🎧 À quelques jours du départ de la Hardrock 100, tous les regards se tournent vers le duel annoncé entre Ludovic Pommeret, tenant du titre, et Tom Evans, vainqueur de l’UTMB 2024.
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Beaucoup s’attendent à voir les deux hommes se livrer un mano a mano dans les montagnes du Colorado. Pourtant, le Britannique assure qu’il abordera cette course d’une manière radicalement différente. Sa stratégie pour battre le Français ? Ne jamais chercher à courir contre lui.
La Hardrock 100 se gagne avec la tête
Pour Tom Evans, la Hardrock 100 n’est pas une course où l’on peut répondre à chaque attaque. L’altitude, les longues ascensions et la technicité du terrain finissent toujours par sanctionner les excès d’enthousiasme.
Il explique au micro du média américain Singletrack qu’un coureur peut avoir d’excellentes sensations pendant dix ou douze heures avant que tout ne bascule brutalement. À plus de 3 800 mètres d’altitude, les erreurs de gestion se paient souvent avec plusieurs heures de souffrance… ou un abandon.
C’est pourquoi il estime que le véritable adversaire n’est pas Ludovic Pommeret, mais soi-même.
Son objectif sera donc de respecter son plan de course, sans se laisser influencer par les mouvements de ses concurrents, aussi impressionnants soient-ils.
« Si vous essayez de courir la course de Ludovic, il va vous casser »
Interrogé par le média américain Singletrack, Tom Evans ne cache pas toute l’admiration qu’il porte à Ludovic Pommeret. Pour lui, le Français fait partie de ces rares athlètes capables de maintenir un niveau d’excellence pendant de nombreuses années, quelles que soient les courses ou les conditions.
C’est justement cette expérience qui le rend particulièrement dangereux sur une épreuve comme la Hardrock.
Selon Evans, beaucoup de coureurs commettent toujours la même erreur : ils veulent suivre Pommeret lorsqu’il accélère. Or, c’est précisément ce qu’il ne faut pas faire.
« Si vous essayez de courir la course de Ludo, il va vous casser », résume-t-il sans détour. La meilleure manière de le battre consiste au contraire à respecter son propre rythme, même si cela signifie le voir s’éloigner pendant une bonne partie de la journée.
Un immense respect pour le tenant du titre
Cette approche ne traduit pas un manque d’ambition, bien au contraire. Tom Evans insiste à plusieurs reprises sur le respect qu’il éprouve pour le vainqueur de l’édition 2025.
Il rappelle que Ludovic Pommeret continue, année après année, à rivaliser avec les meilleurs spécialistes mondiaux, preuve selon lui d’une incroyable maîtrise de son sport.
Le Britannique va même plus loin en reconnaissant que la reconnaissance du parcours effectuée avant la course s’est faite… en compagnie du Français.
Tous deux ont partagé plusieurs sorties sur le tracé de la Hardrock, et Evans raconte que Pommeret n’a rien caché de son expérience. Conseils sur les trajectoires, choix des lignes ou connaissance du terrain : le Savoyard s’est montré particulièrement ouvert, un état d’esprit qui reflète bien la culture de cette épreuve mythique.
Une Hardrock 100 qui pourrait réserver des surprises
Contrairement aux éditions précédentes, Tom Evans imagine une course beaucoup plus indécise.
Habituellement, explique-t-il, un leader prend rapidement les commandes avant de creuser progressivement l’écart jusqu’à l’arrivée. Cette année, il s’attend plutôt à une succession de changements de leader, avec plusieurs favoris encore en mesure de s’imposer dans les dernières heures.
Selon lui, les écarts devraient rester faibles suffisamment longtemps pour transformer la seconde moitié de course en véritable bataille tactique.
En résumé, le plus important n’est peut-être pas la victoire
Tom Evans refuse enfin de faire de la victoire une obsession.
Bien sûr, inscrire son nom au palmarès de la Hardrock représenterait un immense accomplissement. Mais il affirme que son principal objectif reste avant tout de tirer le meilleur de lui-même.
Si cela suffit pour battre Ludovic Pommeret, tant mieux. Si le Français conserve son titre, il reconnaîtra simplement qu’il était le plus fort ce jour-là.
Cette philosophie résume parfaitement sa vision de l’ultra-trail. Sur une course de plus de vingt heures disputée en très haute montagne, le vainqueur n’est pas toujours celui qui possède le plus de talent ou les meilleures jambes. C’est souvent celui qui accepte de laisser son ego de côté, de courir à son rythme et de prendre les bonnes décisions au bon moment.
À écouter Tom Evans, c’est peut-être là que réside le véritable secret pour espérer battre Ludovic Pommeret.
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