fait l’objet d’articles. Chaque déclaration est analysée, commentée et reprise.
Mais elle produit également l’effet inverse : plus un athlète est exposé, moins il contrôle totalement ce qui est dit sur lui. À partir d’un certain niveau de notoriété, le récit ne lui appartient plus complètement. Il appartient aussi aux organisateurs, aux médias, aux partenaires, aux réseaux sociaux et au public.
C’est une réalité que tous les grands sportifs finissent par découvrir.
Comment pourrait-il mieux contrôler sa communication
La question mérite d’être posée.
Aujourd’hui, Mathieu Blanchard communique principalement par l’intermédiaire de ses propres réseaux sociaux. Cette stratégie présente de nombreux avantages mais elle comporte également une limite : les informations ne circulent pas toujours de manière homogène auprès des médias.
Dans d’autres sports, les athlètes les plus médiatiques disposent souvent d’un attaché de presse ou d’une équipe chargée de diffuser des informations claires, identiques et simultanées à l’ensemble des rédactions.
Cela ne supprime pas les erreurs. Cela ne supprime pas les interprétations. Mais cela réduit considérablement les malentendus.
Lorsqu’un athlète souhaite reprendre davantage la main sur son récit, la communication structurée est souvent plus efficace que les mises au point successives après publication.
En résumé, le désamour qui semble s’installer entre Mathieu Blanchard et une partie de la presse n’est probablement pas le résultat d’une hostilité réciproque.
Il ressemble davantage à une divergence de fonctionnement.
L’athlète souhaite que les informations qui le concernent soient les plus exactes possibles et, idéalement, validées par lui-même.
Les médias continuent de travailler à partir des informations qu’ils jugent fiables au moment où elles deviennent publiques.
Aucun des deux camps n’a totalement tort.
Mais tant que cette différence de vision subsistera, chaque nouvelle aventure, chaque nouveau projet et chaque annonce importante risqueront de produire le même scénario : une information relayée, une précision apportée ensuite par l’athlète, puis un nouveau débat sur la manière dont le sport moderne doit être raconté.
Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidéos YouTube.
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