🎧 Jour 7 – FKT Pacific Crest Trail
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La routine de l’extrême et les joies simples de l’essentiel sur le Pacific Crest Trail
Déjà une semaine complète passée sur le sentier, et le corps et le mental semblent avoir accepté ce qui les attend. Aurélien Sanchez a désormais l’air d’avoir trouvé sa routine après quelques péripéties au début de l’aventure. Si la fatigue est bien présente, elle a laissé place à une autre philosophie, celle d’un athlète qui profite pleinement et sereinement de chaque instant de son périple. Les doutes du départ se sont effacés, Aurélien avance avec un moral excellent, et l’humour a repris le dessus.
Aurélien Sanchez, l’expert de la résilience à l’assaut du PCT
Pour comprendre la difficulté de cet exploit, il faut se pencher sur le profil d’Aurelien. À 35 ans, le Toulousain est devenu un nom incontournable de l’ultra-endurance. Son exploit le plus marquant remonte à 2023, lorsqu’il est devenu le tout premier finisher français de la mythique Barkley, une épreuve où seuls une poignée d’athlètes ont réussi à aller au bout en près de quarante ans. Aurelien est adepte des formats hors normes, il s’est également illustré par le passé sur des épreuves de survie et des ultra-trails comme la Diagonale des Fous ou la Picapica, renforçant sa réputation d’athlète au mental résistant à toute épreuve.
Aujourd’hui, c’est le Pacific Crest Trail (PCT) qui est dans son viseur. L’objectif est de remporter le FKT (Fastest Known Time) en mode assisté sur ce sentier qui traverse verticalement l’Ouest des États-Unis, de la frontière mexicaine à la frontière canadienne. Les chiffres sont énormes, Aurelien devra ainsi parcourir 4 265 kilomètres à travers la Californie, l’Oregon et l’État de Washington, avec 150 000 mètres de dénivelé positif. Pour battre le record établi par le Belge Karel Sabbe il y a 10 ans (46 jours, 12 heures et 50 minutes), il doit courir l’équivalent de plus de deux marathons par jour pendant un mois et demi.
Adieu le confort, blagues à gogo et solidarité avec les randonneurs
Après sept jours de course, les standards classiques du bonheur et du confort ont totalement disparu pour laisser place aux joies simple de l’essentiel. Désormais, réussir à dormir plus de deux heures d’affilée est devenu un luxe absolu. Trouver un arbre pour avoir quelques centimètres carrés d’ombre relève du miracle, et porter du linge propre est une mission de plus en plus complexe. Pourtant, le moral d’Aurélien et de son assistance est au beau fixe. Le français a retrouvé son énergie mentale et se permet quelques blagues avec son équipe lors des points de rencontre.
Cette aventure est un travail d’équipe. Sa compagne Lucille et son cousin Martin font bien plus que de la simple logistique en van, ils sont présents physiquement à ses côtés, et l’accompagnent régulièrement en courant sur de grosses portions de 50 kilomètres. Cela permet à Aurélien de ne pas être seul et de garder un rythme.
Avec humour, Aurelien confie d’ailleurs que « l’entreprise Vaseline se porte très bien », car les tubes défilent pour apaiser les frottements et irritations dus à l’enchaînement des kilomètres.
Physiquement, Aurélien ne cache pas que « ça tire un peu partout » , les genoux, les chevilles et les muscles se font sentir, mais la douleur fait partie du paysage. Chaque journée est radicalement différente de la précédente, mais toutes sont intenses.
Preuve de sa lucidité et de son humour, Aurélien s’amuse même de son nouveau rôle nocturne. En courant la nuit, il nettoie bénévolement le sentier en enlevant les toiles d’araignées avec son corps, et permet ainsi aux randonneurs qui partent quelques heures plus tard d’avoir un chemin impeccable.
Pacific Crest Trail en direct : le point du Jour 7 – 643 km parcourus sur 4265, une première semaine de bouclée
Toujours fidèle à sa stratégie de gestion de la chaleur, Aurélien continue de découper ses journées pour éviter les heures les plus chaudes, optimiser ses phases de course et maintenir son avance sur le record de 2016.
Pour cette septième journée :
Distance du jour : 79,2 kilomètres
Dénivelé positif du jour : 8460 mètres de D+
Au terme de cette première semaine complète, Aurélien conserve une belle dynamique avec 41 kilomètres d’avance sur les temps de passage de Karel Sabbe (soit environ 14 heures d’avance).
En achevant cette première semaine qui aura vu passer des coups de moins bien, Aurélien Sanchez nous prouve que le plus dur est peut-être derrière lui en terme d’adaptation. Il a pour l’instant effectué 15,1% du parcours, mais il a réussi à transformer l’enfer du désert en une routine quotidienne surmontable. Fatigué mais heureux de vivre cette aventure hors du commun, le Français avance sereinement. Le corps souffre, mais l’esprit reste léger et l’avance sur le record se maintient.
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Auteur : Marta, serre-file





